Cannes-Torcy: dernières plaidoiries, contre l'"outrance" des réquisitions

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Croquis d'audience montrant Jérémy Bailly, membre présumé de la cellule djihadiste "Cannes-Torcy" le 20 avril 2017 à la cour d'Assises de Paris

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© AFP, Benoit PEYRUCQ
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AFP, publié le mercredi 21 juin 2017 à 18h41

Les avocats de Kevin Phan et Jérémy Bailly, jugés pour l'attentat contre une épicerie casher à Sarcelles (Val-d'Oise) en 2012, ont dénoncé l'"outrance" des réquisitions, de 25 ans de réclusion à la perpétuité, avant de s'affronter.

Georges Sauveur, l'avocat de Jérémy Bailly, numéro 2 de la filière et seul chef survivant, s'est demandé "comment justifier l'outrance de la perpétuité, cette peine de mort civile", s'interrogeant sur le sens et l'échelle des peines. 

Elise Arfi a, elle, relevé que les 25 ans requis contre Kevin Phan, aujourd'hui 23 ans, était "une peine plus longue que sa vie".

Unis contre la "violence" de l'accusation, les deux avocats se sont livrés à travers leurs plaidoiries à une rude bataille: leurs clients risquent les plus lourdes peines et ils s'accusent mutuellement d'avoir jeté la grenade dans l'épicerie Naouri ce 19 septembre 2012, principal fait d'armes de la filière jihadiste de Cannes-Torcy jugée depuis deux mois aux assises de Paris.

Elise Arfi a rappelé la constance des déclarations de son client: Kevin Phan a tout de suite reconnu être le chauffeur de l'équipée à Sarcelles, et désigné le chef du groupe Jérémie Louis-Sidney (tué lors de son interpellation) et son lieutenant Jérémy Bailly comme les auteurs de l'attentat.

A la barre, il a dit avoir compris, en entendant parler les deux hommes, que c'était Bailly "qui avait lancé la grenade". Elle a décrit un adolescent "sous influence", fils de réfugiés Khmer et laotien "tellement reconnaissants" envers la France, qui ont transmis à leur fils une envie de rendre service confinant à la servilité.

- 'Une peine de meurtrier' -

Bailly, de plus de sept ans son aîné, est son "mentor" dans la découverte de l'islam: "Bailly le menace quand il voit que Phan s'est libéré de son emprise", a-t-elle dit, déplorant le sort promis par l'accusation à Phan alors que "sans ses dénonciations, elle n'aurait rien contre Bailly" pour Sarcelles.

"Vingt-cinq ans requis. Vous pourriez diviser la peine par deux, on serait déjà sur une peine de violeur, de meurtrier", a lancé Me Arfi à la cour, plaidant pour que ce jeune homme, qui a renoncé à l'islam "comme on sort de l'adolescence", puisse envisager un avenir.

Georges Sauveur a, lui, frontalement attaqué la cour: "Est-ce que vous avez le droit de sortir et de dire +on ne sait pas qui a jeté la grenade+ ? Vous ne pouvez pas, mais c'est le sens de ma plaidoirie".

Son client a toujours nié avoir participé à l'attentat de Sarcelles mais varié dans ses déclarations sur cette journée. Alors il accuse Phan d'avoir menti, il fustige le "mépris" du ministère public, déplore le sentiment donné aux accusés d'un "parti pris" dès le début du procès quand la cour a imposé une minute de silence à la mémoire d'un policier tué dans une attaque jihadiste sur les Champs-Élysées.

Dans la matinée, les avocats des Cannois "syriens" de la bande, contre lesquels des peines de 16 à 20 ans ont été requises pour des séjours de seize mois en Syrie, avaient, eux, dénoncé un "massacre judiciaire", pointant "la faiblesse des preuves" d'une association de malfaiteurs à visée terroriste.

Jeudi matin, la parole sera donnée une dernière fois aux accusés - dix comparaissent détenus, sept sont libres, trois en fuite - avant que la cour ne se retire pour délibérer. Le verdict est attendu dans la soirée.

 
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