Après le désastre des législatives, le PS dans un champ de ruines

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 Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, le 18 juin 2017 à Paris

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, le 18 juin 2017 à Paris

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© AFP, FRANCOIS GUILLOT
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AFP, publié le lundi 19 juin 2017 à 20h18

Décapité, décimé, divisé, appauvri... le PS va devoir entamer le chantier de sa "reconstruction", qui devrait prendre plusieurs années selon ses responsables, réunis mardi en Bureau national pour en poser la première pierre.

A l'issue des élections législatives, le PS compte à l'Assemblée 30 députés, contre 278 en 2012. Une Bérézina qui a conduit dès dimanche soir le premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis, à annoncer son départ de la direction du Parti.

"La gauche doit tout changer, la forme comme le fond, ses idées comme ses organisations. La gauche doit ouvrir un nouveau cycle (...) Il s'agit d'un immense défi, d'une tâche de longue haleine", a dit l'ancien député de Paris, balayé dès le premier tour dimanche dernier.

Dressant un parallèle avec la création du PS à Epinay, en 1971, M. Cambadélis estime qu'il faudra peut-être "quatre-cinq ans" pour que le parti, qui n'a plus ni corpus idéologique ni leader naturel, puisse redevenir une force électorale crédible.

Concluant une succession de défaites aux élections municipales, européennes, départementales, régionales et présidentielle, l'échec du PS aux législatives ne sera pas sans conséquences financières: la dotation annuelle du parti devrait passer de 28 millions d'euros en 2012 à sept environs.

La direction pourrait mettre sur pied un plan de départ des salariés et n'exclut pas de vendre ou d'hypothéquer son siège de la rue de Solférino.

Déchiré durant tout le quinquennat entre une majorité loyale au gouvernement et une aile frondeuse, le PS n'en a pas fini avec ses divisions: elles devraient ressurgir lors de la première réunion des députés PS, mardi à 15H00 à l'Assemblée, à propos de l'épineuse question du vote de la confiance au gouvernement, début juillet.

- "Syndrome de Stockholm" -

Si certains, comme le nouveau député du Val-de-Marne Luc Carvounas, affirment dès à présent leur volonté de ne pas la voter, d'autres se montrent plus évasifs, tel l'ancien porte-parole du gouvernement Stéphane le Foll.

"Être constructif et vigilant, c'est regarder d'abord, avant de se positionner. Ça me frappe, il y en a qui savent déjà s'ils vont être pour ou contre. Très bien, je les laisse prendre les positions qu'ils vont avoir", a dit le député de la Sarthe sur Europe 1.

Le groupe, dont Olivier Faure briguera à nouveau la présidence, pourrait s'accorder majoritairement sur une position d'"abstention vigilante".

"Donner sa confiance a priori à un gouvernement dont on ne sait rien, c'est difficile. Et de fait nous n'appartenons pas à la majorité. On a perdu beaucoup des nôtres à cause de la République en marche... On n'est pas obligé d'avoir le syndrome de Stockholm!", ironise un député rescapé. M. Faure pourrait être élu jeudi, selon un communiqué du groupe PS.

Du côté de la direction du PS, on indique que le Conseil national qui se réunit samedi pourrait se prononcer sur le sujet, et que "l'idée est plutôt qu'on ne la vote pas".

L'ancien Premier ministre Manuel Valls siégera-t-il dans le même groupe que ses anciens camarades? Dans l'hypothèse où le vote contre la confiance ou l'abstention prévaudrait, rien n'est moins sûr. "Je pense que Manuel Valls fera ce qu'il a dit qu'il ferait: il votera la confiance au gouvernement", affirme un de ses proches à l'AFP.

La rumeur de la formation d'un groupe réunissant avec Manuel Valls des membres du Parti radical de gauche, des centristes et des socialistes "pro-Macron" va bon train à l'Assemblée.

Qui pour remplacer Jean-Christophe Cambadélis à la tête du parti? L'ancien député de Paris a évoqué dimanche une direction "collégiale".

Sans avancer de noms, plusieurs responsables s'accordent à dire qu'elle devra réunir des gens avant tout soucieux de la "rénovation du PS", et non de leurs ambitions personnelles.

Interrogé par l'AFP, un proche de Manuel Valls invite à faire "les choses en ordre, dans la transparence, et sans faire de purges". "Une direction qui viendrait du bon dieu, pour la faire valider par un Conseil national aux ordres, ça n'existe pas!", dit-il.

 
77 commentaires - Après le désastre des législatives, le PS dans un champ de ruines
  • Ily a quand même quelques petits plaisirs de la journée.
    la chute de ce faux-clu de cambdelis et puis surtout d'el Salpoerie dont j'espère qu'elle finira au chômage et dans la rue à la soupe populaire.
    Elle pourra ainsi expérimenter le sort qu'elle réservait aux autres ce qui est parfaitement moral.
    -Evidemment il manque vlals et surtout holalnde..

  • Bien sûr, les fautifs qu'on désigne, pour ce "champ de ruines", sont les tous derniers dirigeants du pays : M.Hollande et ceux qui ont travaillé avec lui. Ça semble l'évidence même.
    Pourtant je crois que ces gens là n'ont été que les catalyseurs d'une réaction de désagrégation du PS, venue de bien plus loin. C'est à dire de l'évolution même que cette idéologie de gauche, dans le siècle qui a suivi sa naissance, est parvenue à imprimer à la société humaine. Le socialisme est, en quelque sorte, victime de ses propres réussites. Réussites qu'il a engrangées jusqu'à la mi-20ème siècle, avec les acquis sociaux obtenus de haute lutte, au prix du sang même, dans la seconde moitié du 19ème siècle !
    Aujourd'hui, il n'y a plus que les jusqu'au-boutistes de la France insoumise pour croire encore qu'on peut développer à l'infini les avantages sociaux, la protection sociale, l'état providentiel. Car la mise en place et la pérennité de ces acquis sociaux ont un coût. Naturellement, ce coût augmente déjà mécaniquement avec la démographie et l'allongement de l'espérance de vie. Il devient de plus en plus difficile à assumer. Il finit par peser négativement sur la compétitivité de l'économie qui régresse. Comment, alors, souscrire aux revendications incessantes portées par la Gauche ? Elle a échoué de plus en plus, ces dernières décennies, à obtenir satisfaction pour un corps social devenu exigeant , capricieux et individualiste. Et ce corps social s'est petit à petit senti trahi, par cette Gauche qui n'obtenait plus grand chose. Et qui, par nécessité économique, a osé prendre, avec M. Hollande et M.Valls, un virage vers un certain libéralisme incompréhensible par le peuple laborieux.
    Dès lors, la fin du PS était programmée et inéluctable.

  • Le socialisme, c'est définitivement terminé et c'est tant mieux! Les gens de gauche peuvent aller se faire voir chez Mélenchon. Ou a Cuba ou en Corée du Nord. Les autres ont largement le choix: LREM, FN, LR, Ecologistes.... Le socialisme, ca a été une illusion, des mensonges, une pensée unique qui ne pouvait qu'exploser! Mettre le couvercle sur la marmite à chaque secousse, ne pas voir la réalité en face, la synthèse a tout prix..voilà le résultat , bon débarras!

  • à tous ces ex ministres ou députés qui couraient les entreprises en difficulté et avaient toujours de bonnes idées,il est l'heure de nous montrer de quoi vous ètes capables !

  • Un champ de ruine, Cambadélis en est aussi l'instigateur et responsable, il a soutenu Hollande bec et ongles jusqu'au bout.

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