Entrée à l'université: face au "gâchis", les discussions pour une réforme débutent

Chargement en cours
 Des jeunes ayant obtenu le bac avec mention sont toujours sans affectation ou contraints de renoncer à leurs premiers voeux

Des jeunes ayant obtenu le bac avec mention sont toujours sans affectation ou contraints de renoncer à leurs premiers voeux

2/3
© AFP, Richard BOUHET
A lire aussi

AFP, publié le lundi 17 juillet 2017 à 11h46

Alors que près de 87.000 bacheliers attendent toujours une place en fac, les acteurs de l'éducation entament lundi une vaste concertation pour réformer au plus vite le système d'entrée à l'université, source d'un "énorme gâchis" selon la ministre de l'Enseignement supérieur.

Cible de toutes les critiques: la plateforme informatique d'admission post-bac (APB). Quelques jours après les résultats définitifs du bac, 86.969 lycéens étaient toujours sans affectation ou sur liste d'attente après avoir formulé leurs voeux sur cette plateforme, selon des chiffres du ministère publiés vendredi. 

Parmi les cas recensés, des jeunes ayant obtenu le bac avec mention étaient toujours sans affectation ou contraints de renoncer à leurs premiers voeux. 

"C'est un énorme gâchis", a reconnu lundi la ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal sur France Inter, en affirmant son "objectif" de voir entrer d'ici quelque semaines à l'université tous les bacheliers qui le souhaitent.

Dans ce contexte, la ministre a insisté sur la nécessité d'une réforme rapide face à une démographie étudiante en pleine croissance. "On a trop tardé, on est aujourd'hui face à une situation injuste et qui n'a aucun sens", a-t-elle estimé, jugeant "absolument pas normal" que l'orientation de lycéens dépende d'un système informatique ou d'un tirage au sort.

Depuis deux ans, les facs françaises doivent accueillir chaque année quelque 40.000 étudiants supplémentaires, une hausse qui devrait perdurer jusqu'en 2022.

Cette année, se sont également ajoutés aux néo-bacheliers les étudiants en réorientation, mis sur un pied d'égalité par rapport aux jeunes ayant obtenu leur bac. "C'est 150.000 étudiants supplémentaires qui ont été mis dans le système APB", ce qui a "encore amplifié le gâchis", a détaillé la ministre.

"L'objectif est de gérer au mieux la rentrée de septembre et de transformer le système pour la rentrée de l'année prochaine", a résumé le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner sur FranceInfo.

- Prérequis" ou sélection ? -

Le premier round de discussions qui débute lundi après-midi vise à trouver des solutions pour réduire l'échec à l'université (seulement 40% d'étudiants bouclent leur licence en trois ou quatre années) et à mettre fin au tirage au sort à l'entrée, un système "injuste et qui démotive les élèves", selon Christophe Castaner.

La sélection étant interdite en France pour l'entrée à l'université, lorsque la demande dépasse les capacités d'accueil dans une filière, les élèves sont en effet admis par tirage au sort. Ce système sera "fini en 2018", a réaffirmé Mme Vidal.

Le gouvernement souhaite notamment instaurer des "prérequis" dans le cadre de "contrats de réussite étudiante". 

Dans une lettre adressée fin juin aux présidents d'université, Frédérique Vidal soulignait que ce contrat de réussite reposera sur "les souhaits exprimés par les futurs étudiants", "les exigences propres à chaque cursus diplômant" et "les capacités d'accueil des formations".

"Il faut qu'on soit en capacité de donner une réelle information aux étudiants, y compris sur leur probabilité de réussir", a estimé la ministre lundi matin. 

Reste à définir ces "prérequis", qui "peuvent cacher le meilleur comme le pire", selon Jimmy Losfeld, président de la Fage, premier syndicat étudiant. "Ce n'est pas à l'université d'imposer un choix à un lycéen", a-t-il estimé à l'AFP.

Pour l'Unef, l'autre grand syndicat étudiant, "derrière les mots +prérequis+ ou +contrat de réussite+ se cache une sélection déguisée".

La Conférence des présidents d'université (CPU), elle, se prononce clairement en faveur de "prérequis". Par exemple, l'obligation d'avoir fait de la biologie au lycée pour s'inscrire en Staps (sciences et techniques des activités physiques et sportives), une filière engorgée qui a refusé cette année près de la moitié des postulants (via le tirage au sort puisque la sélection sur dossier est interdite).

Après le premier round de concertation ce mois-ci, d'autres rencontres devraient intervenir en septembre et octobre, avec pour but un accord fin octobre.

sva/blb/it 

 
35 commentaires - Entrée à l'université: face au "gâchis", les discussions pour une réforme débutent
  • Bonjour,
    De mon temps, nous n'étions qu'une quinzaine de % à passer notre bac (en 1956) celui-ci se passait en 2 parties complètes et fournies d'une bonne quinzaine de matières enseignées tout au long du cursus avec notes éliminatoires de 7/20; Si vous aviez la 1ère Partie mais non la deuxième, vous n'aviez pas votre BAC. Actuellement trop de personnes sont dirigées en facultés en étant un peu juste au bac actuel. Chacune des familles veut faire exécuter de longues études à leurs enfants. Il faut donc faire en sorte que tous les métiers soient pourvus par des professionnels en devenir et ne pas décevoir les étudiants en dénigrant les filières PRO. Cela est essentiel pour la réussite du devenir pro des enfants et adultes. Nous manquons de vrais pros. Travailler n'est pas une tare mais le début de la liberté donc de la vie. Toute une génération ne peut être dans les bureaux d'études ou médecins mais peut, malgré tout, réussir sa vie.

  • bof comme les autres ils seront chomeur

  • la moitié va sauter en cours d'année mais prennent la place de ceux qui réussiraient
    car pour beaucoup la FAC n'apporte rien car ils sont nuls en tout mais c'est gratuit

    Tout-à-fait ; il faut rétablir la sélection au mérite, et donner leur chance à ceux qui travaillent et ont vraiment envie de réussir. Quand je vois des jeunes qui ont leur bac avec 16 de moyenne et qui se retrouvent sur le carreau, et que d'autres sont "casés" avec 11 de moyenne et un travail minimum, ça me révulse.

  • Madame la Ministre, redonnez donc au bac la valeur qu'il n'aurait jamais dû perdre et il n'y aura plus de problèmes de places dans les universités. Mais en même temps, redonnez leurs valeurs aux professions manuelles, l'industrie et l'artisanat vous en seront reconnaissants. Bien sûr il faudra abandonner l'utopie d'avoir 80 % de bacheliers en France, mais les bacheliers auront de nouveau une valeur sur le marché du travail.

  • Remettons le Bac à son vrais niveau!! beaucoup moins de reçus, et donc, plus de tirage au sort!!
    Quand on voit des copies qui méritent 5 ou 6/20, une fois passées devant la commission d'entente se retrouvent avec la moyenne!!!!

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]