Attentat du Thalys : le terroriste en lien avec Abdelhamid Abaaoud

Attentat du Thalys : le terroriste en lien avec Abdelhamid Abaaoud

Un membre de la police technique et scientifique devant le Thalys arrêté en gare d'Arras (Pas-de-Calais), le 21 août 2015.

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Orange avec AFP, publié le lundi 19 décembre 2016 à 16h07

Le journal Le Monde a obtenu l'audition complète de l'auteur de l'attentat avorté du 21 août 2015 dans le TGV Thalys reliant Amsterdam à Paris. Devant le juge, Ayoub El Khazzani a reconnu qu'il avait emprunté la route des migrants avec Abdelhamid Abaaoud, le coordinateur des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

Ayoub El Khazzani est passé aux aveux lors de sa cinquième audition.

Ce ressortissant marocain de 27 ans s'est décidé à parler pour "donner une image de (lui) qui (lui) correspond". "Je suis un vrai jihadiste, mais on ne massacre pas les femmes et les enfants", a-t-il déclaré devant le juge le mercredi 14 décembre. "Je ne suis pas un massacreur. Je suis un noble combattant. Je suis un soldat". Il est revenu sur la genèse de son projet terroriste et "les semaines passées, entre Istanbul et Bruxelles, avec son donneur d'ordres Abdelhamid Abaaoud", écrit le quotidien. Il a également expliqué qu'il avait une cible "précise, déterminée" : il "comptait s'en prendre à des Américains". "Ce n'est pas un hasard s'il est monté en première classe", avait expliqué son avocate, Me Sarah Mauger-Poliak, la semaine dernière à l'AFP.


Il s'agit d'une nouvelle ligne de défense pour le suspect. Jusque-là, il avait d'abord présenté une version rocambolesque avant de se murer dans le silence. Dans ses premières déclarations en garde à vue, il avait affirmé qu'il voulait commettre un braquage dans le Thalys, avec des armes trouvées dans un parc de Bruxelles où il dormait avec des SDF. L'assaillant était muni d'une kalachnikov et de neuf chargeurs pleins ce 21 août 2015. Il avait réussi à grièvement blesser une personne, avant l'intervention de militaires américains en vacances qui l'avaient maîtrisé, mettant ainsi en échec un potentiel carnage, sept mois après les attentats contre Charlie Hebdo, à Montrouge et à l'Hyper cacher.

PASSAGE PAR LA HONGRIE, L'AUTRICHE ET L'ALLEMAGNE

Ayoub El Khazzani était parti en Syrie en mai 2015 "pour lutter contre les massacres faits par les chiites, mais en arrivant en Syrie il s'est passé autre chose qu'(il) n'avai(t) pas prévu", écrit Le Monde. Il a expliqué au juge avoir vu un bâtiment "détruit" en sortant d'un camp d'entraînement. "Le frère syrien qui nous encadrait m'a dit que c'étaient les Américains qui avaient bombardé. Il m'a dit que ce bâtiment était une mosquée. Ça m'a fait un choc, ça m'a révolté, ça m'a détruit de l'intérieur". Il n'a passé que six jours sur place mais il s'est dès lors dit "prêt à mourir" et voulait être "considéré comme un objet" dont l'EI pouvait faire "ce qu'il voulait".


Il s'entraîne au maniement de la kalachnikov et est reconduit à la frontière turque. Brièvement bloqué à Antalya puis Istanbul pour des problèmes de passeport, il est finalement rejoint par un certain Abou Omar - Abdelhamid Abaaoud - pour emprunter la route des réfugiés. Selon Ayoub El Khazzani, l'EI a décidé, dès l'été 2015, d'emprunter la route des migrants pour faire entrer ses jihadistes "en raison des échecs répétés" pour pénétrer l'espace Schengen par avion. Cette technique d'infiltration des combattants en Syrie sera ensuite employée par la quasi-totalité des kamikazes du 13 novembre. Au cours de leur périple en Europe, ils ont suivi les indications livrées par Bilal Chatra, un Algérien de 20 ans, chargé de partir en reconnaissance sur la route des Balkans pour faciliter l'infiltration de jihadistes de retour de Syrie. Ce dernier sera arrêté en juillet 2016 en Allemagne.

DES MILITAIRES AMÉRICAINS "WAGON 11 OU 12"

Selon une note des renseignements hongrois, El Khazzani et Abaaoud se sont rendus en Hongrie le 1er août avant de prendre la direction de l'Autriche puis de l'Allemagne. Un complice - toujours non identifié - vient ensuite les chercher en voiture pour les emmener en Belgique, où les futurs attentats seront coordonnés. "On est resté un certain temps dans l'appartement avec Hamza et Abou Omar. Nous n'avions pas le droit de sortir, nous étions ravitaillés par des frères. C'est moi qui faisais la cuisine", a expliqué le jihadiste au juge. "Un jour, Abou Omar, qui avait des contacts avec la Syrie, nous a dit qu'il avait reçu un ordre, à savoir qu'Hamza et mois devions nous préparer psychologiquement à faire une opération".

Abdelhamid Abaaoud lui expose les détails de sa mission quelques jours plus tard : "Il m'a dit que la cible était dans le Thalys, où je devais attaquer des Américains. Abou Omar m'a expliqué qu'il fallait que je prenne un billet pour la première classe dans le wagon 11 ou 12, je ne me souviens plus, dans le Thalys de 17 heures. Abou Omar m'a dit qu'il ya aurait entre trois et cinq militaires". Ayoub El Khazzani doit être une nouvelle fois entendu par le juge ce mardi 20 décembre.
 
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