Attentat "imminent" déjoué: un as de la dissimulation associé à un délinquant multirécidiviste

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 Photos publiée par la police française de Clément Baur (g) et de Mahiedine Merabet (d), arrêtés à Marseille, dans le sud de la France, le 18 avril 2017

Photos publiée par la police française de Clément Baur (g) et de Mahiedine Merabet (d), arrêtés à Marseille, dans le sud de la France, le 18 avril 2017

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© AFP, Handout, FRENCH POLICE
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AFP, publié le mercredi 19 avril 2017 à 17h57

Attentat déjoué: les enquêteurs tentent de reconstituer le parcours de ces deux hommes soupçonnés de projeter une attaque "imminente"

Un jeune converti déterminé, expert en dissimulation, associé à un codétenu multirécidiviste: les enquêteurs tentent de reconstituer le parcours de ces deux hommes soupçonnés de projeter une attaque "imminente" et arrêtés mardi à quelques jours de la présidentielle.

"Il a fallu du temps pour les localiser", reconnaît une source proche du dossier. Multipliant les alias, les téléphones et les cartes bancaires prépayées, Clément Baur, 23 ans, et Mahiedine Merabet, 29 ans, ont déjoué un temps les recherches qui s'étaient intensifiées après l'interception, le 12 avril, d'une vidéo d'allégeance ou de revendication destinée à des membres du groupe EI. Cette vidéo laissait supposer "l'imminence d'une action" violente, selon le procureur de la République, François Molins.

Mardi matin, les deux jeunes hommes, fichés S, ont finalement été interpellés à la sortie d'un appartement marseillais qu'ils louaient depuis le 1er avril. Dans le logement, les enquêteurs ont retrouvé un arsenal important composé d'armes et d'explosifs artisanaux, du TATP, prêts à l'emploi ou à un stade de préparation avancé.

Aucune cible précise n'a été identifiée à ce stade, selon le procureur de la République. Néanmoins, "des éléments, notamment la carte de Marseille et l'instabilité des explosifs, amènent à penser qu'ils entendaient passer à l'acte à Marseille ou dans ses environs", selon une source proche de l'enquête.

"Ils ont très bien su masquer leurs déplacements et avaient coupé leurs téléphones portables à leur arrivée à Marseille", a rapporté cette source selon laquelle "personne, à part eux, n'a touché aux explosifs ou est entré dans l'appartement".

François Molins a décrit deux hommes "aussi méfiants que déterminés". Dans le duo, c'est Clément Baur qui semble en pointe. Il "n'a eu de cesse de changer de domiciliation et d'utiliser des alias", notamment celui d'un jihadiste tchétchène de Verviers (Belgique). Les enquêteurs se demandent si Clément Baur a cherché à se procurer des armes via la communauté tchétchène. 

- Faux papiers -

Condamné en janvier 2015 pour usage de faux documents, Clément Baur avait alors comparu à son procès sous une autre identité: "Il était incarcéré sous le nom d'Ismaïl Djabrailov", ont indiqué des sources syndicales de la maison d'arrêt de Sequedin, près de Lille.

C'est là qu'il rencontre Mahiedine Merabet, un délinquant roubaisien multirécidiviste, dont il partage la cellule pendant quarante jours. Selon son entourage, Merabet se radicalise au contact de son cadet, qui avait "beaucoup d'influence sur lui", a rapporté une source proche de l'enquête.

En mars 2015, les proches de Clément Baur signalent sa disparition inquiétante, ses velléités de départ en Syrie et sa pratique radicale de l'islam, auquel il s'est converti à 14 ans au contact de la communauté tchétchène à Nice.

Fiché S cette année-là, Clément Baur apparaît alors dans une enquête belge sur "la mouvance jihadiste". "Signalé pour audition", "il n'y avait toutefois plus aucune trace de l'intéressé en Belgique depuis fin 2015", a indiqué le parquet fédéral belge dans un communiqué.

Clément Baur introuvable, c'est Mahiedine Merabet qui apparaît à son tour dans le viseur des autorités. Le 7 décembre, il est absent de son domicile de Roubaix lors d'une perquisition administrative. A sa place, les enquêteurs trouvent un homme qui présente une fausse identité et s'avérera finalement être Clément Baur.


La police ne peut notifier d'assignation à résidence à Mahiedine Merabet, qui a quitté son domicile après la visite des autorités. Mais il donnera lui-même signe de vie aux policiers le 4 avril. Ce jour-là, le commissariat de Roubaix reçoit une enveloppe contenant un message manuscrit de Merabet: "Je vous donne ma carte d'identité et ma carte (bancaire) (...) Je vais bientôt me rendre on discutera (...), laissez moi tranquille, salut". 

Cette démarche qui intrigue donne lieu le lendemain à l'ouverture d'une enquête préliminaire par la section antiterroriste du parquet de Paris, qui aboutira par l'interpellation des suspects 13 jours plus tard.

 
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