Dreux : onze médecins urgentistes démissionnent collectivement

Dreux : onze médecins urgentistes démissionnent collectivement

Onze médecins urgentistes de l'hôpital de Dreux ont déposé collectivement leur démission, le 17 janvier 2017, pour dénoncer leurs conditions de travail. (Photo d'illustration)

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Orange avec AFP, publié le mercredi 18 janvier 2017 à 12h15

Ils avaient fait grève à l'été 2015, mais la situation n'a pas évolué. Du coup, onze médecins urgentistes de l'hôpital de Dreux, en Eure-et-Loir, ont présenté collectivement leur démission pour dénoncer les problèmes qu'ils rencontrent dans l'exercice de leur métier, a-t-on appris mardi 17 janvier de source syndicale.

Afflux de patients, manque de lits, manque de personnels, durée légale du travail...

Les sujets de colère sont nombreux, et ont poussé 11 des 15 médecins du service des urgences de l'hôpital à présenter leur démission à la directrice de l'établissement. "On l'annonce bien à l'avance pour que des mesures puissent être prises", a confié le délégué syndical de l'AMUF (Association des médecins urgentistes de France), Eddy Nicolas à France 3 Centre-Val de Loire. "Mais si rien en se fait, nous partirons. Ce n'est pas un effet d'annonce. A l'heure actuelle, les urgentistes sont recerchés partout. On n'aura aucune difficulté à retrouver un poste", prévient-il.

"AUCUNE RÉACTION DE LA DIRECTION"

"Nous avions fait grève, il y a un an et demi, pour tirer la sonnette d'alarme sur nos conditions de travail et d'accueil des patients. Nous n'avons constaté aucune réaction de la part de la direction", a affirmé à l'AFP le Dr Nicolas, de l'AMUF (Association des médecins urgentistes de France). "Depuis, la situation s'est encore dégradée. Trois médecins sont partis fin 2016 et n'ont pas été remplacés. Cela devient difficilement supportable", a-t-il ajouté.

En novembre, les médecins avaient déjà écrit à la direction pour dénoncer "des conditions de travail qui ne nous permettent plus d'envisager un avenir au sein du centre hospitalier de Dreux". "Un courrier auquel nous n'avons pas eu de réponse", regrette le Dr Nicolas. "Nous sommes onze médecins démissionnaires sur quinze qui travaillent aux urgences de Dreux. Nous voulons tous partir. Quitter l'établissement un par un aurait été transparent aux yeux des pouvoirs publics", selon le Dr Nicolas, dont le service a assuré quelque 46.000 visites l'an dernier.

PÉNURIE D'URGENTISTES DANS LA RÉGION

La direction de l'hôpital de Dreux s'est déclarée "surprise" de la démission des onze urgentistes. "Je suis très surprise par cette décision, car nous étions entrés dans un processus de discussion et de réaménagement des conditions de travail. Une prochaine réunion était déjà prévue le 2 février. Nous avions aussi des liens réguliers avec les médecins", a affirmé à l'AFP Mme Carole Festa, la directrice de l'hôpital. "L'hôpital a déjà fait beaucoup d'efforts en matière de travaux et d'aménagements du circuit d'accueil et de prise en charge des patients. En 2016, nous avons recruté deux équivalents temps plein", a relevé Mme Festa, reconnaissant qu'il était difficile de recruter des médecins dans la région Centre-Val de Loire.

Selon elle, "quatre-vingt postes d'urgentistes sont vacants dans la région". "Un tiers des postes", selon le Dr Nicolas.

 
12 commentaires - Dreux : onze médecins urgentistes démissionnent collectivement
  • Lorsque les médecins démissionnent, c'est qu'ils sont au delà - de la situation de mise en danger potentielle de leurs patients !!!
    Madame la ministre , combien de morts , évitées seulement grâce au dévouement des médecins et personnel soignant ???

  • il n y a pas un jour que ce gouvernement ne soit pas désavouer par un un incident ou un évènement de société ............

  • Métier d'urgentiste très stressant sur le plan médical , et maintenant il faut qu'ils fassent la police aux urgences ...

  • Touraine nous dit que tout va bien . méme les comptes de la sécu sont redressés

  • fait on ne peut plus inquiétant Mme la Ministre de la santé qui vante sans cesse son prodigieux bilan va devoir faire face car pour sûr un médecin n'a pas de soucis pour retrouver un emploi et si ce n'est pas chez nous se sera dans une contrée limitrophe ou j'en connais qui eux sont partis aux Etats Unis par contre un Ministre n'est là que sur base d'élus un jour aux commandes le lendemain dans les calendes grecs de ces gens il y a plétore

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