Crash de l'avion de Total: deux accusés russes dispensés de peine

Crash de l'avion de Total: deux accusés russes dispensés de peine

Les deux principaux accusés dans le crash de l'avion du PDG de Total, Christophe de Margerie dans un tribunal à Moscou, le 7 juillet 2017

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AFP, publié le vendredi 07 juillet 2017 à 20h55

La justice russe a dispensé de peine vendredi les deux principaux accusés dans l'affaire du crash mortel au décollage de l'avion du PDG de Total, Christophe de Margerie, qui avait provoqué une onde de choc en France.

Le conducteur du chasse-neige à l'origine du crash et l'ingénieur responsable du contrôle des vols ont été reconnus coupables par un tribunal de Moscou dans cette affaire et condamnés respectivement à quatre ans et trois ans et demi de camp, des peines qu'ils ne purgeront pas en vertu de l'amnistie décrétée en 2015 par les autorités russes en l'honneur des 70 ans de la victoire sur l'Allemagne nazie.

Le parquet avait requis 4 ans et 7 mois de camp à l'encontre des deux hommes.

Le 20 octobre 2014, le numéro un de Total avait trouvé la mort lorsque son avion Falcon était entré en collision avec un chasse-neige à l'aéroport Vnoukovo de Moscou avant de s'écraser. Les deux pilotes et une hôtesse de l'air avaient également péri.

Cinq employés de l'aéroport - le conducteur du chasse-neige, Vladimir Martynenko, les contrôleurs aériens, Alexandre Krouglov et Nadejda Arkhipova, l'ingénieur Vladimir Ledenev et le responsable du contrôle des vols, Roman Dounaïev, - étaient jugés depuis près d'un an par le tribunal de Solntsevo, dans le sud de la capitale.

Une procédure spéciale accélérée avait été mise en place pour Vladimir Martynenko et Vladimir Ledenev, qui ont plaidé coupable.

Principal accusé dans ce procès, Vladimir Martynenko avait 0,6 gramme d'alcool par litre de sang au moment de l'accident, d'après le Comité d'enquête russe. Vladimir Ledenev est pour sa part accusé de ne pas s'être assuré que la piste de décollage et d'atterrissage était dégagée.

"Je suis coupable, je reconnais ma faute à 100% et je regrette ce que j'ai fait. Je demande pardon à tous ceux qui ont souffert", a-t-il déclaré devant le juge vendredi.

Les trois autres accusés sont soupçonnés de ne pas avoir réagi lorsque le chasse-neige était sur la piste et de ne pas avoir respecté les normes de sécurité. Leur cas a été renvoyé au Parquet pour être réexaminé.

 - 'Négligence criminelle' -

"Il ne s'agit pas d'un tragique concours de circonstances, mais d'une négligence criminelle des fonctionnaires", avait déclaré le Comité d'enquête dès le lendemain du drame.

Le Comité intergouvernemental de l'aviation (MAK), qui enquête sur tous les accidents aériens en Russie, avait estimé dans un rapport rendu public en octobre 2016 que le crash résultait notamment de plusieurs manquements aux règles de sécurité et d'un personnel "insuffisamment formé".

A partir des enregistrements audios issus d'une des boîtes noires de l'avion et des vidéos des caméras de surveillance de l'aéroport, l'enquête russe a permis d'établir que les pilotes avaient bien vu le chasse-neige sur la piste avant qu'il ne disparaisse de leur champ de vision.

Ayant poursuivi la procédure de décollage, ceux-ci n'ont aperçu de nouveau le chasse-neige, revenu sur la piste, que trois secondes avant l'impact.

L'avion du PDG de Total, en cours de décollage, avait alors basculé sur le côté droit avant de s'écraser, ce qui avait provoqué la mort de toutes les personnes à bord.

Le conducteur du chasse-neige a expliqué vendredi devant le juge s'être alors égaré, de nuit et par mauvais temps, jusqu'à la piste de décollage et ne pas s'être rendu compte de l'endroit où il se trouvait faute de visibilité. L'ingénieur Ledenev a affirmé pour sa part qu'il n'était pas à ce moment à son poste car il s'occupait d'un engin en panne.

La mort de Christophe de Margerie, considéré comme un "vrai ami" de la Russie par le président Vladimir Poutine, avait provoqué une onde de choc en France, mais aussi parmi les Russes, en pleine crise diplomatique entre Moscou et les pays occidentaux.

La Russie est un pays clé pour Total, qui y est présent depuis 1991 et ambitionne d'en faire sa première source de production d'hydrocarbures d'ici à 2020.

vvl-tbm-pop/jh/jpr

 
13 commentaires - Crash de l'avion de Total: deux accusés russes dispensés de peine
  • comme quoi il vaut mieux provoquer un accident mortel en Russie qu'être homo ...

  • La Russie a baptisé "Christophe de Margerie" son dernier plus grand brise-glace transporteur de GNL.
    Le navire a été lancé le mois dernier en présence de Vladimir Poutine.
    C'est un témoignage de reconnaissance à la considération dont bénéficiait le défunt PDG de Total en Russie.
    Hommage posthume qui restera et compensera sans l'effacer la douleur des proches et peut-être l'amertume devant l'amnistie accordée aux coupables de ce triste accident.
    Mais n'oublions pas non plus qu'il y a 70 ans, c'est la Russie qui a payé le plus lourd tribut à la libération de l'Europe contre le nazisme.

    Et le fait que les coupables soient ,par un tour de passe-passe appelé amnistie , libres ne vous titille pas un peu l'esprit ?
    Quand à la libération de l'Europe ,les purges staliniennes ont fait beaucoup plus de morts que ceux tombés au combat.

  • Ce serait plutôt la CIA sous Obama qui serait concernée ...

  • quatre ans et trois ans et demi de camp, des peines qu'ils ne purgeront pas en vertu de l'amnistie décrétée en 2015 par les autorités russes en l'honneur des 70 ans de la victoire sur l'Allemagne nazie..
    Faut connaître la justice Russe, pour comprendre un jugement pareil.

  • Même les "vrais amis" disparaissent tragiquement ! Si j'étais PDG de Laffarge, je me méfierais !

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