Bilan de la police des polices : 48 enquêtes ouvertes pour violences policières, usage du Taser en hausse

Bilan de la police des polices : 48 enquêtes ouvertes pour violences policières, usage du Taser en hausse

48 enquêtes judiciaires ont été ouvertes par l'IGPN après des accusations de violences policières en France depuis le début des manifestations contre la loi travail

A lire aussi

Orange avec AFP, publié le lundi 06 juin 2016 à 21h45

L'IGPN (Inspection générale de la police nationale), la "police des polices", a rendu public son bilan 2015. Parmi les enseignements, une hausse du recours au pistolet à impulsions électriques (PIE), communément appelé "Taser", un nombre d'enquêtes administratives ouvertes pour violences policières en hausse, et la disparition du flash-ball d'ici la fin de l'année 2016.

En 2015, les policiers ont eu recours au pistolet à impulsion électrique à 872 reprises, soit une hausse de 67% par rapport à l'année 2014.

Marie-France Monéger-Guyomarc'h, directrice de l'IGPN, explique "qu'il s'agit surtout d'un usage en mode pointage, à savoir une simple mise en joue". "Cela a un effet dissuasif", a-t-elle souligné, expliquant que c'est "une manœuvre qui permet de faire baisser immédiatement la tension dans la plupart des cas".

À noter également, la disparition du flash-ball d'ici la fin de l'année 2016, mais les lanceurs de balle de défense (LBD), arme de calibre 40-46, vont continuer à être utilisés. Leur usage a d'ailleurs progressé de 15% en 2015.


48 ENQUÊTES OUVERTES POUR VIOLENCES POLICIÈRES
Depuis le début des manifestations contre la loi Travail, 48 enquêtes judiciaires ont été ouvertes par la "police des polices" après des accusations de violences policières en France. "Il y a eu 48 enquêtes judiciaires ouvertes, principalement à Paris et Rennes, concernant exclusivement des violences", a affirmé la directrice de l'IGPN. "Il faut les mettre en parallèle avec les quelque 1.500 manifestations", souvent "violentes", a-t-elle nuancé.

"Sur ces plaintes, auxquelles s'ajoutent 22 signalements, beaucoup disent être des passants et se retrouvent en fait souvent (pris) dans les charges de la police", a-t-elle ajouté. Concernant le bilan de son service, Mme Moneger Guyomarc'h a relevé que le nombre d'enquêtes administratives dont il est saisi est en "légère hausse" par rapport aux autres années. Un total de 213 policiers a fait l'objet de blâmes ou avertissements, contre 125 en 2014, mais les procédures avaient pris du retard en raison des élections professionnelles dans la police.

La patronne de la police des polices a aussi évoqué la plateforme internet de signalement ouverte en 2013 et permettant de dénoncer des dérapages. Plus de 1.000 concernent des interventions de police contestées sur, selon elle, 1,6 million d'interventions par an. L'IGPN va progressivement mettre en place un outil mesurant, analysant et comptabilisant le nombre de policiers blessés en service, a-t-elle annoncé, un sujet très sensible dans la police.

JEUNE HOMME BLESSÉ PAR UNE GRENADE : POLICIER DEVANT L'IGPN
Sur le jeune homme blessé grièvement à la tête après l'usage par un policier d'une grenade dissuasive dite de désencerclement (GMD) pendant la manifestation du 26 mai à Paris, la directrice de l'IGPN a précisé que ses enquêteurs ont visionné toutes les images, écouté les trafics radio et effectué des enquêtes de voisinage.

Dans cette affaire comme d'autres, "les (policiers) mis en cause" sont entendus "à la fin" des investigations, a-t-elle encore fait valoir. "Nous en sommes au trois quarts (de l'enquête)", selon elle. Le blessé, âgé de 28 ans, est "sorti du coma". Selon France Info, le policier qui a jeté la grenade de désencerclement sera entendu mardi à 14h30 par l'IGPN.
 
32 commentaires - Bilan de la police des polices : 48 enquêtes ouvertes pour violences policières, usage du Taser en hausse
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]