Escroquerie en bande organisée: le faux agent secret dénonce une "cabale"

Escroquerie en bande organisée: le faux agent secret dénonce une

An allegory of Justice is pictured in front of lawyer dress in the Maison Bosc store, which has been manufacturing legal and academic dress in France and abroad since 1845, on December 4, 2013 in Paris. AFP PHOTO / FRANCK...

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AFP, publié le lundi 12 juin 2017 à 18h34

Un faux agent secret accusé d'avoir soutiré plusieurs millions d'euros à des personnes dont il avait gagné la confiance a dénoncé lundi devant le tribunal correctionnel de Versailles une "cabale"  menée contre lui par ses coprévenus et les parties civiles.

"C'est une vengeance interne", un "complot", une "cabale", a dénoncé ce Libanais de 42 ans, poursuivi notamment pour escroquerie, extorsion, abus de confiance et blanchiment en bande organisée ou encore falsification de chèque. Mis en examen et écroué en mars 2015, il encourt 10 ans d'emprisonnement et une amende d'un million d'euros.

"Il n'y a pas de parties civiles, il y a des gens qui ont travaillé ensemble", a-t-il affirmé pour sa défense, ajoutant qu'il n'y avait "jamais eu extorsion ni menace". Eludant souvent les questions, il a par ailleurs accusé ses cinq coprévenus d'avoir "manigancé" contre lui.

Arrivé du Liban dans les années 1990, l'homme a pendant une dizaine d'années échafaudé des "scénarios crédibles" faisant penser à son entourage personnel ou professionnel qu'il faisait partie des services secrets, aux fins de leur soutirer des fonds, selon l'instruction. Une thèse qu'il réfute à l'audience: "J'ai jamais dit que j'étais agent secret", répète-t-il.

Face au box des prévenus, une dizaine de parties civiles, personnes physiques ou morales, se sont dites victimes des agissements d'un "gourou", "manipulateur" et "charismatique".

"Il a pris le dessus dès le début, a géré toutes mes sociétés. Je n'étais (devenu) qu'un petit coursier", estime un ex-gérant de sociétés.

Ses cinq coprévenus, qui comparaissent libres, l'incriminent à l'unisson : tous décrivent l'état de "dépendance" psychologique et/ou financière qu'il avait su leur imposer.

L'un d'entre eux, un ancien membre de la fanfare de la gendarmerie mobile de Maisons-Alfort (Val-de-Marne), qui lui a servi de chauffeur et de coursier, relate avoir été "sous sa coupe". "J'avais peur de lui, de son réseau, il m'avait montré des photos avec Fabius (ex-ministre des Affaires étrangères) et le général Giorgis (alors commandant des écoles de la gendarmerie)", a relaté ce trompettiste de 42 ans. 

Parties civiles et coprévenus ont raconté que l'homme se présentant comme "colonel" dans les services secrets, exhibant uniformes de la gendarmerie, vêtements siglés "DGSE", armes, holsters, gyrophare, écussons et disant avoir ses entrées Place Beauvau ou au Quai d'Orsay. A tous, il assurait pouvoir rendre des services, les mettre en relation avec les personnes qui arrangeraient leurs affaires commerciales, financières ou judiciaires.

Le procès doit durer jusqu'à jeudi.

 
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