Belloubet prend le pouls de la réalité carcérale à Osny

Belloubet prend le pouls de la réalité carcérale à Osny

La ministre de la Justice, Nicole Belloubet, le 5 juillet 2017 à Paris

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AFP, publié le lundi 10 juillet 2017 à 20h32

"J'ai vu la complexité de gérer un établissement surpeuplé": pour son deuxième déplacement, la garde des Sceaux Nicole Belloubet a pris le pouls lundi de la réalité carcérale à la maison d'arrêt d'Osny, un établissement assez représentatif du système pénitentiaire actuel.

"Je souhaitais me rendre très vite dans un centre de détention pour pouvoir, ne serait ce que brièvement, avoir un contact réel avec ce que vivent les détenus et le personnel", a expliqué la ministre à l'issue de sa visite de deux heures.

La connaissance de l'univers carcéral de la ministre datait de l'époque où elle était enseignante, lorsqu'elle était venue faire passer des examens à Fresnes il y a de nombreuses années. Devenue rectrice d'académie, elle s'était également intéressée au travail éducatif en prison.

La maison d'arrêt d'Osny compte 961 détenus pour 579 places soit une densité de 166%. C'est l'un des établissements les plus surpeuplés de France, la moyenne nationale des maisons d'arrêts - où la densité est la plus forte - étant de 142%.

Osny a accueilli en février le premier "quartier d'évaluation de la radicalisation" (QER), destiné à mesurer la dangerosité et le degré de radicalisation d'un détenu avant son affectation dans un lieu de détention. Il en existe aujourd'hui trois (avec Fleury Mérogis et Fresnes) sur six prévus à l'origine.

Ces quartiers ont remplacé les unités dédiées à la "déradicalisation" qui avaient été vivement critiquées. C'est dans une unité de ce type à Osny en septembre 2016 qu'un détenu radicalisé, Bilal Taghi, avait tenté de tuer un surveillant avec un couteau artisanal aux cris d'"Allah Akbar", signant ainsi la première action jihadiste fomentée en prison. 

Entourée d'un aréopage d'autorités locales et de représentants de l'administration pénitentiaire, Nicole Belloubet a arpenté durant la matinée les longs couloirs aux murs jaunis de l'établissement, entre cliquetis de clefs et claquements de portes à barreaux.

Elle a notamment rencontré le délégué local du renseignement pénitentiaire, des agents d'insertion et de probation, visité des cellules, une salle de culte et le quartier d'évaluation et de radicalisation (QER).

- 'Pas de solutions toutes faites' -


"Je sais qu'il y a eu beaucoup de contestation (sur le traitement de la radicalisation) et je ne sais pas si on va trouver la solution optimale. Mais ce que j'ai vu ici me semble assez pertinent", a commenté la ministre après la visite sans la presse du QER qui compte actuellement 13 détenus pour 23 cellules réservées.

Pénétrant ensuite dans une cellule de 13 m2 occupée par deux détenus, l'une des plus vastes (la plupart ne mesurent que 9,5 m2), la ministre interroge: "Pas trop compliqué de vivre ensemble?"

"Si, quand on n'est pas d'accord sur le feuilleton du soir à la TV", lui répond amusé un homme incarcéré pour une conduite sans permis en récidive. "Ca apprend la tolérance, le vivre ensemble", souffle le directeur.

Dans la salle de prière décorée de citations des principales religions, les aumôniers expliquent qu'ils ont du mal à répondre à la demande toutes croyances confondues.

Interrogée sur son projet pour les prisons, Nicole Belloubet, rappelle l'engagement du premier ministre de construire 15.000 nouvelles places de prison. 

Prendra-t-elle en compte le travail de son prédécesseur Jean-Jacques Urvoas, qui a déjà retenu 21 villes pour l'implantation de 33 nouveaux établissements ? "Je ne suis pas dans l'idée de balayer d'un trait de plume ce qui a été fait", dit-elle.

"Nous n'arrivons pas avec des solutions toutes faites mais avec la volonté et l'énergie d'essayer de résoudre ces difficultés", proclame la garde des Sceaux qui n'entend pas négliger "la question des alternatives à l'emprisonnement et des aménagements de peine".

Interrogé sur les promesses de campagne d'Emmanuel Macron d'incarcérer dès la première condamnation sans attendre l'appel ou de revenir sur l'aménagement des peines inférieures à deux ans, deux mesures qui gonfleraient la population carcérale, la ministre s'est voulu prudente. "Nous allons voir comment tout cela peut concrètement être mis en musique".

pr/blb/sd

 
21 commentaires - Belloubet prend le pouls de la réalité carcérale à Osny
  • Cassandre découvre le monde....
    N'importe quel individu s'intéressant au monde qui l'entoure sait depuis longtemps que notre système carcéral est débordé...

  • demande a madame taubira ses plans ??? .

  • Elle ferait mieux de prendre le pouls des retraités qui vont encore payer 1,7 de CSG en plus . Eux n ont fait de mal à personne .

  • Elle ne fera rien de plus que ses prédécesseurs. Il n'y a pas d'argent, donc pas de construction de nouvelles prisons, pas de
    recrutement de personnel, alors...? la vie est bellle , continuons comme par le passé et en avant la musique des drogués, des violeurs des pédophiles, des casseurs, des cambrioleurs, des terroristes etc...

  • c'est pas la place en prison pour une conduite sans permis,ces camps de travail en semi liberté,dans d'ancienne caserne desafectée pourrait etre reservé aux gens ayant pris de la prison pour une grosse infraction routiere.

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