Compte pénibilité : le nouveau dispositif suscite la colère des syndicats

Compte pénibilité : le nouveau dispositif suscite la colère des syndicats

Laurent Berger (CFDT), Jean-Claude Mailly (FO) et Philippe Martinez (CGT) en septembre 2015 à Paris.

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Orange avec AFP, publié le lundi 10 juillet 2017 à 21h40

CFDT, FO, CGT, Unsa, Solidaires... Une grande majorité des syndicats a vertement critiqué lundi la nouvelle mouture réformant le compte pénibilité.

Selon eux, ce dispositif conduira à "déresponsabiliser" les entreprises en allant à l'encontre de la prévention.

Entré en vigueur par étapes depuis 2015 (sous le quinquennat Hollande), le compte pénibilité permet aux salariés du privé occupant un poste pénible de cumuler des points afin de partir plus tôt à la retraite, se former ou travailler à temps partiel sans perte de salaire. En 2016, quelque 797.000 personnes en ont bénéficié.

Samedi, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé que le dispositif sera maintenu tel quel pour six critères (travail de nuit, répétitif, horaires alternants, milieu hyperbare, bruit et températures extrêmes). En revanche, pour quatre autres critères, les plus décriés par le patronat, les règles sont modifiées : manutention de charges lourdes, postures pénibles, vibrations mécaniques et risques chimiques. Les employés exposés à ces quatre risques pourront encore bénéficier d'un départ anticipé à la retraite, mais seulement quand "une maladie professionnelle a été reconnue" et quand "le taux d'incapacité permanente excède 10%".


"UNE INJUSTICE PROFONDE, CHOQUANTE"

Pour la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, cette décision "libère" les PME d'une "usine à gaz", reprenant une expression du Medef, au grand dam de la CFDT et de la CGT, très critiques. Pour la première, ce changement "est un droit à continuer d'abîmer la santé des salariés ayant les métiers les plus pénibles". En outre, la révision du financement envisagée par le gouvernement va se traduire par un "désengagement financier des entreprises".


De son côté, la CGT a dénoncé un projet qui "déresponsabilise le patronat sur le fléau des maladies professionnelles" et "fait disparaître toute incitation financière à la prévention". L'Unsa craint elle qu'avec la suppression des deux cotisations patronales dédiées, la pérennité du compte pénibilité soit "menacée". FO regrette que la nouvelle mouture ne mette "pas assez l'accent sur la prévention", tout comme l'Unsa, qui estime qu'en choisissant "de fragiliser le fondement d'un dispositif et sa pérennité, le gouvernement fait preuve d'une injustice profonde, choquante aux plans social et moral".

En réduisant la liste des facteurs de pénibilité, le gouvernement "exclut de très nombreux travailleurs et travailleuses de la possibilité de partir en retraite plus tôt alors qu'ils vont avoir une espérance de vie en bonne santé largement diminuée", écrit Solidaires dans un communiqué. Le gouvernement "change aussi les objectifs du compte pénibilité qui vient normalement prévenir et indemniser la différence d'espérance de vie en raison de l'exposition à des conditions de travail pénibles", a réagi de son côté l'association regroupant les victimes du travail (Fnath). "L'exposition à des produits chimiques peut entraîner une diminution de l'espérance de vie, sans pour autant entraîner la reconnaissance d'une maladie professionnelle avant l'âge de la retraite", cite en exemple l'association.

Le changement de nom du "compte personnel de prévention de la pénibilité (C3P)", qui va devenir le "compte personnel de prévention" est également raillé. Pour l'Unsa, le futur dispositif est "improprement baptisé" puisqu'il "rompt avec le principe de prévention de la pénibilité du C3P".

À l'inverse, la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, a estimé lundi "positif" que le gouvernement reconnaisse "l'inapplicabilité du dispositif en l'état". Samedi et dimanche, le Medef, la CPME et l'U2P, qui n'ont eu de cesse de critiquer le C3P comme une "usine à gaz", ont salué la nouvelle mouture pour son "pragmatisme". Ce nouveau dispositif avait été salué pour son "pragmatisme" dès samedi par le Medef et la CPME, qui n'avaient eu de cesse de fustiger l'ancien système, assurant que son application était une "usine à gaz".
 
13 commentaires - Compte pénibilité : le nouveau dispositif suscite la colère des syndicats
  • s il faut faire des eforts il serait logique que le president de la republique n est plu la paye à vie; et aussi pour les retraites des politiques 1500 euros pour 5 ans travaillés

  • Minable, des syndicats politisés sans tripes, ce gouvernement va vous berner, vous enfumer, et ce n'est que le début !

  • Les syndicats ont voulu Macron, non? alors, il est grand temps qu'ils se réveillent, et qu'ils défendent le Code du Travail!!!

  • certains syndicats ne défendent plus les ouviers et surout les retraites, ne défendent meme pas des acquis sociaux que nous avons payes. Voyez le resultat: impots pour avoir eleve trois enfants, blocage des retraites etc....tout ca depuis l application des 35 heures et la retraite a 60 ans voila le manque a gagner des cotisations depuis trente ans

  • vous avez une petite nausee? ca va passe! vous avez mal quand j appui? vous exagere! vous souffrez en silence ? c est bon pour le moral des troupes !apres 30 ans de marteau piqueur vous etes fatigue? allons !moi apres 50 ans de clavier je pete la formefitness,,vous pouvez bien en faire 40! vous avez glisse dans quoi? une crotte de chien? mais non c est juste de la compassion patronal...!

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