Dialogue renoué en Guyane, le gouvernement fait une contre-proposition

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© AFP, Thomas SAINT-CRICQ, Simon MALFATTO, Jean Michel CORNU
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AFP, publié le mercredi 19 avril 2017 à 16h05

Guyane: le dialogue a repris, le gouvernement fait une contre-proposition

Après quatre semaines d'un mouvement social qui paralyse la Guyane, le dialogue a repris mardi soir entre le collectif qui pilote la mobilisation et le gouvernement, alors que la tension s'est renforcée sur le terrain après un durcissement des barrages routiers. 

Le collectif Pou la Gwiyann dékolé (Pour que la Guyane décolle), qui porte des revendications sécuritaires, économiques et sociales pour permettre au territoire d'outre-mer de rattraper son retard sur l'Hexagone, a reçu mardi soir (nuit de mardi à mercredi en métropole) une réponse du gouvernement à qui il avait envoyé dimanche "un projet de protocole d'accord", pour tenter de mettre un terme à ce conflit social.

La réponse gouvernementale, "très technique", a été analysée dans la nuit, puis devait être examinée à nouveau mercredi matin par des experts et les élus de Guyane, a indiqué la porte-parole du collectif Valérie Vanoukia.

"On va retravailler ce matin", a-t-elle expliqué mercredi matin à l'AFP avant le début de la réunion du collectif, sans se prononcer sur le texte, alors que les barrages étaient de nouveau actifs.

La veille, elle avait expliqué qu'il était impossible pour l'instant de "dire à la population si c'est une bonne réponse ou pas".

S'il est signé, le texte permettra de "suspendre le mouvement sous sa forme actuelle", a assuré Mme Vanoukia. "Chacun va faire un pas", a-t-elle concédé à l'AFP.

Lundi le collectif, qui rassemble socio-professionnels, syndicats et associations, avait décidé de renforcer les barrages routiers qui bloquent les principales villes de Guyane pour inciter l'exécutif à répondre le plus rapidement possible, avant que les électeurs votent à la présidentielle, samedi en Guyane.

Dans sa version, le collectif propose d'"acter" le plan d'urgence gouvernemental de plus d'un milliard d'euros et de "rouvrir le dialogue sur les deux milliards" supplémentaires qu'il réclamait jusqu'à présent.

Il demande également "la rétrocession totale du foncier", "l'ouverture d'une consultation citoyenne" sur l'avenir institutionnel de la Guyane et la garantie qu'aucun manifestant ne sera sanctionné, alors que des contrôles de police sont menés sur les barrages après des plaintes de particuliers pour "entrave à la circulation".

Sur ce dernier point, Mme Vanoukia a assuré que l'exécutif validait la demande du collectif d'une absence de sanctions. Mais dans une déclaration à CNews, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a rappelé que la justice était indépendante en Guyane comme ailleurs. 

- Départ du leader charismatique -

La reprise du dialogue intervient au moment où le leader charismatique du mouvement, Mickael Mancée, a décidé de quitter le collectif, "l'évolution de la mobilisation et des événements" n'étant "pas en adéquation avec (sa) vision des choses".

M. Mancée s'était abstenu sur le choix du collectif de reprendre et d'intensifier les barrages routiers, après une trêve lors du week-end pascal. 

Cet ancien policier, qui s'était mis en retrait de son métier pour créer le collectif des "500 frères contre la délinquance", un mouvement dont la particularité est de circuler en noir et cagoulé, a également abandonné les rênes de ce collectif très présent dans la mobilisation.

Dans une lettre à France-Guyane, il dit ne pas se reconnaître "dans les méthodes employées", qui "ne correspondent pas aux idéaux de la marche qui avait attiré à nous les médias nationaux et internationaux", en référence à la mobilisation de plusieurs milliers de Guyanais le 28 mars.  


Pour lui, les barrages "datent d'un autre temps", même s'ils étaient "nécessaires à la prise de conscience collective". Il considère désormais que "les décisions du collectif sont prises dans le dos du peuple".

Son départ pourrait créer une vraie division dans le collectif et la population, et entraîner une baisse de la mobilisation.

"Ce n'est pas parce que quelqu'un est parti que tout le monde doit converger vers la sortie", a tenté de rassurer un des membres du collectif. 

Depuis plusieurs jours, les divergences se sont intensifiées sur l'opportunité de continuer à maintenir des blocages. Mardi, plusieurs incidents sur les barrages ont été rapportés, tandis que des fédérations d'entrepreneurs guyanais se sont désolidarisées du collectif.  

 
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