Procès Fiona : Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf clament leur innocence

Procès Fiona : Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf clament leur innocence

"Que je sois en prison ou dehors, j'ai pris perpétuité", a déclaré Cécile Bourgeon. Ici le 5 septembre 2016.

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Orange avec AFP, publié le mardi 10 octobre 2017 à 16h04

"Je n'ai pas tué Fiona". La mère de la petite Fiona (disparue en 2013), Cécile Bourgeon, et son ex-compagnon, Berkane Makhlouf, ont de nouveau clamé leur innocence ce lundi 9 octobre au premier jour de leur procès en appel devant les assises de Haute-Loire.

Le 12 mai 2013, Cécile Bourgeon, enceinte de son troisième enfant, avait signalé à la police la disparition de sa fille Fiona (5 ans) dans un parc de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Un mensonge que le couple a maintenu pendant plusieurs mois avant d'avouer sa mort en se rejetant mutuellement la faute. 

Lors de son premier procès, le 26 novembre dernier, Cécile Bourgeon avait été acquittée par la cour d'assises du Puy-de-Dôme, sous les huées de la foule, du chef de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Elle avait été condamnée à cinq ans de prison pour quatre délits, dont ceux de "non assistance à personne en danger" et "dénonciation de crime imaginaire", pour avoir élaboré le scénario de la disparition de l'enfant. Berkane Makhlouf avait écopé de 20 ans de réclusion criminelle pour l'ensemble des faits.

"J'ai pris perpétuité"

Emmitouflée dans un épais gilet beige à fanfreluches, Cécile Bourgeon a semblé dormir pendant la lecture des faits ce lundi, le visage bouffi encadré de longs cheveux blonds. Avant de prendre calmement la parole, interrogée par le président de la cour, Étienne Fradin. "Je n'ai jamais maltraité mes enfants. J'ai échoué en tant que mère, je n'ai pas su protéger ma fille (...) mais je vais être honnête, Monsieur le Président, si (Berkane Makhlouf, son ex-compagnon, ndlr) avait commencé à la taper, je l'aurais quitté", assure la jeune femme de 31 ans.

"Que je sois en prison ou dehors, j'ai pris perpétuité. Fiona, elle reviendra jamais. Je vais devoir vivre avec ça. La question c'est : est-ce que je vais y arriver ?", s'interroge celle qui a tenté de mettre fin à ses jours en prison durant l'été.

"Je m'en prends pas aux enfants"

Un peu plus tôt, Berkane Makhlouf, 36 ans, moins hébété par les médicaments qu'en première instance selon son avocat, l'avait devancée dans ses dénégations en prenant la parole sans y être invité. "Je suis écœuré par rapport à ça (sa condamnation en novembre dernier, ndlr). J'ai pris 20 ans comme un criminel alors que je n'ai pas tué Fiona. Cécile, elle a reconnu avoir menti (...) On m'a sali, je veux vraiment que la lumière soit faite", lance l'accusé.

"C'est verrouillé dans ma tête, je m'en prends pas aux enfants", martèle-t-il. "Je jouais avec Fiona dans le couloir, je l'emmenais à l'école, je faisais le cheval, je jouais au Mikado, à la console", énumère-t-il. "C'était un ange cette gamine, j'avais pas du tout lieu d'être violent avec elle, tout ce que je me suis permis, c'est de lui donner une petite tape sur les fesses."

"Je veux savoir où est ma petite-fille"

L'accusé regrette que le corps de la fillette n'ait pu être retrouvé et autopsié, faute d'avoir pu retrouver le lieu où le couple, connu pour sa toxicomanie à l'époque, dit l'avoir enterré dans les environs de Clermont-Ferrand, en 2013.

Mais les proches de la victime ne croient pas à la thèse de l'accident - Fiona aurait pu avaler un produit dans l'appartement familial, comme du Subutex, le soir du drame - et réclament la vérité. "Je veux savoir où est ma petite-fille, pourquoi et comment elle est morte", a déclaré en arrivant la grand-mère paternelle de Fiona, Christiane Brunel. "Mon intime conviction, c'est qu'ils mentent. Ce que j'attends, c'est qu'ils craquent."

"Elle (Cécile Bourgeon) manipule la cour, elle manipule tout le monde (...) Je veux qu'elle fasse une grosse peine de prison, cinq ans, c'est pas grand-chose", a renchéri à ses côtés son fils Nicolas Chafoulais, le père de l'enfant. Les accusés peuvent-ils leur apporter des réponses ? Les parties civiles vont tout tenter. "Souvent, en appel, ce sont les pères et les beaux-pères - ceux qui ont souvent pris la peine la plus lourde en première instance - qui craquent. Il nous reste 10 jours et je compte bien en profiter", estime Me Marie Grimaud, avocate d'une association de protection de l'enfance.

 
67 commentaires - Procès Fiona : Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf clament leur innocence
  • Ce n'est pas une maman,comme certains le disent!!!!quelle maman au sens propre du terme peut laisser pourrir son enfant dans un sac au milieu de nulle part, sans sépulture décente, oubliée de tous!! Pauvre bout de choux!! Un monstre point!

  • dans toxicomanie, il y a manipulation. Pas de corps, pas d'autopsie, pas de condamnation à juste titre.

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    sansdentmaishonnete  (privé) -

    -Ah ..ils sont innocents : alors proposons leur le sérum de vérité pour voir , ! La seule innocente dans cette famille , ils l'ont tuée !"

  • Deux pourris qui méritent la peine de mort pour avoir martyrisé un gamine de quatre ans, jusqu'à la mort...
    Mais vu que grâce à Badinter, les individus de ce genre échappent à la justice, il finiront bien par sortir dans quelques années, comme si de rien n'était...
    Il leur faudrait au moins une vrai perpétuité comme au EU... et encore, ils n'auront pas assez d'une vie pour payer leur dette à cette petite...

  • Ils ne cessent de clamer leur innocence! La petite est morte sous les coups, de surcroît elle a visiblement beaucoup souffert les jours et heures qui ont précédé. Un hématome à la tempe caché par un bandeau, des vomissements, une agonie avec personne vers qui se tourner puisque ni sa mère ni son beau-père ne l'ont secourue.

    Ils l'ont ensuite enterrée dans un coin et la mère a joué la grande scène de la gamine enlevée. Bien sûr qu'il y a des explications psychologiques à tout cela (quand on est sain d'esprit on ne tue pas ou on n'assiste pas au meurtre de son propre enfant pour l'enterrer ensuite n'importe où et la laisser là!)

    Il y a aussi une très grande manipulation, une désinvolture par rapport à la gravité des actes. Vous êtes pitoyables M. Maklouf et Mme Bourgeon, le seul sort qui vous préoccupe est le votre et votre volonté de sortir de prison au point de vous rejeter la faute l'un sur l'autre, comme s'il n'y avait qu'un coupable. Vous minimisez votre rôle dans la mort de cette pauvre petite.

    Je crois Madame que vous êtes encore pire que votre compagnon. Comptez les années, les mois, les jours, les heures que votre propre fille gît quelque part et dites au moins ce que vous en avez fait. Vous lui devez au moins ça!

    Il y aura du monde après pour prendre soin de ce petit corps, lui offrir une sépulture décente et se recueillir sur la tombe de ce petit martyre, votre enfant!

    Que dire de plus ? Tout a été dit !

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