Crèmes solaires pour enfants : l'UFC-Que choisir pointe des "carences graves"

Crèmes solaires pour enfants : l'UFC-Que choisir pointe des "carences graves"

L'association pointe la fausse sécurité sur les UVA de près d'un tiers des crèmes, sprays et laits solaires pour enfants testés (photo d'illustration).

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Orange avec AFP, publié le mardi 05 juillet 2016 à 13h58

- Clarins, Bioderma, Biosolis, Alga Maris et Lovéa... UFC-Que Choisir va porter plainte contre ces 5 fabricants de crèmes solaires pour enfants.

L'association de consommateurs pointe "de graves carences" en termes de protection aux UV, après avoir testés 17 produits en laboratoire. -

Alors que les vacances estivales débutent, l'UFC-Que choisir publie ce mardi un rapport particulièrement inquiétant sur les crèmes, sprays et laits solaires pour enfants. "Au vu de la très faible protection aux UVA (rayons ultra-violets pouvant pénétrer les couches profondes de la peau, NDLR) constatée sur près d'un tiers des produits testés", l'association "dépose plainte pour pratique commerciale trompeuse et tromperie". Les marques Clarins, Bioderma, Biosolis, Alga Maris et Lovéa sont visées pour leurs produits solaires aux indices élevés (50 et 50+).

DES ÉTIQUETAGES "FAUSSEMENT RASSURANTS"

"Alors que leurs emballages débordent de mentions rassurantes", les produits incriminés "n'offrent pas la protection minimale contre les UVA requise par les experts français et les autorités européennes", affirme l'UFC-Que Choisir. L'association demande aux fabricants de retirer "sans délai" leurs produits des rayons, menaçant à défaut de saisir la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).

"Bien qu'ils n'occasionnent pas de traces visibles (coup de soleil), les UVA sont tout aussi responsables des cancers de la peau", explique l'association. "Les consommateurs ne peuvent pas non plus se fier aux produits de grande marque : en effet le 'lait solaire spécial enfant' de Clarins est le plus mal noté de notre test et écope, au côté du spray solaire 'Photoderm kid' de Bioderma, de la recommandation peu enviable 'Ne pas acheter'".

LES CRÈMES "BIO" PAS PLUS EFFICACES

Selon UFC-Que Choisir, les crèmes solaires "bio" ne tiennent pas leurs promesses non plus : "Alors que les produits biologiques mettent en avant leur composition à base d'ingrédients naturels, force est de constater que les filtres anti UV à base de minéraux qu'ils utilisent sont inefficaces pour arrêter correctement les UVA", écrit l'association. "Sur les 5 produits testés, deux offrent une protection à peine correcte et 3 une protection très insuffisante ! Autre argument du 'bio' battu en brèche : l'absence d'impact sur l'environnement. Alors que l'on connait depuis longtemps la toxicité sur la flore marine des filtres solaires utilisés dans les crèmes solaires conventionnelles, certaines études montrent un impact tout aussi néfaste des filtres utilisés dans le bio".


UNE ÉTUDE FIABLE ?

"Je suis sûre que les produits mis sur le marché sont conformes à la réglementation", a répondu à l'AFP Anne Dux, directrice des affaires scientifiques et réglementaires à la Febea, le syndicat professionnel du secteur cosmétique en France. Selon elle, les tests d'UFC-Que Choisir sur les UVA ne sont pas forcément fiables car ils se sont basés sur des méthodes in vitro, "qui ne fonctionnent pas toujours très bien" par rapport aux tests in vivo.

Ensuite l'association a "fait une petite erreur de méthodologie", selon la représentante des fabricants. Car si les produits solaires en Europe doivent contenir un niveau de protection aux UVB trois fois plus important que pour les UVA, la réglementation européenne considère qu'un facteur de protection solaire 50+ correspond à une protection UVB de 60, impliquant un UVA de 20, et pas nécessairement au-delà, a-t-elle expliqué.

Cette plainte de UFC-Que Choisir, "c'est complètement aberrant", a lui réagi Cédric Mourlon, le PDG et fondateur du laboratoire belge Biosolis, interrogé par l'AFP. Ils "parlent de choses qu'ils ne connaissent pas (...), mes produits sont conformes, ils ont une mauvaise interprétation".

En février, l'ONG WECF avait dénoncé la présence de substances chimiques potentiellement dangereuses ou allergènes dans les produits vendus en France pour enfants. Des nanoparticules avaient notamment été retrouvées dans 14 produits solaires.
 
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