Attentats du 13 novembre : la recherche innove contre le stress post-traumatique

Attentats du 13 novembre : la recherche innove contre le stress post-traumatique

La façade du Bataclan le 13 décembre 2015.

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Orange avec AFP, publié le vendredi 11 novembre 2016 à 13h31

Comment les victimes du 13-Novembre peuvent-elles se reconstruire ? Un traitement est actuellement testé pour aider à la prise en charge du stress post-traumatique. L'idée arrive du Canada.

En décembre 2015, un mois après les attaques de Paris et de Saint-Denis, le professeur Alain Brunet, spécialiste du traumatisme à l'Université McGill de Montréal, propose à la France d'expérimenter son protocole élaboré voilà 20 ans. Le projet baptisé "Paris : Mémoire vive" est expérimenté dans une quinzaine de centres dont huit hôpitaux de l'Assistance Publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP) qui soutient le protocole. Celui-ci vise à comparer les prises en charge habituelles des psycho-traumatismes au traitement mis au point par le professeur Alain Brunet.



Coordonné par Bruno Millet, psychiatre à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, ce traitement innovant pourrait changer la vie des victimes d'attentats mais aussi de toutes personnes souffrant de stress post-traumatique, une pathologie de la mémoire qui reproduit à l'identique l'événement traumatique. Plus que des souvenirs, la personne qui en souffre, va revivre sans cesse cet événement. Dans une interview publiée sur 20 Minutes ce vendredi 11 novembre, Bruno Millet explique la façon dont fonctionne cette thérapie d'un nouveau genre. Celle-ci "associe la prise d'un médicament et six séances de psychothérapie". Ce médicament, c'est le propanolol, un médicament utilisé habituellement contre la migraine, et qui "atténue également la charge émotionnelle".

"LES RÉSULTATS SONT SPECTACULAIRES"

La méthode permet d'intervenir sur les souvenirs émotionnels, grâce à ce médicament. Le patient devra prendre la pilule une heure avant la séance de thérapie. Puis, il "est invité à écrire le récit de son trauma, puis à le relire la semaine suivante et ce pendant six semaines à l'issue desquelles le souvenir traumatique s'estompe, comme le montre un premier petit essai clinique présenté lors d'un congrès aux Etats-Unis", détaille Le Parisien.

Pour l'heure, seuls 50 patients ont pu être recrutés. "Environ la moitié sont des victimes des attentats du 13 novembre, une autre moitié a souffert de viols, de violences traumatisantes parfois liés à des guerres. Mais l'étude reste centrée sur les victimes d'attentats", commente Bruno Millet. Pour l'heure, les victimes des attentats ne semblent pas prêtes à tester le programme. "Ce qui semble les inquiéter, c'est de prendre des psychotropes". Bruno Millet se veut rassurant : "J'insiste sur le fait que la prise de médicament est temporaire : le traitement ne dure que six semaines, c'est très peu. Il arrive que des personnes souffrant de stress post-traumatique suivent des psychothérapies et vivent sous antidépresseurs pendant des années".

Débutée en juin dernier après avoir obtenu "le feu vert de la CNIL, de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM)", l'expérimentation donne des résultats prometteurs. "Nous pouvons déjà dire que pour certains patients, les résultats sont spectaculaires", affirme-t-il. Mais être probant, l'essai clinique doit être mené sur 400 patients. Si l'efficacité du traitement est prouvée, "cette thérapie pourrait être utilisée de façon systématique à chaque catastrophe : attentat, tremblement de terre, catastrophe aérienne..."
 
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