Déserts médicaux: le gouvernement dévoile son plan de lutte vendredi

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 Carte de France indiquant le nombre de médecins généralistes pour 10 000 habitants par établissement public de coopération intercommunale au 1er janvier 2017

Carte de France indiquant le nombre de médecins généralistes pour 10 000 habitants par établissement public de coopération intercommunale au 1er janvier 2017

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© AFP, Laurence SAUBADU
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AFP, publié le jeudi 12 octobre 2017 à 18h33

Doublement des maisons de santé, développement de la télémédecine, délégation de tâches entre professionnels... Le gouvernement présente vendredi son plan de lutte contre les déserts médicaux, un problème rencontré par des millions de Français confrontés à la pénurie grandissante de médecins.

"J'ai placé la question de l'accès aux soins au rang de mes priorités", a redit mercredi, devant l'Assemblée, la ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui se rendra vendredi à Châlus (Haute-Vienne) avec le Premier ministre Edouard Philippe. 

L'urgence de la situation est illustrée par les nombreux cas médiatisés de médecins cherchant désespérément un successeur pour partir à la retraite, ou de communes obligées de faire appel à un chasseur de têtes pour recruter des médecins roumains, sans oublier les patients en mal de médecin traitant.

La France n'a jamais compté autant de médecins (plus de 215.000 en 2015) mais la profession, vieillissante et mal répartie, peine à se renouveler, en particulier chez les généralistes libéraux. 

Tout le pays est concerné, et pas seulement les campagnes, selon l'Ordre des médecins, qui prédisait l'année dernière un quart de généralistes en moins en 2025 par rapport à 2007. 

Fin 2015, 8% de la population résidait dans une commune manquant de généralistes, selon la Drees.

La pénurie laisse les élus "impuissants" voire "désespérés", selon Isabelle Maincion, co-présidente de la commission santé de l'Association des maires de France, qui espère un plan "décoiffant". 

Nombre d'élus réclament des mesures contraignantes, mais la ministre a déjà fait savoir qu'elle ne toucherait pas à la libre installation, rappelle Mme Maincion, favorable à plus de "souplesse" dans la labellisation des maisons de santé pluri-professionnelles. 

Conformément à une promesse du candidat Macron, le gouvernement entend doubler le nombre de ces structures (910 en mars 2017) et développer les centres de santé (où travaillent des salariés), en leur consacrant 400 millions d'euros sur le quinquennat. 

- favoriser la coopération -

"Il n'existe pas de solution unique", a rappelé Mme Buzyn, qui a consulté élus et blouses blanches. 

Au développement des maisons de santé s'ajoutera ainsi celui de la télémédecine ou encore des "pratiques avancées entre professionnels" (infirmiers réalisant des actes médicaux par exemple). Les médecins hospitaliers ou libéraux devraient également pouvoir se détacher "dans les zones désertifiées".

Il s'agira de favoriser la "coopération" entre professionnels et entre la ville et l'hôpital, de dépasser "les cloisonnements institutionnels" et d'accélérer "l'innovation organisationnelle" grâce à un fonds dédié.

Une stratégie saluée par le chirurgien Guy Vallancien, membre de l'Académie nationale de médecine et fervent défenseur du "partage de tâches" entre professionnels, domaine où la France accuse un retard par rapport aux pays anglo-saxons.

Pour lui, la "moitié des actes médicaux pourraient être délégués", comme la vaccination, actuellement expérimentée par les pharmaciens, ou l'"établissement de certificats d'aptitude au sport". 

Un "chantier difficile" parce qu'il heurte "la tradition des médecins responsables de tout", reconnaît-il. 

La suppression du numerus clausus (nombre d'étudiants admis en seconde année de médecine, récemment relevé par le précédent gouvernement), en revanche, ne semble pas à l'ordre du jour, à la satisfaction des syndicats d'internes, qui la jugent inefficace pour lutter contre les déserts médicaux.

Mieux vaut "favoriser les stages" dans les cabinets de ville, estime Maxence Pithon, président du syndicat d'internes Isnar-IMG. 

En plus des incitations financières, l'"accompagnement" est en outre indispensable pour attirer les praticiens dans les zones en besoin, "en aidant par exemple leurs conjoints à trouver du travail" ou "des places en crèche", fait-il valoir.

