Echirolles : un forcené abattu par 5 policiers, l'IGPN saisie

Echirolles : un forcené abattu par 5 policiers, l'IGPN saisie

L'hôtel de police de Grenoble, ce samedi 29 octobre, où les cinq policiers avaient été placés en garde à vue pour leur audition par l'IGPN.

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Orange avec AFP, publié le samedi 29 octobre 2016 à 14h19

Bavure ou légitime défense ? Un habitant d'Echirolles, dans l'Isère, a été abattu de cinq balles ce vendredi 28 octobre vers 20h par les forces de l'ordre. Plusieurs agents de la sécurité publique avaient été dépêchés sur place après le signalement d'un homme décrit comme "apparemment en état d'ivresse" selon le Dauphiné Libéré, qui tenait une attitude menaçante envers son voisin, après une dispute.

L'individu éméché aurait notamment brandi une machette en direction du voisin puis des deux équipes de policiers présentes sur place, avant d'adopter une posture plus menaçante encore.

"Il aurait alors pris un objet ressemblant à une arme de poing et l'aurait dirigé vers le groupe de policiers, qui avaient déployé deux boucliers balistiques", a précisé le procureur de la République de Grenoble Jean-Yves Coquillat au Dauphiné Libéré, qui a révélé l'information dans la nuit de vendredi à samedi. Face à la menace, plusieurs agents ont fait usage de leurs armes - un fusil d'assaut HK G36 et au moins un pistolet automatique - abattant le forcené âgé de 52 ans.


Le quinquagénaire "a reçu plusieurs projectiles dans le thorax et dans la tête" et une autopsie a été ordonnée "pour déterminer la trajectoire" des balles. Les cinq policiers présents sur la scène d'intervention on été placés en garde à vue. "Il s'agit de mener une enquête objective, indépendamment de la polémique actuelle liée aux questions de police", a indiqué le procureur de Grenoble. "Leur garde à vue a été levée à 14h", a-t-il ensuite annoncé au quotidien local. "L'enquête pour homicide volontaire va se poursuivre sous le contrôle du parquet dans le cadre de la flagrance". La police judiciaire ainsi que la police des polices (IGPN) ont été saisis.


"L'enquête a bien avancé avec l'audition d'un témoin. Ils sont fatigués, car la nuit a été longue, mais sereins sur leur intervention", a déclaré à l'AFP Valérie Mourier, secrétaire départementale du syndicat Alliance. Samedi matin, la rue pavillonnaire était toujours bouclée par les forces de l'ordre. Absente lors du drame, la famille de ce père de quatre enfants, carrossier dans les Transports en commun grenoblois (TAG), n'a pu regagner la maison familiale qu'en début de matinée.

LA FAMILLE VA PORTER PLAINTE

La famille du quinquagénaire abattu a réagi dans la matinée, par la voix du fils de la victime. "Mon père était un bon père de famille. Un homme sans histoires, qui n'avait aucun antécédent judiciaire" a-t-il témoigné au Dauphiné Libéré. "A ma connaissance, il n'avait pas d'arme à la maison. C'était un bon vivant, il aimait rire et partager et nous n'avions jamais entendu parler de conflit de voisinage en ce qui le concerne" a-t-il ajouté, précisant que lui et sa famille allaient porter plainte. La police lui a dit "que les policiers auraient tenté de le maîtriser avec un taser mais cela n'aurait pas marché". "Pour moi, c'est une grosse bavure (...) Cinq balles ! Ils auraient pu le blesser au lieu de le tuer directement. Ce n'était pas un homme méchant ; comment cela peut être permis de tuer les gens comme ça (...) Que justice soit faite ! Je suis en colère, je leur en veux", a déclaré samedi sa veuve, Coralie, au micro de RTL.

Mais pour les syndicats de police la "légitime défense" ne fait "aucun doute" : "Lorsque collectivement, cinq policiers, qui sont face à un individu dangereux, tirent en même temps, c'est qu'ils n'ont aucun doute sur le fait qu'il va faire usage de son arme et qu'il va tirer sur l'un d'entre eux", a déclaré Daniel Chomette, secrétaire général du syndicat SGP police-FO. "C'est de l'ordre d'une fraction de seconde. Les policiers sont dans un état de stress et de vigilance absolue dans ces situations. La légitime défense était proportionnée et simultanée, en riposte", a ajouté le syndicaliste. "Il y a des témoins. Nous sommes confiants".

 
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