Entrée à l'université: face au "gâchis", les discussions pour une réforme ont commencé

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La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal à l'Elysée, le 28 juin 2017

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© AFP, Patrick KOVARIK
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AFP, publié le lundi 17 juillet 2017 à 19h31

Alors que près de 87.000 bacheliers attendent toujours une place en fac, les acteurs de l'éducation ont entamé lundi une vaste concertation pour réformer au plus vite le système d'entrée à l'université, source d'un "énorme gâchis" selon la ministre de l'Enseignement supérieur.

"Nous devons en finir avec le traitement de masse, qui est la vraie cause de l'échec", comme avec le "tirage au sort", a plaidé Frédérique Vidal, à l'ouverture des concertations, auxquelles sont conviés notamment les syndicats étudiants, la conférence des recteurs d'académie, la conférence des présidents d'université (CPU), les associations de parents d'élèves.

Cible de toutes les critiques: la plateforme informatique d'admission post-bac (APB). Quelques jours après les résultats définitifs du bac, 86.969 lycéens étaient toujours sans affectation ou sur liste d'attente après avoir formulé leurs voeux sur cette plateforme, selon des chiffres du ministère publiés vendredi.

Des jeunes ayant obtenu le bac avec mention ne sont pas épargnés, certains étant toujours sans affectation ou contraints de renoncer à leurs premiers voeux. 

"Un immense gâchis", selon Frédérique Vidal qui a évoqué les "dizaines de milliers d'étudiants qui ne feront pas les études de leur choix" et "le vrai scandale du tirage au sort".

Depuis deux ans, les facs françaises doivent accueillir chaque année quelque 40.000 étudiants supplémentaires, une hausse qui devrait perdurer jusqu'en 2022.

Cette année, se sont également ajoutés aux néo-bacheliers les étudiants en réorientation, mis sur un pied d'égalité par rapport aux jeunes ayant obtenu leur bac. "C'est 150.000 étudiants supplémentaires qui ont été mis dans le système APB", ce qui a "encore amplifié le gâchis", a détaillé la ministre.

"L'objectif est de gérer au mieux la rentrée de septembre et de transformer le système pour la rentrée de l'année prochaine", a résumé le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner sur FranceInfo.

- "Prérequis" ou sélection ? -

Le premier round de discussions qui a débuté lundi après-midi vise à trouver des solutions pour réduire l'échec à l'université (seulement 40% d'étudiants bouclent leur licence en trois ou quatre années) et à mettre fin au tirage au sort à l'entrée.

La sélection étant interdite en France pour l'entrée à l'université, lorsque la demande dépasse les capacités d'accueil dans une filière, les élèves sont en effet admis par tirage au sort. Ce système sera "fini en 2018", a réaffirmé Mme Vidal.

Le gouvernement souhaite notamment instaurer des "prérequis" et la ministre a indiqué avoir "d'ores et déjà demandé à l'ensemble des présidents d'université de porter à la connaissance des étudiants les +prérequis+ identifiés par leurs équipes pédagogiques dans chacune des filières".

"Nous devons leur dire (aux étudiants, NDLR) quelles sont les compétences et disciplines-clefs pour réussir, nous devons leur dire à quoi ressemble exactement le cursus qu'ils vont suivre, nous devons leur indiquer quelles sont leurs réelles chances de succès", a expliqué Mme Vidal.

Des "prérequis" qui "peuvent cacher le meilleur comme le pire", selon Jimmy Losfeld, président de la Fage, premier syndicat étudiant. "Ce n'est pas à l'université d'imposer un choix à un lycéen", a-t-il estimé à l'AFP.

Pour l'Unef, l'autre grand syndicat étudiant, "derrière les mots +prérequis+ ou +contrat de réussite+ se cache une sélection déguisée".

La Conférence des présidents d'université (CPU), elle, se prononce clairement en faveur de "prérequis". Par exemple, l'obligation d'avoir fait de la biologie au lycée pour s'inscrire en Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), une filière engorgée qui a refusé cette année près de la moitié des postulants (via le tirage au sort puisque la sélection sur dossier est interdite).

