Education: profusion de projets pour la rentrée, une mise en oeuvre encore floue

Education: profusion de projets pour la rentrée, une mise en oeuvre encore floue

Le ministre de l'Education nationale Jean-Midhel Blanquer, le 14 juin 2017 à l'Elysée, à Paris

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AFP, publié le samedi 24 juin 2017 à 11h29

En multipliant les annonces pour la rentrée, le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a réussi à se faire rapidement connaître du grand public, mais les syndicats s'inquiètent de leur mise en oeuvre concrète et de "bricolages" à venir.

Il se veut "pragmatique" et prône une continuité dans les réformes éducatives. Or, dpuis sa nomination rue de Grenelle, Jean-Michel Blanquer a annoncé une série de mesures
marquant des inflexions plus ou moins importantes avec les réformes du précédent gouvernement. 

Au point que les termes "détricotage" ou "ministre Ctrl Z" (allusion métaphorique aux touches d'ordinateur qui permettent d'effacer) ont pu être fréquemment utilisés à son endroit dans la presse ou sur les réseaux sociaux, après les réformes mises en place par la précédente ministre Najat Vallaud-Belkacem. 

En quelques semaines, il a distillé par petite touches ses projets pour la prochaine rentrée: assouplissement des rythmes scolaires et de la réforme du collège, un dispositif d'aide aux devoirs, limitation de classes de CP à 12 élèves maximum, instauration de stages d'été avant l'entrée en sixième dans les quartiers très défavorisés. Il a aussi rappelé l'intérêt du redoublement dans certains cas.

Numéro deux du ministère pendant le quinquennat Sarkozy, marqué par une réduction du nombre de profs, Jean-Michel Blanquer "fait preuve pour le moment d'un conservatisme prudent", analyse le sociologue de l'éducation François Dubet. 

"Certains de ses projets semblent conservateurs, comme le retour des classes bilangues censé faire plaisir aux classes moyennes supérieures. D'autres sont plus novateurs, comme les effectifs réduits en CP ou l'autonomie donnée aux collèges", explique-t-il.

-'Signal politique'-

"Il dit vouloir assurer la continuité éducative mais ce n'est pas du tout en adéquation avec ce qu'il propose", s'inquiète pour sa part Francette Poppineau, secrétaire générale du SNUipp-FSU, le premier syndicat des enseignants du primaire. 

Sa mesure phare, la limitation à 12 élèves maximum en CP en réseau d'éducation prioritaire renforcé, "se fera au détriment du dispositif +plus de maîtres que de classes+", instauré par le précédent gouvernement, dit-elle.

Elle estime aussi que sa nouvelle mesure, non "budgétée", risque d'avoir des conséquences négatives par ailleurs.

"Toute mesure qui semble gratuite sera forcément payée par des ouvertures de classes qui ne se feront pas ou par des classes en sureffectifs", dit Mme Poppineau, qui s'attend à des "bricolages à la rentrée".

"Pour l'instant, on n'a rien de très concret", déclare Stéphane Crochet, du SE-Unsa. Selon lui, la volonté de remettre au collège des classes bilangues et de redonner plus de poids au latin et au grec est "avant tout un signal politique" et traduit "une volonté de parler à un électorat qui avait vécu la réforme de 2016 comme une contrainte".

Ces deux mesures avaient été parmi les plus controversées de la réforme du collège mise en oeuvre à la rentrée dernière.

Cette réforme instituait aussi des enseignements de complément (l'accompagnement personnalisé et les enseignements pratiques interdisciplinaires). Pour la rentrée 2017, ils ne seront pas supprimés mais leur cadre très fortement assoupli.

"Sur le collège, M. Blanquer fait preuve de pragmatisme", juge Frédérique Rolet, secrétaire générale du SNES-FSU, syndicat en pointe contre cette réforme, jugée "très difficile à appliquer". 

"La rentrée, c'est demain", avertit pour sa part Philippe Tournier, secrétaire général du SNPDEN, principal syndicat des chefs d'établissement. Selon lui, plus qu'un nouveau texte de cinquante pages, il faudra "donner les moyens aux collèges de mettre en place ce dispositif". 

Quant au retour possible à la semaine de 4 jours pour les communes qui le souhaitent, il ne doit pas se faire "à marche forcée et dans la précipitation", mais "dans la concertation", plaide le SNUipp, le seul syndicat favorable à cet assouplissement.

 
13 commentaires - Education: profusion de projets pour la rentrée, une mise en oeuvre encore floue
  • pour multiplier les classes avec 12 élèves (idiotie pure car pas d'émulation) et c'est un ancien prof qui vous le dit////
    on s'ennuie avec des petits effectifs et on ENNUIE encore plus ....pour des résultats médiocres?
    avec quel enseignants ?
    dans quels locaux ?
    peut-être des anciens containers
    il y en a plein dans le port du Havre qui ne servent à rien...
    encore beaucoup d'approximation

  • Il y a du boulot. Déjà supprimer la loi Peillon cette ânerie qui pourrie la vie des Français et coute une fortune aux municipalité. L'idée n'était pas mauvaise mais il faut du temps et des moyens pour mettre en place une telle mesure.

  • Des projets, toujours des projets, encore des projets mais rien ne concret ..... la "parlotte" gouvernementale continue ........

  • l'éducation nationale est le ministère le plus destructeur !! chaque nouveau Ministre considère sans doute qu'il a LA solution!! il efface ce qui a été fait avant pour proposer autres choses .. et généralement les syndicats sont systématiquement contre...c'est la France!

  • tout celà reste à voir vu que jusqu'à présent les ministres ont surtout mis le bazar en s'autorisant à penser

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