Escarmouche entre Philippe et Bayrou, sourcilleux sur sa liberté de parole

Escarmouche entre Philippe et Bayrou, sourcilleux sur sa liberté de parole

Le Premier ministre Edouard Philippe (g) et le ministre de la Justice Francois Bayrou quitte le palais de l'Elysée à Paris, le 31 mai 2017

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AFP, publié le mardi 13 juin 2017 à 19h42

Moins d'un mois après la formation du gouvernement, une première escarmouche a opposé mardi François Bayrou, attaché coûte que coûte à sa liberté de parole, y compris sur des enquêtes en cours, et Edouard Philippe, qui l'a rappelé à l'ordre. 

"Le truc est assez simple: quand on est ministre on ne peut plus réagir comme quand on est un simple citoyen", a cinglé le Premier ministre. Un recadrage après l'intervention téléphonique de François Bayrou auprès d'un des directeurs de Radio France pour se plaindre, en tant que "citoyen" selon lui, d'appels de ses journalistes à des collaboratrices de son parti, le MoDem.

Mais, François Bayrou ne l'entend pas de cette oreille. 

"Chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire à des Français, à des responsables, qu'ils soient politiques, qu'ils soient journalistiques, qu'ils soient médiatiques, chaque fois qu'il y aura quelque chose à dire, je le dirai", a rétorqué le garde des Sceaux en marge d'un déplacement dans le Pas-de-Calais. 

Une vingtaine de société des journalistes (SDJ) se sont alarmées mercredi de "signaux extrêmement préoccupants" envoyés par le gouvernement en matière d'"indépendance des médias" et de "protection des sources", visant notamment François Bayrou. 

Le ministre de la Justice compte continuer de s'exprimer en tant que "citoyen", comme quand il a retweeté un communiqué de Marielle de Sarnez, son bras droit depuis des années, membre elle aussi au gouvernement. Le nom de Marielle de Sarnez était sorti dans la presse comme faisant partie d'eurodéputés faisant l'objet d'une enquête préliminaire suite à une dénonciation d'une élue FN. 

Depuis, une enquête préliminaire a été ouverte spécifiquement sur le MoDem, après un signalement auprès du parquet d'un ancien salarié sur la question des contrats des assistants parlementaires européens. 

"Quand on connait Bayrou, jamais je ne l'ai vu exercer une pression y compris sur un salarié!" s'insurge un cadre du MoDem auprès de l'AFP. 

"Aucune enquête n'est embarrassante pour nous", a assuré le garde des Sceaux mardi matin sur Cnews, se défendant à nouveau de toute pression. 

- 'Syndrome de la vice-présidence' -

A la question, "c'est une opération politique ?", il a répondu: "Vous l'avez dit. C'est exactement l'impression qui est la mienne mais je n'ai pas le droit de m'exprimer et je n'exprimerai pas sur cette affaire", donnant dans le même temps la fonction actuelle -- "un des collaborateurs directs de la maire de Paris" -- de l'auteur du signalement au parquet. 

Il a par ailleurs affirmé s'être prémuni de tout conflit d'intérêt en ayant "demandé par instruction écrite, déjà il y a plusieurs jours, de ne pas être informé des évolutions de cette enquête".

"Je ne crois pas que sa position soit fragilisée", avait alors indiqué le Premier ministre, proche d'Alain Juppé, que François Bayrou avait soutenu lors de la primaire de la droite. 

Dans l'entourage du Premier ministre, pas de polémique: "Ils se sont parlé ce matin. Tout va bien, ils bossent."

Il n'empêche. Décrocher son téléphone après un article de presse et s'exprimer sur une enquête le visant est assez inhabituel pour un garde des Sceaux. "C'est délicat de s'exprimer sur ces sujets, surtout en pleine loi de moralisation", glisse pudiquement un élu centriste. 

Le président du MoDem porte en effet ce projet de loi, condition de son alliance avec le chef de l'Etat durant la campagne. 

"Le problème, c'est que Bayrou ce n'est pas quelqu'un qui passe derrière, sur le porte-bagage!" résume un de ses anciens compagnons de route. "Il est sanguin, il a la tête dure", précise-t-il et "chez En Marche, cela va les agacer", pronostique cet élu. 

Il voit une certaine "fébrilité" chez le centriste qui a "passé tellement de temps en dehors des responsabilités". Il est victime du "syndrome de la vice-présidence" considérant son apport décisif dans la victoire de Macron.

Une première friction avait eu lieu quand François Bayrou avait estimé être floué dans la répartition des investitures. "Il est passé pour le mauvais coucheur mais la vérité c'est que les mecs essayaient de l'empapaouter !", analyse un centriste qui n'est pas MoDem.

 
25 commentaires - Escarmouche entre Philippe et Bayrou, sourcilleux sur sa liberté de parole
  • attendons la fin des législatives et ensuite c'est le grand coup de balais !!!!!!!

  • Qu'elle cacophonie ce gouvernement ! Un poulailler.

  • Le 1er ministre doit régner sur lameute et Mr Bayrou est son sous fifre et doit obtempérer! C'est une pierre dans le jardin de l'Elysée qu'il faut à toutes fins dégager par n'importe quel moyen car il va nuire gravement avec sa pouf De Sarnez!Augurons que les enquêtes vont aboutir pour notre bien!!!

  • Bayrou a toujours été une tête de mule, il ne fera que ce qu'il a envie de faire et n'écoutera personne - il est persuadé que Macron est là où il est grâce à lui, donc il attend de ce gouvernement une reconnaissance éternelle ..il est le représentant parfait du Centre, c'est à dire un coup à Droite, un coup à gauche selon son intérêt .....c'est l'épine dans le pied du Président maintenant il va falloir gérer le Béarnais .....

  • Il y a surtout un problème d'ego : Bayrou, vu le rôle qu'il estime avoir tenu, s'imaginait (s'imagine encore ?) devoir jouer le rôle de Premier ministre... Ou de Premier ministre à égalité avec Philippe...

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