Attentats : Salah Abdeslam "commence à prendre conscience de ce qu'il a fait" selon son frère

Attentats : Salah Abdeslam

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Orange avec AFP, publié le dimanche 10 avril 2016 à 11h45

Le frère aîné, Yazid, et le père de Salah Abdeslam se sont pour la première fois confiés aux médias français. Ce dernier espère que son fils va "s'exprimer devant la justice".

Depuis qu'il est incarcéré à la prison de Bruges, en attendant d'être transféré en France, la famille de Salah Abdeslam est venu régulièrement le voir.

C'est au sortir d'une de ces visites que le père du suspect-clé des attentats de Paris s'est exprimé au micro d'Europe 1 pour la première fois depuis les attentats. Âgé de 67 ans, Abderrahmane Abdeslam se dit "malade" et confesse "ne presque pas" sortir de chez lui. "Je suis très très triste" répète-t-il, "Je ne sais pas comment les enfants s'entraînent dans des magouilles comme ça... Vraiment, je ne comprends pas ce qu'il se passer dans leur tête" déplore-t-il.

Depuis le 13 novembre 2015, rien n'est plus pareil. Ce jour là, son fils Brahim s'est fait exploser devant le Comptoir Voltaire, dans le 11e arrondissement de Paris et son cadet, Salah, également impliqué dans les attentats qui ont fait 130 morts, se lançait dans une cavale de quatre mois, avant d'être rattrapé le 18 mars dernier. "Moi je suis ici depuis 40 ans en Belgique, on était là, on était heureux, on était bien on sortait, on rigolait, maintenant on peut même pas sortir de chez nous", a encore déclaré Abderrahmane. Aujourd'hui, il souhaite que "cette histoire se termine au plus vite" et attend de son fils qu'il "livre sa version aux enquêteurs". "Il va être jugé", "c'est la justice", celui "qui a fait quelque chose, il doit payer", a-t-il déclaré, "j'espère que tout le monde va parler".




- "Il doit bien ça aux familles des victimes" -

Europe 1 a également recueilli les confidences de Yazid Abdeslam, le seul des trois frères Abdeslam à avoir quitté la maison familiale de Molenbeek. Jusque là très discret, il a dévoilé au correspondant de la station de la rue François Ier les confidences de son frère, dont il est soulagé qu'il ait été arrêté vivant. Salah assure avoir été entraîné dans cette histoire : son frère Brahim lui aurait demandé d'aller chercher des hommes en Hongrie et en Allemagne, sans lui donner la raison. Il affirme n'avoir pas été au courant du projet d'attentat jusqu'à la dernière minute. C'est devant le Stade de France, où il devait se faire sauter, qu'il aurait compris ce qu'il s'apprêtait à faire. Il aurait décidé de se résigner, rentrant alors le plus vite possible à Bruxelles.

C'est déjà ce qu'il avait confié à son autre frère, Mohamed, le 1er avril. "Il a volontairement refusé de se faire sauter" assurait ce dernier, selon qui Salah était loin d'être la tête pensante des tueries et n'aurait pas été au courant dès le début de ce qui allait se passer.

Yazid a également affirmé que son frère, en quartier d'isolement, était au courant de l'actualité grâce à la télévision. Une télévision qu'il regarde de moins en moins, car "il commence à prendre conscience de ce qu'i a fait". L'aîné de la fratrie, qui comptait cinq enfants, quatre garçons et une fille, explique également que Salah a nié devant sa famille avoir entendu son voisin de cellule Medhi Nemmouche, le tueur du musée juif de Bruxelles, lui ordonner de ne rien dire à la police, ainsi que l'avait affirmé plusieurs médias.

Blessé à la jambe lors de son arrestation, Salah Abdeslam commence de nouveau à marcher normalement et prie tous les jours dans sa cellule. Il aurait réaffirmé vouloir être transféré le plus rapidement possible vers la France, pour s'installer pour de bon dans sa cellule, et collaborer avec les enquêteurs français. "Il doit bien ça aux familles des victimes" assure Yazid. Il "veut collaborer car il a des comptes à rendre mais pas à la Belgique" expliquait Mohamed Abdeslam le 1er avril.




Ce n'est pas l'avis de la justice belge. Jeudi, l'avocat du Français de 26 ans avait affirmé qu'il ne serait pas remis "avant plusieurs semaines" à la France, la justice belge souhaitant l'entendre au moins dans l'enquête sur une fusillade survenue à Bruxelles trois jours avant son arrestation. Ce contre-temps "ne remet pas en cause le principe" indiquait vendredi le garde des Sceaux français Jean-Jacques Urvoas.

 
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