Après le premier round de concertation ce mois-ci, d'autres rencontres devraient intervenir la dernière semaine du mois d'août" et "tout au long du mois de septembre" selon Mme Vidal, avec pour but un accord fin octobre.

sva-mig/epe/cb

 
36 commentaires - Entrée à l'université: face au "gâchis", les discussions pour une réforme ont commencé
  • il S'agit d'un numerus clausus qui va faire des victimes. La faculté doit être un espace accessible à tous. La sélection se fait d'elle-même.
    Pour Raslbol,
    Ras le bol des pourfendeurs de l''Education Nationale. Pour enseigner, il faut au minimum 4 ans d'études. Il faut être patient, professionnel, pédagogue. Le travail d'enseignant ne se fait pas que dans la classe, loin de là. Quand les enseignants sont dans la rue, c'est pour défendre la qualité de leur travail, donc de l'apprentissage de vos enfants. Les jours de grève ne sont pas des flâneries dans la rue, les enseignants perdent leur journée de salaire.
    Les enseignants ont du travail pendant les vacances, et méritent leurs vacances. Il faudrait plus de vacances pour tous, là, oui je suis d'accord, plus d'embauche etc.
    L'Education est la chose la plus importante à égalité avec la possibilité de vivre décemment et la santé.
    Mais, vous êtes à la mode, c'est très tendance de "taper" sur les enseignants.

  • la réponse est très simple :pourquoi donner le BAC quand on à une note de 8\20.
    quand j'ai passé le BAC toutes notes inférieures à 10 était éliminatoire.
    cela représenterai plus de 100 000 élevés ,qui quoi qu'il en soit un an après
    ne sont plus à la FAC.

    il y a de tres bons eleves depuis la maternelle et le primaire et jusque au bac et qui le jour memedu bac sont pris un peu de panique la peur de ne pas l avoir sont un peu perdus et pourtant ils ont le niveau

  • C'est tout simplement le résultat de décennies de veulerie et de lâcheté générale : pour avoir la paix sociale et pour se vanter de résultats mirifiques, on (les politiciens au pouvoir, une bonne partie des enseignants) DONNE le bac à tout le monde, avec des taux staliniens ou de républiques bananières... qui ne correspondent pas du tout aux évaluations internationales du niveau des scolaires et des étudiants français. Résultat : bien évidemment qu'on manque de logements, bien évidemment que les universités sont débordées, bien évidemment que les amphis sont surpeuplés, bien évidemment que ce sont des gabegie et pétaudière ruineuses et stupides... Résultat final : comme un grand nombre n'ont pas le niveau (évidemment, leurs parents et eux-mêmes refusent d'admettre la vérité), ils vont se faire étaler, larguer, rapidement, sans qu'on les ait préparés à se diriger vers d'autres emplois, d'autres carrières...
    Le bac est aujourd'hui un gouffre financier qui ne garantit pas aux employeurs le niveau minimum de culture générale. Il ne faudrait garder que les étudiants ayant obtenu les mentions "très bien", "bien", et, éventuellement, vraiment les meilleurs des "assez bien"...Tout est à reprendre, mais il y faudrait du courage et de l'honnêteté...

  • la sélection c'est la première année tous les nuls ont étaient virés et tant pis pour les bons, remettre le bac a sa vraie valeur!!!

  • M'enfin....
    Il y a un bien jour, un ministre qui a décidé de cette absurdité qu'est le tirage au sort des élèves qui auront la chance de pouvoir intégrer l'enseignement supérieur, non ? Qui est-ce ??
    D'autant plus idiot, que tout le monde le sait, le "déchet" en 1ère année de fac est impressionnant.
    Ne pas avoir prévu le nombre d'étudiants qui postuleront : nom de nom, tout le monde est capable de lire le chiffre des naissances, non ? Donc, à peu près, le nombre de bacheliers diplômés année par année, non ?
    Ça me rappelle le problème de la pénurie de médecins : on sait exactement le nombre de médecins qui partiront en retraite, année par année, à quelques centaines près. Au lieu de ça, le (la) ministre décide de réduire les quotas ! Pire, il y a une dizaine d'années, fac de St Quentin, le doyen de la fac de médecine est obligé d'accepter 950 étudiants au lieu des 700 de l'année précédente, pour 160 admis en seconde année. Il accepte, moyennant l'augmentation des nombre d'admissibles en seconde année. "Oui oui..." sauf que, l'année d'après, les quotas ont été baissés à 140 !
    c

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