Camp de migrants à Paris : les grandes lignes d'un projet controversé

Camp de migrants à Paris : les grandes lignes d'un projet controversé

En annonçant l'ouverture d'un "camp humanitaire" à Paris, Anne Hidalgo entend à nouveau montrer qu'elle porte les valeurs d'une gauche souvent déroutée par le gouvernement Valls.

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Orange avec AFP, publié le samedi 04 juin 2016 à 12h46

- Anne Hidalgo a annoncé mardi son intention de créer rapidement un camp humanitaire de réfugiés à Paris, avec l'aide des associations, pour offrir "un accueil de jour" mais aussi "l'hébergement de personnes qui arrivent démunies" dans la capitale. Voici les grandes lignes du projet.

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Un camp humanitaire pour réfugiés à Paris : c'est le projet annoncé le 31 mai par Anne Hidalgo. La maire de Paris compte passer à la vitesse supérieure, quitte à bousculer l'État sur l'accueil des migrants. "Nous ne pouvons plus accepter la situation humanitaire et sanitaire" des migrants, a-t-elle expliqué en annonçant l'ouverture dans "un mois à un mois et demi" d'un camp aux normes de l'ONU, peut-être au nord de la capitale. "Nous avons un devoir d'humanité", a-t-elle ajouté sur Twitter. Le camp sera constitué d'hébergements "modulaires", qui "puissent être installés rapidement" mais avec "tout le confort nécessaire". Quant au dimensionnement, l'élue a appelé au "pragmatisme" en estimant que le terrain devrait être "suffisamment vaste pour accueillir plusieurs centaines de personnes".

LA DROITE DIVISÉE

Le groupe "Les Républicains" (ex-UMP) du Conseil de Paris, dirigé par Nathalie Kosciusko-Morizet, a exprimé son opposition : la "situation actuelle faite de nombreux camps illégaux sur l'espace public est indigne et inacceptable", indique-t-il en appelant à "une réponse forte des pouvoirs publics, et au premier chef de l'État dont c'est la responsabilité". Mais le groupe se positionne pour un "renforcement des dispositifs existants, à l'échelle du grand Paris, méthode qui lui semble efficace pour éviter un appel d'air, éviter de stigmatiser les réfugiés et favoriser leur intégration". Le sénateur maire LR des Troyes, François Baroin, ou le candidat à la primaire de la droite et du centre, Bruno Le Maire, ont cependant adopté une autre tonalité, saluant "une initiative nécessaire".

Le groupe UDI-MoDem a également salué une "proposition d'accueil digne et responsable" et un "soulagement pour les riverains des trop nombreux campements sauvages à Paris". Néanmoins, "la Préfecture de Police et la Mairie de Paris doivent désormais être intransigeants et réactifs en cas de résurgence spontanée de ces campements". Le Front national a pour sa part demandé un référendum jugeant que la maire de Paris "pérennise la politique d'appel d'air permanent de la municipalité, amenant toujours plus de clandestins à Paris, multipliant les situations d'insalubrité et d'insécurité de camps sauvages toujours plus nombreux".



OÙ SERA INSTALLÉ LE CAMPS ?

Si le choix n'est pas arrêté, trois sites sont encore en lice, dans les XVIIIe, XIXe et XXe arrondissements : tous dans le nord de Paris, car c'est là que se sont reconstitués les campements depuis un an, "autour de l'axe Gare du nord/La Chapelle" d'où les migrants partent pour Calais, explique-t-on à la mairie de Paris. Le choix, attendu au cours de la semaine, se fera en fonction de la taille, l'accessibilité, la sécurité... avant un début de travaux en juin et une ouverture prévue "courant ou fin de l'été 2016". Un seul camp est prévu mais "s'il faut plusieurs sites au nord et au sud nous irons sur plusieurs sites", a indiqué Anne Hidalgo.


COMMENT SERA-T-IL AMÉNAGÉ ?

