Carburants : bras de fer entre l'exécutif et la CGT

Carburants : bras de fer entre l'exécutif et la CGT

Deux heures d'une intervention policière musclée ont permis mardi matin de débloquer le site pétrolier de Fos-sur-Mer dans le Sud-Est, une réponse gouvernementale aux blocages qui font tache d'huile pour obtenir le retrait ...

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Orange avec AFP, publié le mardi 24 mai 2016 à 09h37

- Manuel Valls l'a réaffirmé ce mardi depuis Jérusalem : il n'y aura "pas de retrait" du projet de loi travail et d'autres raffineries "seront libérées" après celle de Fos-sur-Mer dans la matinée. Après l'avoir accusé de "dérive" et de "chantage", le Premier ministre a appelé la CGT à la "responsabilité".

Selon lui, le syndicat est "dans une impasse". François Hollande a lui dénoncé "une stratégie de blocage portée par une minorité". -

"L'État fait preuve de la plus grande fermeté et d'une très grande détermination. Les forces de l'ordre interviennent depuis vendredi pour évacuer des dépôts qui sont bloqués, en Bretagne, en Normandie, dans les Hauts-de-France et en Auvergne. D'autres sites seront libérés", a déclaré Manuel Valls ce mardi 24 mai sur "Europe 1". La raffinerie Esso et le dépôt de carburants de Fos-sur-Mer dont les accès étaient occupés depuis lundi par des militants cégétistes opposés à la loi travail ont été dégagés mardi, peu après 4h du matin, par les forces de l'ordre qui ont rencontré "une résistance importante" de plus de 200 militants cégétistes", a annoncé à l'AFP la préfecture de police. Celles-ci "ont fait preuve d'un grand sang-froid", a expliqué le Premier ministre.

"UN JEU DANGEREUX" POUR MARTINEZ

"C'est un déni de démocratie. Le gouvernement persiste à vouloir imposer son diktat", a réagi Serge Coutouris, responsable CGT des dockers du golfe de Fos. "Il n'y a pas eu de sommation, pas de contact préalable" avec la police avant l'intervention, a-t-il indiqué, annonçant que "d'autres formes d'action étaient envisagées". "Le Premier ministre joue un jeu dangereux en essayant de diviser la CGT, d'opposer la CGT aux citoyens et d'opposer la CGT aux salariés", a lui jugé le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, sur "RMC-BFMTV". "Les grèves se votent à la majorité des salariés dans les raffineries avec des scores sans appel", a-t-il affirmé, en ajoutant que l'"opinion publique" restait toujours acquise à la "contestation" du projet de loi travail.

Manuel Valls a lui réaffirmé la fermeté du gouvernement : "Il est hors de question que les Français se retrouvent dans cette situation de pénurie, de blocage, que notre économie soit bloquée", a-t-il expliqué. "Il y a un projet de loi qui a été adopté par l'Assemblée nationale avec l'engagement de la responsabilité du gouvernement. Aucune motion de censure n'a été adoptée. Ce texte de loi va poursuivre son cheminement au Sénat et à l'Assemblée nationale. Nous sommes dans une démocratie". "Il n'y aura pas de retrait du texte", a insisté Manuel Valls.


LE CONFLIT FRONTAL, "C'EST VIEUX, ANCIEN, CONSERVATEUR"

Pour le chef du gouvernement, "la CGT est dans une impasse. L'impasse n'est jamais le bon chemin qu'il faut prendre. Le seul chemin possible c'est celui de la responsabilité et du dialogue". "Chacun peut bien se rendre compte de l'engagement extrêmement difficile, lourd, de nos forces de l'ordre. Quand on a un peu de sens de l'intérêt général, le patriotisme chevillé au cœur - et l'histoire de la CGT se confond avec celle de notre pays et celle de la Résistance -, comment ne peut-on pas se rendre compte que les missions de la police et de la gendarmerie sont déjà très lourdes ?", a lancé Manuel Valls. "L'idée d'un conflit frontal, c'est vieux, ancien, conservateur. Prendre ainsi en otage les consommateurs, notre économie, notre industrie, continuer des actions qui visent à faire retirer le texte, ça n'est pas démocratique". "La CGT trouvera une réponse extrêmement ferme, nette, de la part du gouvernement, nous continuerons à évacuer les sites, les dépôts qui sont aujourd'hui bloqués par cette organisation".

Toute la journée de lundi, plusieurs ministres sont montés au créneau pour critiquer le syndicat de Philippe Martinez, en pointe contre le projet de loi El Khomri depuis le 9 mars. Le ministre des Finances, Michel Sapin, a fustigé une CGT qui, "pour des raisons souvent internes, s'est extraordinairement durcie et qui n'est que dans la protestation". S'il est "légitime de protester contre un texte de loi", à un moment donné cela devient "illégitime", avait-il jugé. Même ton chez le ministre de l'Economie Emmanuel Macron pour qui "il y a une France qui travaille, une France qui produit, une France qui croit en son avenir et il faut la laisser avancer".

