Barrages ouverts et bouillon d'Awara pour Pâques en Guyane

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 Manifestation de soutien au mouvement social en Guyane, le 15 avril 2017 à Paris

Manifestation de soutien au mouvement social en Guyane, le 15 avril 2017 à Paris

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© AFP, GEOFFROY VAN DER HASSELT
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AFP, publié le samedi 15 avril 2017 à 20h41

Guyane: barrages ouverts pour un week-end pascal apaisé, malgré les difficultés du système hospitalier

Avec l'ouverture des barrages, la Guyane se préparait samedi à profiter du week-end pascal en dégustant un bouillon d'awara, mets traditionnel créole, malgré une situation toujours compliquée, notamment pour les hôpitaux, qui ont déclenché le plan blanc. 

La mobilisation s'est délocalisée à Paris, où une centaine de personnes se sont rassemblées dans l'après-midi place de la République. 

"Ce mouvement ne peut pas s'arrêter. Nous n'avons pas de réponse de l'Etat, nous irons jusqu'au bout", a affirmé à l'AFP à Paris Olivier Goudet, président de l'association "Trop Violans" et porte-parole des "500 frères contre la délinquance", fer de lance de la mobilisation, dont la particularité est de se déplacer cagoulés et vêtus de noir. 

Aucun rendez-vous avec les autorités n'était prévu durant son séjour. 

En Guyane, l'heure est à un certain apaisement après plusieurs jours de divergence sur l'opportunité de poursuivre les blocages. Le collectif "Pou la Gwiyann dékolé" (Pour que la Guyane décolle) a décidé d'ouvrir les barrages "jusqu'à nouvel ordre", hormis quelques blocages stratégiques.

Pâques est une "période culturelle forte pour la Guyane", avait souligné le porte-parole du collectif, Mikael Mancée. A cette occasion, les Guyanais mangent le "bouyo wara", ce plat traditionnel longuement cuisiné à base d'un fruit de palmier. 

Beaucoup s'interrogeaient encore pour savoir comment s'en procurer, alors que le territoire fait toujours face à une pénurie de produits frais et des difficultés de circulation.

"J'avais peur qu'il n'y en ait pas à cause du mouvement social", a reconnu Annette, 68 ans, rencontrée au marché de Cayenne, où elle a pu acheter cinq barquettes de ce plat en sauce de couleur marron, extrêmement copieux et au fumet bien "particulier".

"Je ne voulais pas venir à cause des barrages, mais ce matin, ils ont débarré", raconte Marceline Falin, 67 ans, est une des rares commerçantes du marché à vendre du "bouillon" samedi. 

Une situation qui pénalise toujours plusieurs secteurs. 

L'Agence régionale de Santé de Guyane (ARS) a ainsi demandé vendredi aux hôpitaux et cliniques du territoire de déclencher leurs "plans blancs", en raison "des obstacles sur l'ensemble du territoire qui rendent difficile l'acheminement des patients, des personnels et l'approvisionnement régulier des hôpitaux.

- Contrôle aux barrages -

Samedi, un nouveau navire de 80 containers de marchandises était en cours de déchargement au port de Cayenne, après 320 déjà arrivés jeudi. Et plusieurs camions opéraient pour sortir ces containers, a constaté l'AFP, après la décision du préfet de Guyane, Martin Jaeger, d'autoriser exceptionnellement les poids-lourds à circuler durant le week-end pascal.

La fusée Ariane, clouée au sol depuis près d'un mois, n'est quant à elle pas près de décoller, le barrage devant le centre spatial à Kourou étant maintenu par le collectif, qui y voit le symbole d'une Guyane à deux vitesses.

Le PDG d'Arianespace a lancé un cri d'alarme auprès des élus locaux, après "trois campagnes de lancement" de la fusée  interrompues, qui ont provoqué "plusieurs millions d'euros de surcoûts" et des craintes pour la pérennité des "9.000 emplois" que génère l'activité spatiale en Guyane.

Selon le préfet, plus de 500 entreprises guyanaises ont déjà demandé des mesures de chômage partiel.  

Après les plaintes de plusieurs particuliers pour "entrave à la circulation", la justice s'est emparée du dossier. 

Le procureur de Cayenne Eric Vaillant a ordonné vendredi une opération de contrôle de police sur un des barrages de Cayenne, pour "identifier les responsables de ces blocages", promettant que "d'autres opérations du même genre" auraient lieu dans les prochains jours.

Le collectif "Pou la Gwiyann dékolé" doit dire lundi comment il envisage de poursuivre la mobilisation et s'il va refermer les barrages. Mikael Mancée n'a cessé de répéter que les barrages n'étaient "pas levés", et que la mobilisation se poursuivrait. 

Les manifestants portent des revendications sécuritaires, économiques et sociales pour permettre au territoire d'outre-mer de rattraper son retard sur l'Hexagone. Ils réclament à l'Etat français 2,1 milliards supplémentaires, après le plan d'urgence de plus d'un milliard d'euros validé par le gouvernement la semaine dernière.

 
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