Attentat de Nice : 4 plaintes déposées contre l'État ou la Ville pour déficit de sécurité

Attentat de Nice : 4 plaintes déposées contre l'État ou la Ville pour déficit de sécurité

La polémique sur les mesures de sécurité adoptées le 14 juillet à Nice, en plein état d'urgence, ne désenfle pas.

A lire aussi

Orange avec AFP, publié le mardi 26 juillet 2016 à 19h56

- Le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, a indiqué ce mardi 26 juillet que quatre plaintes contre la Ville ou l'État avaient d'ores-et-déjà été déposées auprès du parquet pour manque de sécurité. D'autres sont encore à l'étude.

-

Les plaignants sont des personnes qui étaient proches géographiquement de la scène de l'attentat ou sont les parents de mineurs qui s'y trouvaient, a expliqué le procureur. Ces personnes "ont le sentiment que le niveau de sécurité était insuffisant" le soir du massacre (au moins 84 morts et 428 blessés). La Ville de Nice avait la responsabilité de l'organisation des festivités autour du 14 juillet. Les moyens de sécurité déployés pour encadrer l'événement relevaient en coresponsabilité de l'État et de la Ville, a encore ajouté le procureur.

Le procureur n'a pas indiqué si les plaignants avaient, par ailleurs, subi des blessures physiques ou psychologiques durant l'attentat. Les plaintes dans ce domaine spécifique sont adressées au Tribunal de grande instance de Paris, dans le cadre de l'enquête sur l'attentat menée par le parquet antiterroriste.

UN ATTENTAT PLANIFIÉ DEPUIS PLUSIEURS MOIS

L'enquête a permis d'établir que l'auteur de l'attentat, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, avait des complices et préparait ce carnage depuis des mois. Cinq suspects, qui étaient en contact avec le tueur, ont été mis en examen jeudi soir par des juges antiterroristes et placés en détention provisoire. Les cinq suspects (quatre hommes et une femme), tous inconnus des services antiterroristes et âgés de 22 à 40 ans, avaient été placés les jours précédents en garde à vue. Ce sont deux Franco-Tunisiens, un Tunisien, un Albanais et une Franco-Albanaise, dont un seul avait été condamné pour des faits de droit commun. L'exécutif a promis pour cette semaine un rapport de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la "police des polices", sur le dispositif en place le soir de l'attentat du 14 juillet.


UNE BRÈCHE OUVERTE DANS L'AFFAIRE MERAH

Le 12 juillet dernier, plusieurs victimes des attentats du 13 novembre avait annoncé leur intention de déposer un recours contre l'État devant le tribunal administratif de Paris en raison selon eux de "défaillances" susceptibles d'engager sa responsabilité. L'avocate Samia Maktouf avait alors expliqué vouloir "rentrer dans la brèche ouverte" par le tribunal administratif de Nîmes qui avait jugé, le même jour, l'État responsable en partie de la mort d'un soldat tué le 15 mars 2012 sous le mandant de Nicolas Sarkozy à Montauban par Mohamed Merah. La juridiction a estimé que "la décision de supprimer toute mesure de surveillance" visant le délinquant toulousain inscrit au fichier S est "constitutive d'une faute". L'avocate avait été mandatée par 17 victimes des attentats du 13 novembre.

Me Maktouf cite ainsi le cas de Samy Amimour, assaillant du Bataclan, qui avait pu partir en Syrie en 2013 après avoir violé son contrôle judiciaire. Alors qu'il était visé par une interdiction de sortie du territoire et privé de son passeport, il avait pretexté la perte de papiers d'identité pour demander en préfecture un nouveau document d'identité, selon la commission. Pour l'avocate, les autorités judiciaires "auraient dû tirer la sonnette d'alarme dès qu'Amimour a échappé à son contrôle judiciaire". L'avocate avait déjà annoncé en mai sa volonté de déposer un recours contre l'État belge, coupable à ses yeux de défaillance dans la surveillance des frères Abdeslam.

Le procureur de Nice a annoncé à l'AFP avoir ouvert mardi une enquête préliminaire pour vérifier les allégations "d'abus d'autorité" émises par la policière municipale niçoise Sandra Bertin. Cheffe du centre de vidéosurveillance de la ville de Nice, elle accuse notamment un "commissaire de police" envoyé selon elle par le ministère de l'Intérieur et une autre personne disant faire partie du cabinet ministériel, jointe par téléphone, de lui avoir demandé "de faire apparaître sur certains endroits des positions de la police nationale" et de rédiger un rapport "modifiable". Une enquête est également ouverte à Paris après les plaintes en diffamation déposées par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve en son nom propre et au nom de la police nationale.

 
10 commentaires - Attentat de Nice : 4 plaintes déposées contre l'État ou la Ville pour déficit de sécurité
  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]