Dans le nord de la France, lassitude, colère et risque d'abstention

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 La mairie de Roubaix le 28 mars 2014

La mairie de Roubaix le 28 mars 2014

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AFP, publié le mardi 14 mars 2017 à 14h07

Présidentielle: dans le nord de la France, lassitude, colère et risque d'abstention

"Personne ne nous représente", "ils ne pensent qu'à leur carrière", "ça ne changera rien": les électeurs désenchantés de Roubaix, l'une des villes les plus pauvres de France où l'abstention bat souvent des records, s'apprêtent à bouder les urnes lors de la prochaine présidentielle.

Un mardi matin sec d'hiver. Paul Zilmia tracte pour le candidat de la gauche radicale, Jean-Luc Mélenchon, sur un marché de cette ville toute proche de la Belgique, au pied d'une ancienne usine textile témoin d'une prospérité passée.

"Non merci, je suis trop déçue!", "Ils agissent tous comme des voleurs !", lui lancent des passants quand il tend un tract.

"C'est compliqué d'aborder les gens parce qu'il y a un dégoût de la politique, ils ont le sentiment d'avoir été abandonnés et ils se disent que, quels que soient les politiciens au pouvoir, rien ne change", admet M. Zilmia, né à Roubaix et candidat aux élections législatives de juin.

Dans cette ville de près de 100.000 habitants où le taux de chômage atteint 30% - trois fois la moyenne nationale- l'abstention était de 31,43% au premier tour de la présidentielle de 2012, plus que la moyenne nationale, de l'ordre de 20%.

Le phénomène risque de s'accentuer les 23 avril et 7 mai. Au niveau national, un Français sur trois (32%) envisage de s'abstenir, ce qui, ajouté à une forte indécision, renforce l'incertitude sur les résultats de l'élection, selon une étude du Centre de recherches de Sciences Po publiée début mars.

Pour l'heure, la chef de file de l'extrême droite Marine Le Pen semble assurée de se qualifier au second tour. Elle espère ensuite convaincre les "millions" de Français indécis mais serait battue par l'un de ses principaux adversaires, le centriste Emmanuel Macron et le conservateur François Fillon, selon les sondages actuels.

Dans le centre-ville, face à l'imposante mairie, Célestin, 39 ans, un entrepreneur dans la rénovation énergétique qui refuse de donner son nom de famille, explique qu'il ne "vote jamais", car "personne ne (le) représente".

"On a des difficultés à trouver un emploi, à trouver un logement et aucun candidat ne propose des solutions. Avant de nous parler de baisses d'impôts, il faut déjà en payer des impôts, avant de savoir à quel âge on va prendre sa retraite, il faut déjà avoir un emploi", s'emporte-t-il. 

"Je n'irai pas voter, c'est sûr. Je suis de droite, mais même la droite me déçoit avec l'affaire Fillon", confie, dépité, Samir, 32 ans, alors que le candidat conservateur est soupçonné d'avoir fourni des emplois fictifs à sa famille, sur des deniers publics. 

- 'Abstention militante' -

"L'abstention est forte dans les quartiers où il y a un décrochage social important. Presque 45% vit en dessous du seuil de pauvreté, quand vous êtes en survie, vous ne pensez pas au reste", analyse Max-André Pick, premier adjoint au maire de droite de Roubaix.

"Plus on est dans les territoires populaires, moins on vote", renchérit Julien Talpin, sociologue spécialiste de la politisation des classes populaires. 

Si en 2012, "il y avait une volonté de sanctionner (Nicolas) Sarkozy, considéré comme un adversaire des quartiers populaires", cette fois "le désenchantement par rapport au quinquennat sortant (du socialiste François Hollande, NDLR) va rendre la mobilisation extrêmement difficile", prédit-il.

Depuis 2002, Bruno Lestienne et son collectif "Je pense donc je vote" labourent le terrain pour inciter les gens à voter. Cette année, il se demande "si ça sert à quelque chose".  

