Corse: Sisco ne reconduit pas son arrêté "anti-burkini"

Corse: Sisco ne reconduit pas son arrêté

Des centaines de personnes rassemblées devant le tribunal de Bastia le 15 septembre 2016 en soutien à deux habitants de Sisco jugés pour leur implication dans une rixe près d'une plage

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AFP, publié le jeudi 06 juillet 2017 à 21h54

L'arrêté "anti-burkini" adopté le 16 août 2016 à Sisco (Haute-Corse), quelques jours après une violente altercation sur une plage de cette localité du Cap Corse, ne sera pas reconduit, a-t-on appris jeudi auprès du maire du village.

"Le conseil municipal a décidé à l'unanimité jeudi soir de ne pas reconduire l'arrêté dans un esprit d'apaisement et de +réconciliation+. Mais nous avons décidé de rester vigilants et réactifs. Nous avons peur d'une provocation, quelle qu'elle soit, les réactions seraient vives", a déclaré à l'AFP le maire de Sisco, Ange-Pierre Vivoni.

"Nous avons préparé un arrêté, s'il se passe quelque chose il sera pris immédiatement, je n'aurai qu'à le signer sans avoir besoin de réunir le conseil municipal. Nous ne voulons pas revivre ce qui s'est passé l'été dernier", a ajouté M. Vivoni.

L'arrêté pris l'an dernier, dont la validité courait du 16 au 30 août 2016, avait été entériné une première fois par le tribunal administratif de Bastia en janvier. Contesté en appel par la Ligue des Droits de l'Homme, il avait de nouveau été validé lundi par la cour administrative d'appel de Marseille.

Il avait été adopté trois jours à peine après une violente altercation sur une plage du village, qui avait éclaté entre les membres d'une famille d'origine marocaine et des villageois. Quelques mois après l'agression de pompiers dans un quartier populaire d'Ajaccio le soir de Noël 2015, qui avait été suivie d'une manifestation émaillée de slogans racistes et du saccage d'une salle de prière musulmane, la rixe avait ravivé les tensions en Corse. Burkini, insultes racistes, femme seins nus malmenée sur la plage...: le flou initial à propos des circonstances des échauffourées avait contribué à l'émoi suscité par l'altercation.

Fin juin, deux mois de prison avec sursis ont été requis devant le tribunal correctionnel de Bastia contre Houcine Benhaddou, le 4e frère de la famille marocaine impliquée dans la rixe.

Lors du premier procès en septembre 2016, Mustapha Benhaddou, 33 ans, déjà condamné à plusieurs reprises et présenté à l'audience comme l'instigateur principal de la rixe, avait écopé de deux ans de prison ferme. Il a fait appel de sa condamnation. Deux de ses frères, Abdelillah, 38 ans, et Jamal, 29 ans, ont été condamnés à 6 mois d'emprisonnement avec sursis.

Deux villageois, le boulanger Lucien Straboni, 50 ans, déjà condamné dans une affaire d'extorsion, et un employé municipal de 22 ans, Pierre Baldi, ont été condamnés à un an et huit mois avec sursis. 

 
17 commentaires - Corse: Sisco ne reconduit pas son arrêté "anti-burkini"
  • akronous  (privé) -

    Bien après le bikini, mais juste avant la burqa ou le burnous, le burkini a trouvé sa place dans le vestiaire du Petit Robert de la langue française. Que Larousse me pardonne, mais je le laisse de côté parce qu'il sème à tout vent n'importe quoi et qu'il jouit d'une notoriété surfaite auprès des profanes.
    Très en vogue, ayant comme on dit le vent en poupe, le burkini tenue vestimentaire  d'une élégance discrète et délicate trouve son plein emploi autant sur le sable chaud et les galets bouillants de la plage que dans les vaguelettes alanguies ou les rouleaux déchaînés de la mer ou de l'océan .
    Cet ersatz de maillot de bain qui est appelé à connaître un succès d'enfer au pays des droits de l'homme comblera d'aise la gent musulmane qui n'entend point offrir au regard étranger ce qu'elle réserve exclusivement à Dieu et à l'époux légitime.
    Cette enveloppe en tissu synthétique - seule concession faite au progrès technique – permet à la musulmane d'être une femme d'hier et d'aujourd'hui, une femme de la tradition et de la modernité.

  • jusqu'a la prochaine altercation et la ca risque de chier grave

  • Les pressions ont dû être fortes.
    Cette reculade est indigne.

  • Dommage ! On a appris par ailleurs que, sur les plages marocaines, des panneaux interdisent la baignade dans cette tenue. Imaginez les mêmes panneaux sur les plages françaises et le tollé des assoss bien-pensantes !

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