LES BLOCAGES FONT TACHE D'HUILE

Lundi, six des huit raffineries françaises ont été affectées comme plusieurs dépôts de carburant dans le nord-ouest de la France et le sud-est, provoquant des difficultés d'approvisionnement, en particulier dans le grand ouest et le nord. La CGT a annoncé ce mardi que l'ensemble des raffineries sont désormais en grève. Parmi les cinq raffineries de Total, celles de Gonfreville-L'Orcher en Seine-Maritime, de Feyzin dans le Rhône, de Grandpuits en Seine-Maritime et de Donges en Loire-Atlantique sont à l'arrêt total ou partiel. Les accès aux dépôts pétroliers à Lorient et Brest étaient bloqués ce mardi matin par des opposants à la loi travail, avant que les barrages soient levés en fin de matinée.

Philippe Martinez, le leader de la CGT, avait prévenu lundi: lorsque les salariés ne sont pas entendus, "ils passent à la vitesse supérieure". Avant la huitième journée nationale de mobilisation programmée jeudi par l'intersyndicale CGT-FO-Solidaires-FSU-Unef-Fidl-UNL, le numéro un de la CGT a lui déploré que le gouvernement choisisse "de bomber le torse, (de) gonfler les muscles" au lieu d'être à "l'écoute de ceux qui ne sont pas contents".

Selon le secrétaire d'État aux Transports, Alain Vidalies, "autour de 20% des stations sont fermées ou en grande difficulté" (sur 12.000). Et alors que les problèmes se concentraient surtout dans le Nord et l'Ouest dimanche, de nouvelles régions étaient touchées lundi, a-t-il précisé, notamment le Sud-Ouest où 13% des stations étaient fermées.

Côté rail, la grève n'était plus suivie lundi que par un faible nombre de cheminots SUD-rail, affectant légèrement en région parisienne le RER E et trois lignes du Transilien (J, L et P). Motivé en premier lieu pour peser sur les négociations en cours au niveau de la branche et à la SNCF sur l'organisation du travail, le mouvement devait retrouver de la vigueur mercredi, avec le retour des grévistes suivant l'appel de la CGT-Cheminots à débrayer tous les mercredis et jeudis. La SNCF communiquera ses prévisions de trafic mardi.

Du côté des ports, où le principal appel à la grève concerne la journée de jeudi, les dockers participaient localement au blocage de dépôts pétroliers, comme celui de Donges, près de Nantes ou de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). En revanche, le mouvement des routiers, lancé il y a une semaine, semblait en perte de vitesse après les garanties apportées par Alain Vidalies sur le paiement de leurs heures supplémentaires. En attendant une neuvième journée déjà programmée le 14 juin, d'autres mouvements se profilent : à la RATP, avec un appel de la CGT à une grève illimitée à partir du 2 juin, contre le projet de loi et pour une hausse des salaires. Lassé de ce conflit, le patronat a lancé un appel au gouvernement. Le Medef et la CGPME, rejoignant l'UPA (artisans et commerçants), ont demandé au gouvernement de rétablir "l'Etat de droit" pour "garantir aux salariés et entrepreneurs leur capacité de travailler".
 
136 commentaires - Carburants : bras de fer entre l'exécutif et la CGT
  • Il faut voir les conditions de travail dans different pays seulement Europeens. .... Les espagnols seraient bien content des 35 h. et des conges payes ....eux aussi sont envahies par des produits chinois : que font les syndicats ?

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    Moi je pense que SARKOZy devrait arriver avec un projet de paix entre les socialistes et la CGT? Relancer le processus de paix semble indispensable.
    ce pourrait-être un projet français de conférence internationale pour relancer l'effort de paix moribond avec les Cgétistes, proposant au gouvernement d'accueillir plutôt des négociations bilatérales entre CGTISTES et Hauts fonctionnaires, "le seul moyen de progresser vers la paix", selon lui.

    heureusement qu'il y a encore des gens qui tentent d'"apaiser ces fous furieux qui déclencheraient bientôt une guerre mondiale, uniquement pour dire qu'ils sont gauchistes en France...

  • Je suis en Normandie.
    Il n'y a pas de rupture de carburant. Les pompes sont régulièrement approvisionnées.
    On attend un peu car tout le monde cherche le plein et repasse dés qu'il le peut avec une autorisation 30 L max.

  • Et c'est Hollande qui parle de minorité.

  • continuons le combat ..jusqu au retrait de la loi travail néfaste pour les salariés ...mais tres bien pour le patron qui aura tous les droits changement d horaires baisse des salaires licenciement facile .....et au bout du compte ...aucune embauche !!

    la majorité des organisations syndicales ont signé la loi: alors la CGT minoritaire partout lâchez nous la grappe, allez bosser fainéants

  • Moins de 10% de salariés syndiqués en France mais les syndicats arrivent à bloquer le pays A se demander ce que font les 90% restant

    il se battent pour obtenir le retrait de la loi qui inévitablement se retournera contre eux....les reformes toujours négatives pour les salariés ne sont pas que pour les autres ...

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