Comment Bernard Debré s'est procuré à l'Assemblée de la drogue achetée sur le "darknet"

Comment Bernard Debré s'est procuré à l'Assemblée de la drogue achetée sur le "darknet"

Bernard Debré le 17 décembre 2013 à Paris. Le médecin et député LR a testé l'achat de drogues en ligne pour "Valeurs actuelles".

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Orange avec AFP, publié le mardi 28 juin 2016 à 15h30

- Dans le cadre d'une enquête de Valeurs actuelles, l'élu et médecin affirme avoir acheté des produits illicites sur internet, ce qui serait à la portée de tous. "Stupéfait" par cette découverte, il réclame la création d'une mission parlementaire.

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De la cocaïne, des champignons hallucinogènes et du cannabis. C'est ce que Bernard Debré, médecin et député Les Républicains (LR) de Paris, affirme avoir pu commander sans difficultés sur le "darknet" (l'internet "caché"). L'élu s'est prêté à cette expérience dans le cadre d'une enquête réalisée par l'hebdomadaire de droite Valeurs actuelles et dévoilée mardi 28 juin. Sur LCI, il explique comment il s'est procuré la drogue dans ce "supermarché de tout", via le logiciel "Tor", qui permet de rester anonyme sur internet. "Vous avez des kalachnikov, du TNT, des faux billets, des organes à greffer", liste Bernard Debré, qui évoque "30 à 36.000 sites" vendant de la cocaïne. Le député LR a donc commandé, en utilisant des "bitcoins" (monnaie virtuelle) "1 gramme de cocaïne, pour environ 80 euros". Après analyse, il s'avère que la drogue commandée est "quasiment pure", pas coupée, et donc très dangereuse. "Pour utiliser la cocaïne, il faut la couper par quatre ou par dix", précise le député.



La cocaïne, ainsi que de la marijuana et des champignons hallucinogènes, lui ont été livrés à l'Assemblée nationale, et "viennent de France, avec des timbres français", souligne-t-il. Bernard Debré précise avoir utilisé un faux nom pour se faire livrer la drogue, afin de ne pas éveiller les soupçons des fournisseurs.



Dans Valeurs actuelles, le député se dit "stupéfait par les résultats" de cette enquête. "Que l'on puisse, en quelques jours, se voir livrer chez soi des stupéfiants interdits à la vente et à la consommation, et pour certains d'une extrême dangerosité, doit entraîner une véritable prise de conscience au niveau national, mais aussi le déclenchement d'une lutte sans merci du gouvernement contre ce phénomène menaçant", souligne-t-il. Il réclame donc la création d'une mission d'information parlementaire pour "dresser un état exact de la situation et dégager des propositions fortes".



Selon lui, "le gouvernement doit s'engager dans trois directions, et vite : imposer aux pays abritant des sites légaux de vente de drogue, en particulier les Pays-Bas, de proscrire tout commerce avec la France ; renforcer les contrôles douaniers sur les envois postaux issus de ces pays ; enfin, déclarer la guerre aux dangers du 'darknet', qui outre de la drogue permet aussi, notamment, de se procurer des armes et des explosifs. Le fait de se rendre sur ces sites, même sans commander, devrait tomber sous le coup de la loi, comme cela existe déjà pour les sites pédophiles", estime Bernard Debré dans cet entretien à l'hebdomadaire.

Bernard Debré se dit enfin "favorable à l'interdiction en France des bitcoins", car "sans bitcoins, pas de commande possible sur le darknet !" Et de rappeler que cette monnaie virtuelle est déjà interdite en Russie et en Thaïlande notamment.
 
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