Attentat du 14 juillet à Nice : le point sur l'enquête

Attentat du 14 juillet à Nice : le point sur l'enquête

Le camion a fauché violemment des personnes sur près de 2 kilomètres

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Orange avec AFP, publié le vendredi 15 juillet 2016 à 18h56

- L'enquête sur l'attentat perpétré sur la Promenade des Anglais à Nice le soir du 14 juillet a déjà permis d'identifier l'assaillant. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie des investigations.-

Révélée en milieu de nuit par plusieurs médias locaux, l'identité de l'assaillant a été confirmée par les autorités.

Mohamed Lahouiej-Bouhlel, 31 ans a été abattu par les forces de police après avoir foncé sur la foule sur près de deux kilomètres. Le chauffeur a également tiré sur des forces de police avec d'être neutralisé 300 mètres plus loin, à hauteur du Palais de la Méditerranée. L'individu, né en Tunisie et domicilié à Nice, a été confondu par des empreintes papillaires prélevées sur le corps, qui a été retrouvé sur le siège passager. Un permis de conduire ainsi qu'une carte bancaire au nom du terroriste présumé avaient mis les enquêteurs sur la piste.

DE NOMBREUSES NATIONALITÉS PARMI LES VICTIMES

Le camion de 19 tonnes ayant servi pour l'attentat a été loué le 11 juillet à une société de Saint-Laurent du Var. Dans l'habitacle ont été retrouvés un pistolet semi-automatique, une autre arme de poing factice, ainsi que des répliques de fusils automatiques. L'homme était seul à bord. Reste à déterminer s'il a bénéficié de complicités dans la préparation des faits.

Selon le dernier bilan provisoire communiqué par le procureur de la République de Paris, l'attaque a fait 84 morts, et 202 blessés. Parmi eux, 52 sont en situation d'urgence absolue, 25 et en réanimation. Plusieurs numéros d'urgence d'aide aux victimes ont été mis en place. Celui de la cellule interministérielle d'Aide aux Victimes du Quai d'Orsay est le : 01.43.17.56.46. Celui du CHU de Nice, pour les proches des victimes, est le 04.93.72.22.22. Parmi les victimes figurent 10 enfants et adolescents. Dans le décompte des premières victimes étrangères identifiées : 3 Algériens (une femme de 70 ans et deux enfants), 3 Tunisiens, 3 Allemandes, 2 Américains, 2 Suisses, 1 Marocaine, 1 Russe, 1 Arménienne et 1 Ukrainien.

L'ASSAILLANT CONDAMNÉ POUR VIOLENCES, MAIS INCONNU DES SERVICES ANTITERRORISTES

Pour accélérer l'identification des victimes, Interpol a envoyé un groupe de spécialistes à Nice pour aider à l'enquête, dont des experts en identification de victimes étrangères. Cette équipe de "Réponse aux incidents" (Incident Response Team, IRT) comprend aussi des spécialistes du terrorisme et du renseignement qui pourront mettre à profit les bases de données d'Interpol. L'organisation dispose d'un processus d'identification des victimes (DVI - disaster victims identification guidelines) internationalement reconnu, qui consiste à collecter et à comparer des échantillons d'ADN, des empreintes digitales ou dentaires avec d'autres récupérés à leur domicile ou fournis par les familles des victimes via le réseau des bureaux d'Interpol dans le monde.

L'enquête a permis d'affiner le profil de l'assaillant. Ce chauffeur-livreur de nationalité tunisienne, marié et père de famille, et inconnu des services de renseignement, n'avait jamais été signalé pour des faits de radicalisation. Une dizaine de voisins interrogés l'ont décrit comme "solitaire" et "silencieux". Il avait récemment divorcé. Il avait été condamné le 24 mars dernier à 6 mois de prison avec sursis pour des faits de violences avec armes, commis en janvier 2016. Son ex-femme a été placée en garde à vue en fin de matinée. L'incertitude demeure encore quant aux motivations de l'individu. François Hollande a évoqué "une attaque dont le caractère terroriste ne peut être nié".

L'attentat n'a pas été revendiqué à ce stade, mais "ce type d'action correspond très exactement aux appels permanents aux meurtres" des organisations de type Al-Qaïda ou groupe Etat islamique, a estimé François Molins. Dans un message audio diffusé en 2014, le porte-parole officiel de l'EI Abou Mohammed Al-Adnani encourageait ceux qu'il nomme "les soldats du califat" à utiliser n'importe quelle arme disponible. "Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle", leur disait-il, "débrouillez-vous (...) renversez-les avec votre voiture".
 
16 commentaires - Attentat du 14 juillet à Nice : le point sur l'enquête
  • Ce type d'action a déjà été utilisé en France, en décembre 2014, sur 3 marchés de noël différents (Nantes, Dijon et Joué-lès-Tours) sans que ces faits soient ensuit repris...
    Rappelez-vous, à l'époque le procureur avait déclaré que l'incident était un « cas isolé » et qu'on « on ne [pouvait] parler d'acte de terrorisme », même si « le caractère délibéré ne semblait pas faire de doute ».
    Moins d'un mois plus tard c'est "Charlie Hebdo" qui initiait cette cette série de massacre...

  • Pourquoi ce camion a t-il été autorisé à stationner à cet endroit? En état d'urgence tout doit être suspect ! Il faudra que la police réponde à cette question.

  • Beaucoup d'internautes qui semblent être des spécialistes de la sécurité "yaquak fautquon" critiquent le gouvernement, les services de police, la justice avant de penser aux victimes et à la peine de leurs familles et de leurs amis.
    Le gouvernement de M Sarkozy a-t-il pu arrêter les crimes de Merah, signalé S, qui avait quitté et rejoint notre pays après des voyages "touristiques" au Pakistan, en Afghanistan, en Irak ?
    Daech s'il est responsable de ce nouvel attentat doit se réjouir de ces divisions franco-françaises. Que veulent-ils ? Nous diviser ! Ne leur faisons pas ce plaisir !

  • comment ce camion a t il pu pénétrer sur ce boulevard et rouler du 1 jusqu'au 147 !!! les barrières étaient beaucoup trop insuffisantes et trop proches du site feu d'artifice , la police aussi , si c'était une présence d'un ministre ou politique à cette heure et cet endroit le périmètre de sécurité aurait été beaucoup plus grand
    messieurs Estrosi et Ciotti , ont ils vraiment tout prévu pour la sécurité de cette manifestation , une ville vantée pour sa logique de sécurité depuis des mois sous vidéo surveillance ;; 1 caméra tous les 150/200 mètres avaient ils dit avec central de surveillance de technologie optimum.............

  • Les services de renseignements ne peuvent travailler qu'avec des faits.
    Ils ne peuvent pas travailler à partir de la haine qui est dans le coeur de certains.
    Relent du colonialisme, non adaptation à une forme de civilisation, frustrations diverses.
    Il est clair que tout délinquant récidiviste doit être renvoyé dans son pays d'origine.
    Il n'y a pas de place pour les bisounours.

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