Dordogne : la petite Laly a-t-elle été victime d'une "défaillance des institutions" ?

Dordogne : la petite Laly a-t-elle été victime d'une

Des enfants dans une école primaire à Paris le 2 septembre 2014 (photo d'illustration).

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Orange avec AFP, publié le lundi 17 juillet 2017 à 17h59

En 2015, Laly, une enfant trisomique de 8 ans, mourait défenestrée par un camarade de classe de son école spécialisée. Ses parents avaient porté plainte et l'institutrice ainsi qu'une assistante sociale avaient été mises en examen pour homicide involontaire. Sud-Ouest révélait récemment que le petit garçon qui a poussé Laly avait commis le même geste sur un bébé deux ans plus tôt. Aujourd'hui, les parents de la fillette prennent la parole dans Le Parisien pour demander des explications.

Deux ans et demi après le drame, l'incompréhension perdure chez Franck et Caroline Baril, parents adoptifs de la petite Laly, décédée en janvier 2015. Dans un entretien au Parisien lundi 17 juillet, le père dénonce la "défaillance des institutions".

Laly, 8 ans, était scolarisée dans une classe pour l'inclusion scolaire (Clis) de l'école privée du Sacré-Cœur à Périgueux (Dordogne). Ces classes accueillent des enfants atteints de handicaps psycho-moteurs et/ou de troubles du comportement. Le 8 janvier 2015, un petit garçon du même âge, souffrant de troubles cognitifs, pousse la fillette d'une hauteur de cinq mètres. Elle succombe à ses blessures le lendemain, à l'hôpital Pellegrin de Bordeaux.

Le petit garçon avait un lourd passé

À la suite d'une plainte contre X de ses parents, la directrice de l'école et la référente de l'Aide sociale à l'enfance (ASE) qui était chargée du suivi du petit garçon sont mises en examen pour "homicide involontaire" en 2016 à Angoulême (Charente) - où l'enquête a été dépaysée, les parents de la fillette étant employés par l'administration judiciaire de Dordogne.

Par la suite, l'enquête met en lumière un précédent incident impliquant le petit garçon qui avait, en 2013, poussé du premier étage une fillette de 2 ans, légèrement blessée. "Cette affaire soulève donc la question du secret professionnel puisque l'enseignante semblerait ne pas avoir été informée de ce précédent", par l'ASE, explique l'avocat de la famille, Me Pierre Daniel-Lamazière, en janvier 2016 à l'AFP. À l'époque, une source proche du dossier souligne "le lourd passé" du petit garçon : "Les parents sont totalement défaillants, et le garçonnet a même fait l'objet récemment d'un signalement pour maltraitance, notamment de nature sexuelle, de la part de son père". 

Depuis la mort de Laly, l'enfant est placé dans une famille d'accueil de l'agglomération de Périgueux. Il ne peut être mis en contact avec d'autres enfants, ce qui rend de facto sa scolarisation impossible. 

"Personne n'assume ses responsabilités"

Aujourd'hui, les parents de Laly font une nouvelle fois part de leur colère. Franck Baril trouve "inadmissible" que l'ASE n'ait pas prévenu l'école des antécédents du petit garçon. "Il y a un silence de plomb infernal autour de cette affaire, juge-t-il dans Le Parisien. L'assistante sociale, le directeur, l'institutrice : tout le monde se renvoie la balle. Personne n'assume ses responsabilités..." Interrogé sur le secret professionnel de l'assistante sociale, il répond : "Mais quel secret professionnel ? Il a été brisé au moment même où ma fille était en train de mourir à l'hôpital !"

"La loi doit changer"

"À la douleur provoquée par la perte de mon enfant s'ajoute maintenant de la colère, explique le père. Il y a eu défaillance des institutions. Elles n'ont pas poussé Laly par la fenêtre, mais pas loin. L'auteur de l'acte aurait dû être placé dans une structure adaptée à ses troubles dès le départ. On savait qu'il s'en était déjà pris à des petites filles faibles physiquement et qu'il ne supportait pas les autres. On l'a donc mis exactement là où il ne fallait pas. Je n'ai pas de haine, je veux simplement que les responsables reconnaissent leurs torts", assure-t-il.

Il explique prendre la parole pour que "d'autres parents le sachent : l'institution qui accueille leurs enfants n'est pas forcément informée des antécédents des autres élèves. Le dossier médical de chaque élève devrait être communiqué à l'école par l'assistante sociale de l'ASE. La loi doit changer", estime Franck Baril.

 
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