Des policiers soupçonnés d'avoir organisé un trafic de 40 tonnes de cannabis

Des policiers soupçonnés d'avoir organisé un trafic de 40 tonnes de cannabis

Du cannabis et de la cocaïne saisis par la police, le 23 novembre 2015 à Paris (illustration)

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Orange avec AFP, publié le mercredi 30 novembre 2016 à 16h30

Les Stups, complices de trafic de drogue ? Libération révèle ce mercredi 30 novembre que la brigade des stupéfiants aurait fait entrer des dizaines de tonnes de cannabis sur le territoire français, au prétexte d'infiltrer des réseaux de trafiquants. L'une de ces opérations aurait ainsi permis d'importer 40 tonnes de cannabis en octobre 2015.

C'est le cœur même de la lutte contre le narcotrafic qui est visé.

L'Ocrtis, l'Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants, aurait participé à des manœuvres secrètes, affirme Libération. Le journal a eu accès à de multiples rapports confidentiels, notes et mails internes issus de l'enquête judiciaire sur une spectaculaire saisie de 7 tonnes de cannabis, en plein Paris. Cette saisie fait l'objet d'une information judiciaire pour "trafic de stupéfiants" et "association de malfaiteurs" dans laquelle l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices, a récemment été cosaisie des investigations, a indiqué à l'AFP une source proche de l'enquête, confirmant une information du quotidien.

- VÉRITABLE TRAFIC D'ÉTAT -

De tous ces documents, il ressort qu'un "véritable trafic d'État" a été instauré pour permettre à la police d'importer de la drogue, au nez et à la barbe de la justice. "Un système mis en place au plus haut niveau de la hiérarchie policière, qui a totalement échappé au contrôle judiciaire", détaille le quotidien, qui a consacré sa Une du jour au sujet.



"Sous couvert d'une opération d'infiltration secrète baptisée 'Janissaire', destinée à démanteler des réseaux de trafiquants, l'Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) a directement supervisé l'importation d'au moins 40 tonnes de cannabis en octobre 2015", a affirmé Libération. La saisie record de 7 tonnes, le 17 octobre 2015, dans une camionnette garée en plein 16e arrondissement, boulevard Exelmans, par la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) avait à l'époque été encensée par le président Francois Hollande qui avait salué un "coup fatal" porté à des "organisation criminelles". 

Mais des zones d'ombres étaient apparues en raison des relations entre l'Ocrtis et un indicateur de premier plan, Sofiane Hambli. Le parquet de Paris avait dessaisi l'Ocrtis de l'enquête au profit de la brigade des stupéfiants de Paris et la section de recherches de la gendarmerie de Paris.

- GUERRE DES SERVICES -

Le juge en charge du dossier, Bertrand Grain, assure n'avoir jamais été informé "d'aucun transport de stupéfiants". "Nous n'aurions jamais accepté la livraison d'une seule tonne de cannabis sous couvert de l'opération d'infiltration. Il était convenu que les convois de stups s'inscrivant dans ce cadre ne devaient concerner 'que' quelques centaines de kilos de cannabis", a-t-il insisté. Quelques centaines de kilos contre 40 tonnes en réalité.



L'affaire a relancé le débat sur les relations entre indicateurs et policiers des "stups", au cœur d'une autre information judiciaire contre X ouverte début septembre, selon une source proche de l'enquête. Elle faisait suite à une enquête préliminaire déclenchée fin 2015 après les dénonciations parvenues à la justice de Stéphane V., se présentant comme un ancien indicateur pour l'Ocrtis. Son témoignage publié en mai dans Libération mettait en cause l'ex-patron de l'office anti-stups, François Thierry, pour avoir facilité l'importation de "plusieurs dizaines de tonnes de cannabis" au bénéfice d'un présumé trafiquant de drogue.

L'IGPN est saisie dans cette enquête dirigée par trois juges d'instruction, dans laquelle François Thierry n'a pas encore été entendu, selon la source.

Dans un second article, Libération explique que l'affaire se joue dans un contexte de fortes tensions entre les différents services des forces de l'ordre, douanes, Stups et 36 Quai des Orfèvres.

 
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