Arrêtée avec ses enfants à Mossoul, une Française demande le rapatriement

Arrêtée avec ses enfants à Mossoul, une Française demande le rapatriement

Un homme dans les rues de Mossoul (Irak), le 12 juillet 2017 (photo d'illustration).

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Orange avec AFP, publié le jeudi 13 juillet 2017 à 15h02

C'est une première en France. Selon RMC, les avocats d'une Française de 27 ans et de ses quatre enfants arrêtés par l'armée irakienne à Mossoul (nord de l'Irak) demandent aux autorités de rapatrier au plus vite cette famille en France.

Ils invoquent "une obligation morale" compte tenu de la présence d'enfants en bas âge (de 5 mois à 6 ans).

Originaire de Seine-et-Marne, le couple était parti en 2015 pour rejoindre l'État islamique en Syrie puis en Irak. Le père est porté disparu. Selon la radio, le couple affirmait depuis un an ne plus soutenir l'organisation terroriste et souhaitait rentrer en France. Ils affirment avoir contacté le consulat de France à Erbil (Kurdistan irakien) à plusieurs reprises. En vain. Un seul conseil leur a été promulgué : "mettre des bracelets aux enfants avec leur nom pour les identifier plus facilement en cas de décès".

"SI ELLE DOIT ÊTRE JUGÉE EN FRANCE, ELLE LE SERA"

Les avocats de la jeune femme, Maitres William Bourdon et Vincent Brengarth, ont sollicité mercredi 12 juillet le consulat d'Erbil et le parquet de Paris. "Les autorités françaises doivent prendre des mesures immédiates pour s'assurer que les enfants sont bien traités et que cette famille puisse retourner vers la France au plus vite", expliquent-ils. "Sinon c'est une forme d'omission de porter secours à des enfants français en danger. Ensuite, si on estime que cette femme doit être jugée en France, elle le sera, et ses enfants devront être confiés, si possible à l'entourage familial pour limiter les immenses perturbations qu'ils ont dû endurer".


Sur une photo prise par un soldat irakien et obtenu par RMC, les enfants apparaissent "affamés et très affaiblis (...) recouverts de la poussière qui blanchit les quartiers de la ville dévastée" et récemment libérée par l'armée irakienne avec l'appui de la coalition internationale. "Il y a de nombreux Français dans son cas, partis sur un coup de tête, embrigadés, avec un mélange de naïveté et qui ont été dans une désillusion absolue. Il faut faire du cas par cas", poursuit William Bourdon.

LE CASSE-TÊTE DES "REVENANTS"

Le Quai d'Orsay est, pour l'instant, faroucement opposé à ce type de retour. Selon plusieurs sources militaires françaises et irakiennes interrogées par RMC, la France tente même d'"éliminer sur place des combattants français de l'État islamique par crainte qu'ils en reviennent pour commettre des attentats". "Une position cynique et une déshumanisation totale" pour William Bourdon. Selon lui, sa cliente est une victime collatérale menacée par Daesh.

Les chiffres officiels - imprécis car certains combattants ont gagné les zones de jihad puis en sont revenus sans attirer l'attention - estiment à 5 à 6.000 (sur un total d'environ 27.000 combattants étrangers) le nombre de ressortissants ou de résidents de pays de l'UE à avoir pris le chemin de la Syrie ou de l'Irak, le plus souvent via la Turquie. Selon le coordinateur de l'Union européenne contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, "entre 2.000 et 2.500" Européens ou résidents de pays de l'UE encore sur place, sont susceptibles de rentrer. "Les chiffres les plus récents suggèrent que sur le total de combattants étrangers européens, 15 à 20% sont morts sur place, 30 à 35% sont déjà rentrés et environ 50% sont encore en Syrie et en Irak", écrivait-il dans un rapport récent.

Selon un décompte des bureaux européens de l'AFP, à partir d'estimations officielles, environ 1.500 jihadistes sont déjà rentrés dans leurs pays d'origine ou de résidence, dans lesquels ils sont le plus souvent emprisonnés, toujours placés sous une surveillance plus ou moins étroite et parfois inclus dans des programmes de déradicalisation, dont personne à cette heure ne peut avoir la certitude qu'ils atteignent leur but.


Le premier écueil est de parvenir à évaluer la dangerosité de ceux que le journaliste français David Thomson a baptisé dans son livre-enquête "Les revenants", en commençant par déterminer ce qu'ils ont fait en terre de jihad. "Le problème, c'est que quand ils rentrent et qu'ils sont interrogés, ils disent tous qu'ils étaient infirmiers", dit David Thomson à l'AFP. "La grande difficulté pour la justice, c'est d'avoir des éléments matériels pour prouver ce qu'a fait un individu sur le sol syrien. Les plus malins, souvent les plus dangereux, n'ont jamais posté quoi que ce soit de leurs activités sur les réseaux sociaux". "Donc en France, la règle est la prison, pour des peines de plus en plus longues: on décale le problème dans le temps, faute de savoir quoi faire pour l'instant", ajoute-t-il.
 
79 commentaires - Arrêtée avec ses enfants à Mossoul, une Française demande le rapatriement
  • le grand refoulement (remplacement) commence !

  • elle est vraiment Française ? j'en doute ... elle n'a qu'à rentrer comme elle est partie là-bas ...

  • Elle et son mari ont choisi de rejoindre ce groupe de monstres , et maintenant que les jihadistes de Mossoul sont vaincus et arrêtés par les syriens , elle demande à être " rapatriée " avec ses 4 enfants. C'est délirant et des avocats osent plaider sa cause . Heureusement, le Quai d'Orsay dit être absolument etre opposé à ce retour . Elle doit être arrêtée et jugée en Syrie, , déchue de sa nationalité française et interdite de retour . Elle ne va pas être épargnée par la justice syrienne et le sait , pas prete de revenir de sitôt et tant mieux . Mes propos peuvent sembler inhumain , et jamais je n'ai été aussi vengeresse . Mais ses " amis " sont des criminels et je n'oublierai jamais le mal qu'ils ont fait .

  • BEN VOYONS ! ! ! envoyons un avion sanitaire pour la faire revenir dans les meilleurs conditions. Une fois rentée elle va réclamer toutes les aides possibles que bien entendu elle obtiendra. Son avocat (certainement payé par nos soins) va se charger de cela.

  • Elle est partie de son plein gré cette " française " ( de papier ! ), qu'elle reste la bas ... de toute façons elle mérite le retrait de nationalité alors ... dehors !!!!

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