Benzema : "J'ai fait une interview au mauvais moment" (Jamel Debbouze)

Benzema : "J'ai fait une interview au mauvais moment" (Jamel Debbouze)

Avant de s'excuser, Jamel Debbouze avait estimé que Karim Benzema et Hatem Ben Arfa "payaient la situation sociale de la France".

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Orange avec AFP, publié le lundi 06 juin 2016 à 13h45

- Dans une interview publiée ce lundi par Le Monde, Jamel Debbouze affirme être "triste de voir les proportions" prises par son interview à France Football. L'humoriste avait estimé que les deux footballeurs, Karim Benzema et Hatem Ben Arfa, "payaient la situation sociale" de la France et qu'avec leur absence à l'Euro, les Bleus ne sont pas représentatifs des banlieues.

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Jamel Debbouze l'avait déjà expliqué jeudi au micro de RTL : il est "désolé" de l'ampleur prise par ses propos sur l'absence en équipe de France des deux attaquants formés à l'Olympique Lyonnais. "Je ne m'attendais pas à ce que ça prenne autant de proportion. Je suis un citoyen avant d'être un comique et j'ai livré un sentiment, je n'aurais jamais cru que ça prenne autant de place. J'en suis désolé", avait-il déclaré.

Il faut maintenant "être avec les Bleus, être tous derrière l'équipe de France. On à un Euro à gagner, c'est important. Et puis ne pas les perturber avec nos conneries. Je voudrais juste en profiter pour dire à Didier Deschamps que je suis avec eux", avait-il poursuivi. Les propos de l'humoriste, publiés le 30 mai sur le site du magazine "France Football", avaient été tenus quelques jours après une déclaration polémique de l'ex-international Éric Cantona, selon qui le sélectionneur Didier Deschamps avait écarté Benzema et Ben Arfa à cause de leurs "origines nord-africaines".

UN MAUVAIS TIMING
"J'ai été triste de voir les proportions que cela a pris", ajoute-t-il dans Le Monde. "Il s'agit d'un malheureux concours de circonstances. J'ai fait une interview au mauvais moment, davantage pour rendre service à un ami de France Football que par envie de m'exprimer. Je n'ai pas l'habitude d'esquiver les questions (...) J'ai répondu spontanément, sans me soucier du moment où je le faisais. Je n'aurais jamais pensé que Cantona et Benzema fassent une sortie, je me suis retrouvé au milieu dans un mauvais timing".

L'humoriste trouve "injuste sportivement" que le joueur de l'OGC Nice ne soit pas sélectionné et que celui du Real Madrid "ne nous aide pas à remporter l'Euro alors qu'il vient de gagner la Ligue des Champions". Mais il "respecte la décision du sélectionneur" et concède qu'il aurait "dû fermer (s)a bouche". "Mais au-delà de tout cela, s'il y a eu tant de réactions, c'est que malgré tout, il y a un sujet. Il faut laisser passer l'Euro, mais il faudra qu'on en rediscute un jour.

"JE NE VOUDRAIS PAS VIVRE DANS UN AUTRE PAYS"
Lors de la sixième édition du "Marrakech du rire" qui s'est terminé dimanche, l'humoriste a également joué un sketch imaginant un monde où "il n'y a plus d'Arabes". "On essaie de lier l'humour à l'utile", explique-t-il au quotidien. "Les Arabes aujourd'hui, c'est un vrai sujet ! Puisque tout le monde en parle de travers, nous avions envie d'en parler en allant droit au but !" Et l'humoriste d'ajouter : "Nous, les humoristes, avons un haut-parleur à notre disposition. Essayons de l'utiliser à bon escient, en disant : ne nous fais pas avoir par ce mauvais marketing, par cette peur outrancière qu'on essaie de nous vendre".

"Depuis le 11 septembre 2001, j'ai vu nos rapports s'affaisser, et ressenti le besoin de rassurer. Ce qui me fait le plus mal, et me vexe le plus, est qu'on soit encore et encore obligé de montrer patte blanche. Mais notre patte est marron !", ajoute-t-il. Citant l'exemple de la réalisatrice Houda Benyamina, sacrée Camera d'or à Cannes pour son film "Divines", Jamel Debbouze questionne : "Pourquoi c'est si exceptionnel ? Pourquoi faut-il toujours qu'on en fasse quinze fois plus que les autres pour entrer dans les grandes écoles, pour accéder à l'élite ?"

"'Jean-Marine Le Pen' a une tribune quand elle veut", poursuit-il. "Alors évidemment, cela fait peur. Pourtant, la France a tout ce qu'il faut pour que ça aille mieux. Il faut juste faire la promotion de ce qui va dans le bon sens. Évidemment, après les attentats, c'est dur d'être en joie". Donc rien ne progresse ? "Si ça progresse. On vit mieux que nos parents, on est davantage respecté et accepté qu'eux (...) mais il y a une appréhension". Et l'humoriste d'ajouter : "Mais je ne voudrais vivre dans aucun autre pays au monde, jamais de la vie".
 
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