Dépistage de la trisomie 21 : vers l'abandon des amniocentèses ?

Dépistage de la trisomie 21 : vers l'abandon des amniocentèses ?

L'amniocentèse est jugée souvent "inutile" et dangereuse pour les fœtus (illustration).

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Orange avec AFP, publié le lundi 20 juin 2016 à 18h06

- La prévention de la trisomie 21 avance peu à peu dans le sens de contrôles simplifiés. La Société française de médecine prédictive et personnalisée (SFMPP) préconise, en cas de risque, de réaliser un test génétique de diagnostic prénatal non-invasif (DPNI) dans le sang maternel pour éviter le recours aux amniocentèses, qui augmentent les risques de fausses couches.

En clair : généraliser les tests sanguins, jugés plus efficaces, moins coûteux et moins risqués. -

Dans un avis adopté à l'occasion de son congrès annuel organisé les 16 et 17 juin, l'organe de prévention rappelle les risques induits par les amniocentèses, à la fois pour l'enfant et la mère. La SFMPP vante également le dispositif de dépistage de la trisomie 21, "offert systématiquement aux femmes enceintes depuis 2009, et qui devrait s'enrichir très rapidement des avancées majeures". "L'intérêt médical de ces tests génétiques dans ce domaine sensible de la médecine prédictive est aujourd'hui parfaitement établi", note le professeur Pascal Pujol, généticien et président de la SFMPP.

DES AMNIOCENTÈSES RISQUÉES ET LE PLUS SOUVENT "INUTILES"

Disponibles et remboursés depuis plusieurs années dans différents pays, ces tests sanguins doivent être mis à la disposition des couples demandeurs "au plus vite afin d'éviter des pertes de chance", indique t-il. Il rappelle en outre que certaines amniocentèses dangereuses sont "désormais inutiles". Sur un total annuel de 800.000 naissances en France, plus de 20.000 amniocentèses sont effectuées dans le cadre du dépistage prénatal de la trisomie 21. Critiqué pour sa dangerosité, l'examen n'est en effet "pas anodin puisqu'il entraîne des risques de décès du fœtus dans prés de 0,5% des cas". L'avis précise que seulement 5% des amniocentèses ont une utilité dans la confirmation d'un diagnostic de trisomie. "Autrement dit, l'amniocentèse est effectuée 95 fois sur 100 pour rien et entraîne la perte de près de 100 fœtus non atteints par an en France", note la SFMPP.

Cette technique plus "douce" mais encore onéreuse (entre 400 et 700 euros) est réalisable dès la dixième semaine de grossesse. Elle devrait toutefois devenir plus abordable dans les prochaines années, par rapport au coût des amniocentèses estimé en France "entre 1.000 et 1.300 euros". "Les enjeux économiques sont très importants. Aux États-Unis, le nombre de tests DPNI réalisé en 2015 s'élève à environ un million", indique le document.

Dès 2013, le Comité d'éthique (CCNE) s'était montré en faveur à l'introduction en France de ce dépistage, dans un premier temps, chez les femmes à risque. Sa mise en place a toutefois tardé, notamment pour des raisons éthiques. En novembre, la Haute autorité de santé avait estimé que ces nouveaux tests prénataux étaient efficaces. Elle étudie depuis le cadre de leur utilisation. Selon le Pr Pujol, ce qui serait "éthiquement discutable serait de poursuivre les indications de l'amniocentèse pour le dépistage telle qu'on la pratique, entraînant la perte de près de 100 enfants non atteints par an, alors que des tests sanguins non invasifs existent et sont très supérieurs en fiabilité".

 
2 commentaires - Dépistage de la trisomie 21 : vers l'abandon des amniocentèses ?
  • Il faut aussi dire que les ammios sont remboursées et que ................les analyses de sang NON. Mes enfants ont payés 650 euros pour cet examen non remboursé.

  • Lorsqu'on parle de diagnostic prénatal, l'exemple pris est toujours celui de la trisomie (21 surtout) alors que tant d'autres maladies et handicaps génétiques sont bien autant sinon bien plus contraignants à gérer quotidiennement et à intégrer pour' les parents (mucoviscidose, etc ....)

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