Attentat "antisémite" de Sarcelles: les parties civiles réclament une punition "exemplaire"

Attentat

Une épicerie casher de Sarcelles visée par une attaque à la grenade, le 19 septembre 2012

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AFP, publié le mercredi 14 juin 2017 à 14h40

"Ils voulaient tuer des juifs": des associations, parties civiles au procès de la filière de Cannes-Torcy, ont demandé mardi une sanction "exemplaire" contre les auteurs d'un attentat à Sarcelles, membres d'un groupe porté par une "idéologie jihadiste".

La cour d'assises spéciale de Paris juge depuis près de deux mois 20 membres présumés de cette filière pour un attentat à la grenade contre une épicerie casher de Sarcelles le 19 septembre 2012, des projets d'attaques notamment contre des militaires dans le sud de la France et des départs en Syrie.

Cet attentat de Sarcelles, principal fait d'armes du groupe, est "paradoxal" pour les avocats du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF): il n'a miraculeusement "pas fait de mort" mais "il est emblématique" des mutations du terrorisme français, six mois après la tuerie du jihadiste toulousain Mohamed Merah et "annonciateur" des crimes de masse de 2015.

Les auteurs de ce crime "sont allés à Sarcelles avec une intention évidente: ils voulaient tuer des juifs", a rappelé Marc Bensimhon, avocat du Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA), dénonçant un "réseau terroriste organisé".

L'avocat du BNVCA, créé en 2002 "face à la montée des actes antisémites en France", a dit l'importance de lutter contre "la résurgence d'une haine farouche que l'on croyait disparue depuis le nazisme": "la parole est libre, on dit ce que l'on veut, le web le permet", avec des conséquences importantes en France, où vit "la troisième communauté juive du monde", avec "500.000 personnes".

"Les 250.000 juifs d'Ile-de-France se sont déplacés de l'est à l'ouest de Paris: ils ont peu à peu quitté Saint-Denis, Sarcelles, qui était pourtant considérée comme la petite Jérusalem", a-t-il dit, ajoutant: "Ils se sentent Français mais ne se sentent pas en sécurité en France. Plus de 26.000 ont quitté la France depuis cet attentat".

Son fils et confrère Julien Bensimhon a dénoncé l'imagerie antisémite véhiculée par les jihadistes, qui voient dans "le juif" une "personne malfaisante qu'il est normal de tuer". 

L'avocat de l'épicerie casher Naouri, Philippe Goossens, a décrit une attaque contre "un lieu de la vie en commun". Se tournant vers le box, il a ajouté: "Je me sens un lien avec les accusés. Nous sommes tous unis, nous sommes un peuple". Un peuple qui attend "non pas une vengeance mais un message fort", pour sanctionner une atteinte intolérable au vivre ensemble, qui a visé des juifs et au- delà, "tout le peuple".

Les réquisitions sont attendues vendredi et le verdict le 22 juin.

  

 
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