Anne Hidalgo a plusieurs fois cité l'exemple de Grande-Synthe, cette ville du Nord où le maire écologiste et Médecins sans Frontières ont ouvert en mars un camp de réfugiés constitué de petits cabanons. Mais pour le projet parisien, l'habitat, modulable, sera sans doute plutôt "une déclinaison de ce que nous faisons pour les sans-abri à proximité du Bois de Boulogne", souligne-t-on à la mairie. On étudie donc la possibilité d'abris avec des chambres de trois à quatre personnes, des espaces de vie collectifs, une structure permettant un bilan de santé... Anne Hidalgo a promis que ce camp respecterait les conditions réglementaires mais aussi "les principes édictés par l'ONU et le HCR" , des normes qu'il faudra sans doute adapter à la situation d'une capitale occidentale. En termes de capacité, la jauge devrait tourner autour "de 500 à 1.000 personnes", explique-t-on à la mairie. L'ouverture se fera de façon progressive avec "d'abord 100 ou 200 personnes", avant une montée en puissance.

QUEL SERA LE COÛT ?

Si elle n'a pas encore été chiffrée, dépendant notamment du site choisi, la facture tournera sans doute autour de plusieurs millions d'euros. "La ville souhaite que l'État prenne en compte le financement", mais si ce n'est pas le cas "elle prendra ses responsabilités", assure-t-on à la mairie. "L'État sera à nos côtés", a assuré Anne Hidalgo vendredi. Au ministère de l'Intérieur, on faisait valoir après l'annonce-surprise du projet qu'il relevait "de la libre administration des collectivités locales". "Je suis prête à travailler avec tous les maires qui veulent avancer", a pour sa part avancé la ministre du Logement Emmanuelle Cosse jeudi.

QUI POURRA ÊTRE HÉBERGÉ ?

La mairie promet qu'"il n'y aura pas de sélection" à l'entrée. Le site permettra d'orienter les migrants en fonction de leur parcours vers des structures adaptées (centre pour demandeur d'asile, pour mineur non-accompagné...). Lieu d'accueil et d'orientation, loin de la logique d'un centre de rétention donc, mais "le but n'est pas que cela devienne un habitat durable", souligne-t-on à la mairie.

QUEL RÔLE POUR LES ASSOCIATIONS ?

Si la mairie travaille avec Aurore, Emmaüs et France terre d'asile à l'élaboration du projet, elle souhaite également s'appuyer sur l'expérience d'ONG de type Croix rouge ou Médecins du monde pour ce qui est de la gestion. "Evidemment on associera au projet l'Ofii (Office français d'immigration et d'intégration) et l'Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides)", assure-t-on à la ville.

 
43 commentaires - Camp de migrants à Paris : les grandes lignes d'un projet controversé
  • La création de camps pour migrants peut être un atout pour les professionnels du tourisme. Ils disposeront ainsi d'un point typiquement parisien qui devrait attirer les touristes en mal d'émotions fortes!

    Sa localisation à proximité ou à la périphérie du bois de Boulogne permettra aux plus téméraires de prendre contact et plus si besoins avec les primo arrivants noctambules qui hantent ce bois.

  • vous l'avez élue et bien danser maintenant

    les socialos sont toujours généreux avec l'argent des autres .

  • Aveuglé par son idéologie politique on en oublie les dictons basés sur des siècles d'expérience :
    "Charité bien ordonnée commence par soi même", "A trop protéger les faibles on se perd soi même" !

  • quelle "riche" idée
    on ne parle pas des entreprises qui vont verser des pots de vin et enrichir encore nos chers élus....

  • '' Nous avons un devoir d'humanité ''' dit-elle ! Et nos sdf qui sont bien français qu'en fait-elle ?? Raz le bol de ces réfugiés !!!!! Et c'est encore nous qui allons payer pour ça!!! Et bien sur qu'il faut un référendum !

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