"Face à nous, on a des politiques qui font tout pour que les gens s'abstiennent, ce qu'on entend de la campagne ce sont des bisbilles à droite, à gauche et pendant ce temps là, les gens sont toujours dans la galère, ils en ont marre", affirme-t-il.

Pour lui, il s'agit surtout "d'une abstention militante" avec "une volonté de ne plus créditer le système". Mais pour Myriam Cau, élue écologiste d'opposition, il existe aussi une "abstention silencieuse".  

Cette écologiste qui fait souvent du porte-à-porte a "l'impression que beaucoup de gens ne captent plus les politiques, ils n'y croient plus, ils ne sont même pas vindicatifs, ils nous disent +Amusez vous là-haut, de toute façon, vous ne ferez rien pour nous+".

 
41 commentaires - Dans le nord de la France, lassitude, colère et risque d'abstention
  • sansdentmaishonnete  (privé) -

    j'imagine qu'on n'aurait pas nié mes propos , si j'avais dit de voter pour macron !! la lassitude , la colère... si vous trouvez que rien ne change depuis des décennies , il faut voter FN .. ce parti n'a jamais eu la chance de faire ses preuves , l'UMPS a toujours agité les peurs , même pour les mairies , ils racontaient que si le FN détenait des mairies , ce serait la mort , la cata dans les communes : avez-vous entendu des gens se plaindre à Hénin-Beaumont par exemple ?non , le maire a évité le pire , avec l'ancien maire PS Dalongeville , qui avait fait des millions d'euros de magouilles financières , et amené sa commune au bord de la faillite !Ne laissez plus l'UMPS vous faire peur , vous n'êtes plus des enfants ...mais des adultes responsables...NON?prenez-vous en mains et décidez vous-mêmes et non parce qu'on vous l'impose !

  • Une région née "à gauche" qui a eu le tort de croire trop longtemps que le salut viendrait seulement de la gauche. Qu'y faire ? Ils se sont tous contaminés les uns les autres.

  • Nous ne pouvons comprendre que les habitants du nord , expriment " la colère , la lassitude et un risque d'abstention " ! Pourtant , ils avaient le choix de s'exprimer lors des régionales et bien évidemment , ils se sont laissé influencer par les médias et ceux qui veulent continuellement faire barrage à Marine ! Le résultat est là , apparemment l'élu ne leurs convient pas , quant à Macron , qui les a dénigré ouvertement , comme bien d'autres personnes des classes populaires , ils n'en veulent pas non plus ! Ils se sentent quelque peu abandonné de tous , en disant : " Personne ne nous représente " , " ils ne pensent qu'à leur carrière ", " ça ne changera rien " : les électeurs désenchantés de Roubaix, l'une des villes les plus pauvres de France où l'abstention bat souvent des records, s'apprêtent à bouder les urnes lors de la prochaine présidentielle ! Ils disent : " On a des difficultés à trouver un emploi , à trouver un logement et aucun candidat ne propose des solutions. Avant de nous parler de baisses d'impôts, il faut déjà en payer des impôts , avant de savoir à quel âge on va prendre sa retraite , il faut déjà avoir un emploi " ! Nous leurs disons que Marine n'est nullement rancunière et qu'ils peuvent compter continuellement sur elle , d'ailleurs nous vous disons qu'elle a un programme lucide et très fiable et n'a absolument jamais dénigré les classes populaires ! Elle vous avait promis des créations d'emplois , mais puisque vous avez préférez Bertrand , il est tout à fait logique qu'elle se soit retirée en disant : " je suis ailleurs ..." ! Il faut comprendre qu'elle ne pouvait pas servir de sbire à Bertrand qui à été éjecté de la présidentielle de l'UMP par l'ami Copé !

  • et un contrôle fiscal pour cette famille si désinteressée?

  • N'ouvrez plus votre porte, ils resteront dehors, mais pas question qu'il reviennent au PS

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