Chez TIM, près de Dunkerque, les salariés "oubliés"

Chez TIM, près de Dunkerque, les salariés

Des employés de TIM devant leur usine, le 20 juillet 2017, près de Dunkerque.

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AFP, publié le vendredi 21 juillet 2017 à 08h58

"On a l'impression d'être des laissés pour compte!": les salariés de l'entreprise TIM, à Quaëdrype (Nord), qui risque d'être placée en liquidation judiciaire mercredi, se sentent abandonnés alors que près de 500 emplois directs sont en jeu.

Devant ce site de 20.000 m2, d'où l'on aperçoit au loin le beffroi de Bergues popularisé par le film "Bienvenu chez les ch'tis", quelques pneus à moitié brûlés portent les stigmates de la grève qui avait duré deux semaines fin juin. 

Des drapeaux allemands - le pays de la maison-mère - français et de l'Union européenne flottent, élimés, devant l'entrée de cette société fabriquant des cabines d'engins pour le BTP, considérée encore il y a peu comme un des fleurons industriels des Flandres.

"Whirlpool ou GM& S c'est 200 salariés. Nous, nous représentons 500 emplois directs (470 précisément, ndlr) et 500 indirects et personne ne nous regarde, à part quelques médias locaux", peste Frédéric Vanstraceele, responsable Force ouvrière, du département qualité. 

"Il y a une entreprise qui a beaucoup moins de salariés et on en parle beaucoup plus que nous", abonde Olivier Crespin de la CGT, en allusion au conflit social à GM&S. "Ils se font montrer avec des bouteilles de gaz, ou en voulant faire exploser le site. Nous on ne l'a pas fait, on n'est pas des voyous. On a l'impression d'être oubliés", poursuit-il, dans le modeste local syndical, à l'écart des grands bâtiments où des lasers découpent habituellement les pièces pour cabines d'engin, essentiellement pour Caterpillar. 

Mercredi, le tribunal de commerce de Lille métropole a renvoyé la décision au 26 juillet concernant deux offres de reprise de Fritzmeier (déjà propriétaire de l'usine) et de Fil Filipov, industriel bulgare, propriétaire de la société allemande de machines BTP Atlas. En cas de liquidation, il s'agirait du plus grand nombre d'emplois supprimés en France récemment. 

- 'Descente aux enfers' -

"L'offre de Fritzmeier est caduque, car TIM a assigné Caterpillar en justice à hauteur de 30 millions d'euros. Filipov, qui avait l'accord écrit d'une subvention de l'Etat et la région, a été débouté à nouveau car son business-plan ne tenait pas la route", résume Olivier Lamote, responsable syndical CFDT. 

L'espoir est donc mince chez les salariés, alors que les chaînes tournaient au ralenti en cette fin de semaine. 

"Ca va être la plus grosse casse sociale en France, sans oublier les 123 camarades touchés par le Plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) de 2016", relève M. Lamote. D'autant que d'autres entreprises du Dunkerquois, notamment dans la métallurgie, sont à la peine. 

Les syndicalistes situent la dégringolade de l'entreprise au début des années 2010, avec un chiffre d'affaires passé de 172 millions d'euros en 2012 à moins de 50 millions lors du dernier exercice, selon Christophe Fournier, délégué Force ouvrière.

Parmi les explications avancées de cette "descente en enfer": la crise mondiale dans le BTP, la concurrence des pays de l'Est ou le manque d'investissements réalisés sur le site. Caterpillar pointe aussi de son côté des "défaillances en matière de qualité".

Dans le hall d'entrée de cette usine fondée en 1948 et reprise par Fritzmeier en 1991, des photos de moissonneuses batteuses ou de pelleteuses, certaines datant de 1955, illustrent la splendeur passée, ainsi que des "diplômes" de Caterpillar portant la mention "Quality Certified Caterpillar supplier". 

"On a peur de ne pas passer l'été. Il y a l'audience de mercredi et une trésorerie qui ne permet pas d'aller au-delà du 30 juillet", prévient M. Fournier. 

mas/rl/cb/pre

 
10 commentaires - Chez TIM, près de Dunkerque, les salariés "oubliés"
  • Le Nord a élu des dirigeants FN ! pourquoi ne pas leur demander de l'aide ! Ces gens sont très embêtés ! ùais , ce sont les aléas de la vie !!

  • D'autres entreprises sont également soit menacées, soit en grève, pour protester contre des conditions de travail (exemple d'une maison de retraite dont personne ne parle). A n'en pas douter, la rédaction du Forum ORANGE va faire un point national de tous les sites qui vont encore et toujours générer des chômeurs pour le Pays, et des profits pour les fonds de pensions, et les malins qui spéculent et vendent à l'encan, après avoir parfois touché des aides publiques.

  • Peut être que c'est encore un exemple de société française rachetée par un groupe (ou une société étrangère ) qui après avoir pris la liste des clients, des brevets (s'il y en a) et la "savoir faire" delocalise la production sur un autre site, dans un autre pays où les contraintes en matière d'impôts et de droit du travail sont moins contraignantes. Avec à la cléf un conçurent de moins sur le marché.
    Nos politiques et les syndicats peuvent s'agiter, cette situation perdurera si les lois régissant les entreprises ne sont pas adaptée aux lois du marché

  • Mais tout va bien madame la Marquise, comme dirait la chanson! mais là c'est un autre air qui est joué, et ce n'est certainement pas lemaire qui va les sauver, en griculture déjà , que dalle, là ce sera idem : paroles , paroles ...............

  • Ils assignent leur client en justice et espèrent des commandes de sa part?

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