Besançon : pour la protéger d'éventuels abus sexuels, elle avait étouffé sa fille de 4 ans

Besançon : pour la protéger d'éventuels abus sexuels, elle avait étouffé sa fille de 4 ans

La cour d'assises du Doubs a condamné une femme de 44 ans à 13 ans de réclusion criminelle qui avait étouffé sa fillette.(Illustration)

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Orange avec AFP, publié le samedi 01 juillet 2017 à 15h31

La cour d'assises du Doubs a condamné une femme de 44 ans à 13 ans de réclusion criminelle qui avait étouffé sa fillette. Victimes à plusieurs reprises de viols, elle se sentait incapable de la protéger d'une éventuelle menace. 

Traumatisée par sa propre expérience, Stella Bruckner, 44 ans, a franchi la ligne rouge. Cette mère violée et abusée sexuellement à de multiples reprises, notamment par son propre père, a tué sa petite fille de quatre ans pour la protéger d'éventuels abus sexuels. 

Elle "craignait de manière obsessionnelle que sa fille soit victime des même actes" et se sentait "incapable de la protéger", selon les experts. Alors, le soir du 12 août 2012 à Besançon (Doubs), alors que sa fille Élisa, 4 ans, était paisiblement endormie dans son lit, elle lui a appliqué un oreiller sur le visage jusqu'à ce qu'elle arrête de se débattre. Quelques heures avant, elle lui avait donné un tranquillisant.

Jugée devant la cour d'assises du Doubs, Mme Bruckner, qui enchaîne depuis de nombreuses années les hospitalisations en psychiatrie, a été condamnée vendredi 30 juin à 13 ans de réclusion criminelle. L'avocate générale, Margaret Parietti, avait requis 15 ans d'emprisonnement. 

"Un fantôme amputé psychiquement"

Selon cette dernière, les parents de l'enfant ont rencontré des difficultés à partir de sa naissance, le père était parti. "Élisa était gênante, elle était un problème" pour la vie du couple, qui s'est remis ensemble après son décès.

"Je plaide pour un fantôme amputé psychiquement", a de son côté dit Me Jérôme Pichoff, l'avocat de cette femme "bousillée gamine, cassée à l'âge adulte". "Dans sa logique, on échappe pas au viol. Pour elle c'était une fatalité : sa fille sera violée, aujourd'hui ou demain", a-t-il expliqué, soulignant la "folie" d'un acte "irrationnel", "aussi soudain qu'incompréhensible". Et l'avocat de pointer les "responsabilités institutionnelles". Malgré plusieurs signalements des services sociaux, le juge des enfants avait ordonné une simple "mesure d'assistance éducative".

La mère, qui entendait des voix, avait pourtant elle-même demandé le placement de l'enfant en 2010, s'estimant "dangereuse" pour sa fille. "Victime et auteur d'abus sexuels", le père d'Élisa avait confié aux mêmes services sa peur de "toucher" sa fille. "Les dysfonctionnements, ils existent", a reconnu Me Catherine Roth-Muller, avocate de l'association La Voix de l'enfant, "mais ne déplaçons pas les responsabilités, la main qui a tué Élisa, c'est celle de sa mère".

 
64 commentaires - Besançon : pour la protéger d'éventuels abus sexuels, elle avait étouffé sa fille de 4 ans
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    Lysflower  (privé) -

    Je rêve ! Comment "malgré PLUSIEURS signalements des services sociaux, le juge des enfants avait ordonné QU'une simple "mesure d'assistance éducative" ?? Honte, mais honte à ce juge et à notre justice d'avoir plus de compassion pour les coupables que pour les victimes et de ne pas avoir pris assez au sérieux "plusieurs" signalements des services sociaux pour exiger le placement de cette petite.

  • Ce qui démontre que le viol des enfants et de plus par des parents provoque des troubles de la personnalité et très certainement irrémédiables!

  • Les services sociaux et le juge pour enfants devraient comparaître devant la justice ?

  • L'avocate est dans la facilité: oui c'est bien la mère qui a tué, mais ceux qui l'ont brisée à vie, et ceux qui ont refusé de voir sa souffrance, où sont-ils? Lorsqu'une mère demande le placement de son enfant, faut-il l'abandonner à sa folie? J'espère que cette avocate se tournera contre les assistantes sociales pour "non-assistance à enfant en danger"

  • La mère, qui entendait des voix, avait pourtant elle-même demandé le placement de l'enfant en 2010, s'estimant "dangereuse"pour sa fille. Pourquoi "tous ces dysfonctionnements" et pourquoi ne pas avoir retirer cet enfant vu l'état déplorable des parents. La pauvre petite serait en vie à l'heure actuelle !

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