Attentats de Paris et Bruxelles : Mohamed Abrini raconte la cavale et la préparation des terroristes

Attentats de Paris et Bruxelles : Mohamed Abrini raconte la cavale et la préparation des terroristes

Mohamed Abrini et Salah Abdeslam, filmés dans une station-service deux jours avant les attentats du 13 novembre (illustration)

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Orange avec AFP, publié le jeudi 06 avril 2017 à 15h35

Il est "l'homme au chapeau" des attentats de Bruxelles, poussant une valise bourrée d'explosifs sur un chariot aux côtés des deux kamikazes de l'aéroport de Zaventem. Mohamed Abrini, 32 ans, est incarcéré en Belgique depuis son arrestation le 8 avril 2016.

Cet ami d'enfance de Salah Abdeslam est apparu très tôt dans l'enquête sur les attentats du 13 novembre. Mardi 4 avril, France Inter a révélé des extraits de son audition en date du 1er juin 2016, où il évoque les derniers préparatifs des attaques sanglantes perpétrées à Paris et Saint-Denis, ainsi que ses planques.


Abrini avait été filmé en compagnie de Salah Abdeslam dans une station-service de l'autoroute A1, en route vers Paris, à l'avant-veille des attentats. "C'est le convoi de la mort, c'est trois voitures qui se suivent", dit Abrini à la juge d'instruction, évoquant une "veillée" à Charleroi, avec les autres membres du commando. "Tous les gars qui étaient dans l'appartement, dans le convoi c'étaient mes derniers potes (...) Dans ma tête je sais qu'ils vont aller vers la mort. (...) C'est comme si je les accompagne vers leurs derniers instants".

"Ils étaient calmes, tranquilles. Ils préparaient à manger dans la cuisine, regardaient la télé. Je ne voyais pas de stress en eux", raconte t-il. Mohamed Abrini "embrasse une dernière fois tout le monde" dans leur planque de Bobigny, et repart à Bruxelles en taxi.

EXPLOSIFS, HUMIDITÉ ET "APPARTEMENTS EN HAUTEUR"

Il retrouve Salah Abdeslam deux jours après les attentats. "Il était pâle, fatigué (...). Il m'a dit que voilà c'était fait". Dans les mois qui suivent, Abrini et Abdeslam bougent de planque en planque. À Schaerkbeek (banlieue de Bruxelles), ils s'installent dans un duplex, où la machine à coudre est "l'objet le plus gentil parmi tous les objets qui étaient là". A l'étage, "un genre de bac avec de la poudre qui sert au TATP (explosif, ndlr) et des fils".

Ils se déplacent ensuite vers Jette, quelques kilomètres à l'ouest. "C'était tout petit et on était à six dedans. En plus, il y avait beaucoup d'humidité. Je n'ai pas vu de fabrication d'explosifs là-bas. Pour préparer ces choses-là, il faut de l'espace, un appartement en hauteur, c'est ce que Najim (Lachraoui, "l'artificier" des attaques du 13 novembre et du 22 mars, qui s'était fait sauter à l'aéroport de Zaventem), m'avait dit car l'odeur est insoutenable."

Enfin, à Forest, où les membres du commando se plaignent : "Trop d'humidité, il fait froid, des murs en carton. Tous les soirs on entendait les galipettes du couple au-dessus." Quelques jours plus tard, Najim Lachraoui et Ossama Krayem, deux des terroristes, partiront à Bruxelles et Zaventem pour commettre les attentats du 22 mars.

 
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