Denis Baupin : "il a pu y avoir des situations de libertinage incompris"

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Orange avec AFP, publié le mercredi 01 juin 2016 à 11h08

Dans la tourmente depuis près d'un mois suite aux accusations de harcèlement sexuel dont il fait l'objet, Denis Baupin est sorti du silence dans une interview accordée à "L'Obs" et publiée ce mercredi 1er juin. Il admet qu'il a pu y avoir "des situations de libertinage incompris", mais nie être "le DSK des verts".

Le 9 mai dernier, huit femmes, dont les élues écologistes Sandrine Rousseau, Isabelle Attard, Annie Lahmer et Elen Debost avaient témoigné contre le député de Paris.

Il y a deux jours, France Inter et Mediapart publiaient cinq nouveaux témoignages, dont celui de l'ancienne ministre de Lionel Jospin Geneviève Zdrojewski. "À deux reprises monsieur Denis Baupin m'a sexuellement agressée" a notamment avancé l'ancienne chef du bureau de Dominique Voynet. Face à ces déclarations accablantes, Denis Baupin se défend : "évidemment, je ne me considère pas comme le DSK des Verts" lance t-il en référence à une expression imaginée par une universitaire écolo en 2013, pour évoquer l'existence d'une personne aux démarches tendancieuses au sein du parti. "J'affirme de toute ma vie n'avoir jamais commis de harcèlement sexuel ni d'agression sexuelle. Ce n'est pas ma conception des rapports entre les hommes et les femmes", lâche t-il d'emblée.

- DES SITUATIONS DE LIBERTINAGE "INCOMPRIS" -

Interrogé sur ses relations avec les femmes, l'ex vice-président de l'Assemblée répond : "Je ne vais pas nier que j'ai longtemps été dans le registre de la séduction et dans une forme de libertinage correspondant à la culture des écologistes. Je ne crois pas que ce soit répréhensible par la loi". Pense-y-il avoir franchi la limite ? "Est-ce que j'ai pu penser que des personnes comprendraient ma démarche alors que ce n'était pas le cas et qu'elles n'étaient pas dans le même esprit de libertinage, c'est possible. Il a pu y avoir des situations de libertinage incompris. J'en suis sincèrement désolé", explique Denis Baupin. "Je n'ai rien fait d'illégal, mais j'ai pu être ressenti comme quelqu'un de lourdingue", admet le député, qui considère néanmoins que "le contexte a changé". "On n'est plus à l'époque libertine et post-soixante-huitarde qui régnait chez les écolos. Aujourd'hui, le regard de la société est moins 'open', concède le compagnon d'Emmanuelle Cosse.

La députée Isabelle Attard avait rapporté des SMS obscènes envoyés par Baupin, par qui elle dit avoir été harcelée entre juin 2012 et décembre 2013. Réponse de l'accusé à propos de ce qu'il considère comme des "jeux de séduction" : "Au vu de la tonalité des réponses et des choses qu'elle me confiait sur sa vie privée, elle ne se sentait visiblement pas dans une situation de harcèlement". "Pour moi, le harcèlement, c'est quand il y a une volonté d'obliger. Quand la réponse est un non clair et définitif, il n'y a pas de doute : "Quand c'est non, c'est non." J'ai toujours eu le sentiment d'être respectueux", indique le député.


S'il ne veut pas "spéculer sur les motivations" des plaignantes, l'ancien membre d'EELV "conteste toute tentative de harcèlement et d'agression", avançant que "les rumeurs circulent à une vitesse incroyable". "Plus elles sont salaces plus elles circulent. Elles n'en ont pas plus de véracité pour autant" lance t-il. Le désormais ex-vice président de l'Assemblée Nationale a au moins pu compter sur un son de cloche dissonant au cœur du concert d'accusations, par la voix de Barbara Pompili. La secrétaire d'Etat à la Biodiversité a ainsi dénoncé les "injonctions" subies "pour être une victime de Denis Baupin", disant que le député ne "l'a jamais harcelée". De Denis Baupin, "j'ai reçu des SMS, on va dire charmeurs, pendant un certain moment. A partir du moment où j'ai dit 'stop', il s'est excusé platement", a t-elle assuré.

Les révélations des dernières semaines ont entraîné un mouvement d'ampleur autour du harcèlement sexuel. Dans une tribune publiée dans le Journal du Dimanche, 17 ex-ministres, de gauche comme de droite, d'Aurélie Filippetti à Valérie Pécresse en passant par Christine Lagarde et Cécile Duflot, ont lancé un appel pour dire stop au silence et à l'impunité face au harcèlement sexuel. Du côté d'EELV, le Bureau exécutif du parti a décidé de créer au sein du parti une "cellule d'accompagnement et d'écoute des victimes de violences sexuelles".

 
160 commentaires - Denis Baupin : "il a pu y avoir des situations de libertinage incompris"
  • tous ces commentaires d'hommes qui aimeraient bien avoir l'âme d'un libertin mais qui critiquent ceux qui passent à l'acte me font penser à tous ces pères la morale tel que l'adjoint au maire de New York qui combattu la protitution tout en fréquentant lui même les call girls
    je dis hypocrisie malsaine :nous ,les hommes ,devont être solidaires entre nous sinon nous serons tous malheureux .

  • comment se fait il que cet individu ne soit pas en taule ! ? comme délinquant sexuel ..
    il se serait appelé " Martin, Durand ou autre ... la justice à la "socialiste" aurait agit ...
    mais là !! nos avons vu le sort des DSK, & Thevenoud, donc il peut continuer sans aucune crainte ! peut être même on lui décernera une décoration, et une planque à vie bien payée en 2017 ! comme tous ses copains .... avec l'absolution du monde politique

  • Ah ce Baupin, il nous ferait bien croire au Père Noël. Quant à Mme Pécresse qui nous parle d'avoir été harcelée à l'ENA, mon Dieu, c'est maintenant qu'elle en parle.

  • La prison à vie un point c'est tout...

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