Isolement, horaires à rallonge... Les conditions d'exercice de leurs aînés ne séduisent plus les jeunes, à la différence du salariat ou de l'exercice en groupe.

Une évolution qui ne doit pas forcément être imputée à la "féminisation de la profession", insiste Olivier Le Pennetier, président de l'intersyndicat des internes (Isni), car "on n'a pas besoin d'être une femme pour aller chercher un enfant à la crèche".

Dans tous les cas, il n'y aura plus de médecin "au pied de chaque clocher de France", prévient leur premier syndicat, la CSMF.

 
19 commentaires - Déserts médicaux: le gouvernement dévoile son plan de lutte vendredi
  • le problème est qu'avec la politique du numérus clausus depuis 1981 on manque de médecins même dans les villes et les hôpitaux
    dans le plan du gouvernement je ne vois aucune augmentation du numérus clausus (je parle du gouvernement actuel depuis mai 2017)
    ce qui donnerait plus de médecins mais seulement que dans 8 ans

    Le numerus clausus a été institué en 1971 : pas la peine d'essayer de rattacher cette décision au pouvoir en place en 1981

    Pour info : Lorsque dans la limite du contingent attribué à chaque unité de formation et de recherche se trouvent classés en rang utile des étudiants étrangers autres que les ressortissants d'un Etat membre de l'Union européenne ou d'un autre Etat partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Principauté d'Andorre ou de la Confédération suisse, une majoration égale au nombre d'étudiants étrangers classés en rang utile peut être effectuée, "sans que cette majoration puisse excéder 8 % du contingent initialement fixé." (arrêté 10 janvier 2017)

  • Anticiper les départs à la retraite, pour maintenir des qualités de soins locaux aurait du germer dans l'esprit de nos gouvernants. Sarkozy, Hollande, et Macron (qui a été conseiller de Hollande et aux finances). A croire, avec toutes les politiques diverses qui se mettent en place, sur le logement, le travail, l'éducation, la santé, etc...que nos seigneurs estiment que nous sommes trop nombreux comme serviteurs, et que nous coûtons trop cher! On conseille à nos jeunes de partir, et aux vieux d'aller mourir au soleil étranger. Mais les uns veulent travailler et vivre au pays, et les autres ne veulent pas massivement s'expatrier vers une tombe lointaine. Des rebelles? Des insoumis?

    Après avoir fait abattre massivement les vaches (surproduction de lait et de viande) dans les années 1965-70, nos têtes pensantes ont découvert qu'il n'y avait plus assez de veaux! Pour les médecins, (et autres métiers), ils vont découvrir que la congélation en période faste de praticiens et techniciens, à décongeler en cas de pénurie, ne fonctionne pas encore...

    le problème est que les jeunes médecins ne s''instale que dans les grandes villes et de préférence au soleil ,il suffit de regarder ou les derniers sortis ce sont installé ,un médecin ma dit que dans la ville de LYON ils sont si nombreux que certain ne gagne que le SMIG

  • De plus en plus de médecins dans les villes du sud et dans les beaux quartiers cherchez l'erreur!!! Ma toubib m'a expliqué qu'en fait ce sont ces dames qui ne trouvent pas de théâtre de galeries de boutiques chic de resto branchés dans les campagnes mais dont les maris peinent a gagner leur vie....elle préfère elle rester à la campagne où elle gagne selon ses dires plus que bien sa vie....!!!

  • Les "maisons de santé" vont s'implanter dans les villes, même petites, donc rien de nouveau pour les villageois.....
    Quant à la "télémédecine", mémé ou pépé ont intérêt à savoir jouer du clavier (s'ils en ont un...) !!!

  • La démographie évolue: de plus en plus de personnes dans et proches des grands centres urbains; des régions de plus en plus vides (traversez le Morvan un soir d'hiver et vous pourrez compter sur les doigts d'une main les foyers éclairés dans certains villages); un gain réduit (peu de consultations=peu de revenus). Tout cela contribue à la fameuse désertification et aux non moins fameuses "prises de conscience" de nos dirigeants qui, cycliquement, "se penchent sur le problème" et finalement ne font pas grand chose.

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