Au procès AZF, réquisitoire contre les théories du complot

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Explosion de l'usine AZF à Toulouse en 2001

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© AFP, Valentina Berta, Daniele Mayer, Paz Pizarro
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AFP, publié le mercredi 17 mai 2017 à 19h21

Pricès AZF: quinze ans après la catastrophe industrielle, l'accusation s'en prend aux "hypothèses folles"

"Il n'y a pas de mystère AZF": au troisième procès de la pire catastrophe industrielle récente en France, l'accusation s'en est prise aux "hypothèses folles" qui courent depuis quinze ans sur les causes du drame.

Deux avocats généraux se partagent la tâche de requérir mercredi et jeudi devant la cour d'appel de Paris contre la société exploitante de l'usine, Grande Paroisse, filiale du géant Total, et contre l'ancien directeur du site Serge Biechlin.

Les deux sont jugés pour "homicides involontaires".

Stéphane Chassard parle le premier, pendant plus de quatre heures, avec un grand souci de pédagogie pour expliquer son "cheminement personnel" dans un dossier aussi touffu que "terrible".

Rompant un instant avec la grande technicité des débats, qui ont commencé fin janvier, il s'attache d'abord aux victimes de l'explosion du 21 septembre 2001 à Toulouse: 29 morts et des milliers de blessés. Sans compter des dégâts considérables et une ville durablement meurtrie.

"Je pense à cet électricien qui va travailler toute la nuit (sur le site) pour rétablir les circuits avant de se faire hospitaliser. Je pense à cet homme qui va rester toute une journée à côté du corps de sa femme", dit-il. 

- Un dossier qui rend fou -

Puis le magistrat s'en prend aux "rumeurs" et aux "hypothèses plus folles les unes que les autres" ayant circulé sur l'explosion de cette usine à risque, productrice d'engrais et d'explosifs civils.

Chute de météorite, essais nucléaires, crash d'avion ou d'hélicoptère, missile... "Il y a dans ce dossier des personnes qui sortent folles", qui soupçonnent un "complot d'Etat" pour dissimuler les causes réelles de la catastrophe, lance-t-il. 

"Il n'y a pas de mystère AZF. Il y a une explosion qui a commencé dans le bâtiment 221", où était stocké du nitrate d'ammonium, assène le magistrat. Il se réfère aux "lois de la physique", sans lesquelles "le monde n'est plus ce qu'il est".

M. Biechlin risque jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende. Grande Paroisse encourt 225.000 euros d'amende.

Pour la majorité des parties civiles, l'explosion est due au déversement accidentel d'un produit chloré sur un tas de nitrate d'ammonium, rendu possible par une mauvaise gestion des déchets de cette usine classée Seveso 2.

La défense, elle, a des doutes sur cette piste dite "accidentelle".

- "Comme dans un western" -

Les avocats des prévenus ont avancé d'autres hypothèses : un acte terroriste, dans une ville comptant des foyers de radicalisation islamiste; ou une explosion due à de très vieux résidus de poudre dans le sol.

L'avocat général Stéphane Chassard traite l'hypothèse terroriste avec un rien d'ironie. "L'heure optimale pour faire péter tout ça, cela aurait été à 8H00 du matin", lorsque la rocade proche du site AZF est embouteillée, et non pas 10H17, relève-t-il. 

Pour le magistrat, d'hypothétiques terroristes auraient choisi d'autres hangars, dont la destruction aurait fait encore plus de ravages que celle d'un tas de nitrate, qu'il est difficile de faire exploser: "Il ne suffit pas d'allumer une mèche comme dans un western." 

Le second avocat général, Jean-Christophe Crocq, achèvera les réquisitions jeudi matin. C'est alors que l'accusation dira quelles peines elle réclame. 

Comme toutes les audiences, les réquisitions sont retransmises en direct à Toulouse, où la frustration de ce procès délocalisé se mêle à la lassitude des parties civiles, qui vivent leur troisième procès AZF.

Le premier procès AZF, en 2009, avait débouché sur une relaxe, au bénéfice du doute sur les causes exactes de la catastrophe. Le second, en appel en 2012, avait au contraire condamné Serge Biechlin et Grande Paroisse aux peines maximales - avant que cette décision ne soit annulée par la Cour de cassation.

La défense plaidera à partir de la semaine prochaine et le procès doit s'achever au plus tard le 24 mai. La cour ne rendra son arrêt qu'après plusieurs semaines.

aue/tmo/cam

 
19 commentaires - Au procès AZF, réquisitoire contre les théories du complot
  • C'était évidemment un complot. De plus avec le temps, on s'aperçoit également des incohérences dans la fin tragique de la princesse Diana, sous le tunnel de l'Alma. C’était évidemment un complot. A l’époque personne n’avait intérêt à faire une enquête approfondie. A ce propos je vous conseille le livre romancé de Vincent CLAUTT : LE 13 eme PILIER. Les « grands » éditeurs parisiens ont refusés de le publier sous prétexte que « cela était de l’histoire ancienne, que ça n’intéressait plus personne » !!!! Ainsi il n’est est vente QUE sur Amazon.

  • Pourquoi le dossier de cet intérimaire, habitant le Mirail, défavorablement connu de la Police, et dont l'épouse était passé à la télé pour défendre la mémoire.
    Vous pensez, un homme qui avait magouillé quelques voitures, ne pouvait être foncièrement mauvais.
    Pourquoi portait-il plusieurs pantalons de survêtement les uns sur les autres ?
    Parce que très maigre, on se moquait de lui...
    Il parait que les kamikase, le font pour préserver leur parties.

  • jo99 je vous crois sans problème et vous être loin d'être le seul à avoir entendu deux explosions.

  • Comme beaucoup d'affaires, (Heaulme par ex.) la justice met trop de temps à clore les dossiers.

    pendant ce temps la ils ont le temps de partir avec une retraite confortable

  • en tout cas la double explosion a bien eu lieu ! j'étais sur mon lieu de travail et je l'ai bien entendu !

    Non il n'y a pas eu une double explosion. La deuxième entendue est un "effet de souffle" appelé aussi "onde de choc".

    Caton_lancien  (privé) -

    sauf que le soi disant effet de souffle a été enregistré par les sismographes situés à des centaines de km - drôle de souffle !

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