Couple tué à Magnanville : "J'ai vu le terroriste droit dans les yeux"

Couple tué à Magnanville : "J'ai vu le terroriste droit dans les yeux"

Des policiers le 14 juin à Magnanville (Yvelines) devant la résidence de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider.

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Orange avec AFP, publié le lundi 20 juin 2016 à 13h49

- Dans une interview accordée à BFM-TV, un homme explique avoir tenté de sauver le policier Jean-Baptiste Salvaing, en lui prodiguant les premiers soins le 13 juin à Magnanville (Yvelines). "Je représente l'État islamique, vous avez attaqué chez nous.

On va attaquer chez vous", lui a affirmé le tueur, abattu dans l'assaut des policiers d'élite du Raid. -

"Ce lundi soir, je m'entraînais dans le complexe sportif de Magnanville", explique Zacharia dans une vidéo diffusée ce lundi 20 juin par BFMTV. "Une femme nous a interpellés en disant qu'un homme s'était fait sauvagement poignardé. Le portail était fermé, donc il a fallu qu'on escalade ce portail de 3 mètres. On a escaladé le mur et finalement le policier était allongé dans la rue. On a apporté les premiers secours, on a essayé de faire un massage cardiaque, des points de compression, il avait le pouls très faible", explique-t-il.

"JE L'AI VU DROIT DANS LES YEUX"

Lundi 13 juin vers 21h, un commandant de police de 42 ans, en civil, a été tué à coups de couteau devant chez lui. Son meurtrier s'est ensuite retranché au domicile de sa victime dans un quartier pavillonnaire de Magnanville, avant d'être abattu lors d'un assaut du Raid. Dans la maison, les policiers ont découvert le corps de la compagne du policier, âgée de 36 ans et également salariée du ministère de l'Intérieur, avec "une plaie au cou". Ils ont également retrouvé le fils du couple, âgé de trois ans, "choqué" mais indemne.

Zacharia s'est alors retrouvé en face du terroriste présumé : "On a vu le Velux s'ouvrir, le Velux de la maison qui était en face de nous. Et c'est là que le terroriste nous a dit : 'Je représente l'État islamique, vous avez attaqué chez nous. On va attaquer chez vous. J'ai un otage, je suis armé". "J'ai pris peur, mais on a continué le massage cardiaque. J'ai regardé s'il n'avait pas une arme, un pistolet ou une kalachnikov à la main. Il avait juste une lacrymo et une matraque", explique Zacharia à la chaîne d'information. "Je l'ai vu droit dans les yeux. Quand il s'est exprimé, il pensait qu'il y avait déjà les autorités. Et finalement, on était que tous les trois (...) Il a fermé le Velux, on a continué à faire les premiers gestes de secours".

Le meurtrier était un homme de 25 ans du nom de Larossi Abballa, condamné en 2013 pour participation à une filière jihadiste entre la France et le Pakistan. Son nom était également apparu récemment dans une enquête sur une filière jihadiste syrienne. Il a affirmé aux policiers avoir "prêté allégeance" au chef du groupe jihadiste État islamique plusieurs semaines avant son acte. Il a également assuré connaître la qualité de policier de sa première victime. Il avait été placé sur écoute, mais les interceptions téléphoniques "n'avaient pas permis à ce jour de déceler le moindre élément de préparation et un passage à l'acte violent", a expliqué la semaine dernière le procureur de la République, François Molins.

"CE N'EST PAS LA RELIGION QUE M'ONT APPRIS MES PARENTS"

"La police et les pompiers sont arrivés et ils ont pris le relais", poursuit Zacharia. "Ils ont rapidement enlevé le corps, on les a aidés à le retirer parce qu'on était vraiment en ligne de mire du terroriste, pour qu'ils puissent, en toute sécurité, poursuivre le massage cardiaque". Il explique ne pas comprendre comment des personnes puissent se revendiquer de sa religion et commettre de tel attentat : "je suis musulman pratiquant, je fais le ramadan. Et eux, ce n'est pas la religion que m'ont appris mes parents. Peut-être qu'ils pensent qu'ils sont musulmans, il interprètent ça, une religion à leur façon. Mais moi, la religion que je pratique ce n'est pas du tout celle-là".

De nombreuses questions se posent une semaine après l'attentat : si Larossi Abballa a visé un policier, répondant aux consignes du groupe État islamique, comment a-t-il repéré sa cible et connaissait-il le policier personnellement, en raison de précédentes affaires ? A-t-il bénéficié de complicités ? Les enquêteurs espèrent notamment faire parler le matériel informatique et téléphonique saisi chez les trois gardés à vue et au domicile de Larossi Abballa. Deux proches de Larossi Abballa, ont été inculpés samedi soir et écroués. En garde à vue depuis mardi matin, Saad Rajraji et Charaf-Din Aberouz, 27 et 29 ans, sont connus de l'antiterrorisme français. Ils avaient été condamnés avec Abballa en septembre 2013 lors du procès d'une filière d'envoi de jihadistes au Pakistan.
 
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