Creuse : des salariés "piègent" leur usine menacée de liquidation

Creuse : des salariés

Des salariés de GM&S pendant une manifesation à Paris, le 19 avril 2017. (photo d'archives)

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Orange avec AFP, publié le vendredi 12 mai 2017 à 13h50

A bout, ils ont commencé à détruire du matériel pour protester contre la fermeture programmée du site.

Bonbonnes de gaz et bidons d'essence. Des salariés de l'équipementier automobile GMandS Industry à La Souterraine (Creuse) ont piégé, jeudi 11 mai, leur usine et commencé à détruire du matériel. Ils protestent contre l'éventuelle liquidation  du site et dénoncent l'attitude des constructeurs français qu'ils accusent de bloquer les négociations de reprise.

Les salariés ont détruit jeudi matin une presse, qu'ils ont découpée en deux au chalumeau, et vont écraser une autre machine-outil dans l'après-midi, a déclaré à une correspondante de l'AFP le délégué CGT de GM&S, Vincent Labrousse. Selon le représentant syndical, l'usine de La Souterraine a aussi été "piégée" à l'aide de bonbonnes de gaz et de bidons d'essence.

"L'USINE NE SERA PAS RENDUE INTACTE"

"Nous refusons d'être baladés une minute de plus (...) Cela fait six mois que l'on se bat, et nous sommes désolés d'en arriver là, mais aujourd'hui la menace, c'est celle d'une liquidation pure et simple. Si tel devait être le cas, l'usine ne sera pas rendue intacte!", a-t-il dit.

Il s'agit pour les 279 salariés du site, second employeur privé du département placé en redressement judiciaire depuis décembre dernier, de faire pression sur PSA et Renault, leurs principaux clients, pour qu'ils s'engagent à maintenir un volume de commandes suffisant.

Sous la houlette du gouvernement, la direction de crise négociait depuis plusieurs semaines avec les constructeurs automobiles pour obtenir un engagement ferme sur ces commandes, dont l'ampleur permettrait de définir les conditions de reprise par GMD (premier sous-traitant français de l'emboutissage) qui, à plusieurs occasions, a montré son intérêt pour le site industriel creusois. Mais l'intersyndicale (CGT-FO) de GM&S a annoncé mercredi "l'échec des négociations" de l'usine, dont la liquidation risque d'être prononcée le 23 mai par le tribunal de commerce de Poitiers.

UN SITE "PARFAITEMENT VIABLE"

Les représentants des salariés réclament à présent une rencontre avec PSA, Renault et le président Emmanuel Macron, "qu'on nous considère comme des  interlocuteurs sérieux." Renaud Le Youdec, négociateur de crise et gestionnaire de transition mis en place par le mandataire judiciaire, a appelé ces constructeurs à "prendre leurs responsabilités" pour assurer la pérennité du site, parfaitement viable selon lui. 

"Je rappelle que depuis mon arrivée, les syndicats et salariés ont fait preuve de leur bonne foi: ils ont renoncé à bloquer le site, ils ont accepté le principe d'un plan de licenciement, ils ont même accepté de dépanner de manière urgente Renault sur des pièces défectueuses sous-traitées ailleurs, preuve de leur bonne foi", a-t-il souligné.

 
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