Après la mort de Simone Veil, quels sont les chiffres de l'avortement en France?

Après la mort de Simone Veil, quels sont les chiffres de l'avortement en France?

Simone Veil, la ministre de la Santé, lors de son discours à l'Assemblée nationale sur la loi autorisant l'interruption volontaire de grossesse (IVG), le 26 novembre 1974, à Paris.

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Orange avec AFP, publié le samedi 01 juillet 2017 à 16h44

Au lendemain du décès de Simone Veil, à l'origine de la loi autorisant l'interruption volontaire de grossesse il y a plus de 40 ans, quels sont les chiffres de l'avortement en France ?

Pas moins de 211.900 avortements ont été réalisés en France l'an dernier, un chiffre en légère baisse, et la part la plus importante concerne des femmes âgées de 20 à 24 ans, révèlait la Direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) dans une étude publiée le 24 juin.

En 2016, 211.900 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été dénombrées, dont 197.800 en métropole, écrit le service statistique des ministères sociaux. Pour la troisième année consécutive, ce chiffre est en légère baisse.

Les femmes de 20 à 24 ans restent les plus touchées 

Dans le détail, 210.149 IVG ont concerné des femmes domiciliées en France en 2016 pour 785.000 naissances. L'année précédente, plus de 219.000 avortements avaient été dénombrés pour quelque 800.000 naissances. "Chaque année, on compte environ une IVG pour un peu moins de quatre naissances", explique la Drees, précisant que leur nombre varie "d'un mois à l'autre" et qu'elles sont plus nombreuses les premiers mois de l'année.

Le taux moyen de recours à l'IVG est de 13,9 pour 1.000 femmes âgées de 15 à 49 ans en métropole et de 25,2 dans les départements et régions d'Outre-mer.  C'est parmi les femmes de 20 à 24 ans qu'il reste le plus élevé, 26 pour 1 000 femmes. Chez les moins de 20 ans, les taux baissent avec 6,7 recours pour 1.000 femmes parmi les 15-17 ans et 17,8 parmi les 18-19 ans.  De 40 à 44 ans, il est d'environ 6 pour 1.000 et de 0,6 pour 1.000 au-delà de 45 ans.

L'Ile-de-France, championne de l'IVG

Au niveau régional, des écarts sont notables : de 10,3 IVG pour 1 000 femmes en Pays de la Loire à 20,1 en Provence-Alpes-Côte d'Azur et plus de 25 dans les départements et régions d'Outre-mer. L'Ile-de-France, région la plus peuplée, a dénombré le plus d'IVG, près de 50.000.

L'an passé, 34.700 IVG ont été réalisées hors d'une structure hospitalière en métropole (cabinet médical, centre de santé ou centre de planification), et 3.500 en Outre-mer, soit 18 % du total des IVG, comme en 2015.  À l'hôpital, la part des IVG instrumentales continue de décroître, au profit des IVG médicamenteuses, et s'élève à 44%. En 1992, 10% des IVG étaient médicamenteuses. La quasi-totalité des IVG réalisées à l'hôpital l'était dans des établissements publics : 84% en 2016 contre 80% en 2011 et 65% au milieu des années 1990.

Entre 55.000 et 90.000 avortements avant la loi Veil

Bien qu'il soit difficile de trouver des chiffres précis sur le nombre d'avortements en France avant 1975, le site contraception.fr estime qu'il y aurait eu entre 55.000 et 90.000 avortements entre 1970 et 1971, selon l' Etude de la clientèle et du champ d'attraction d'un service hospitalier publiée en 1974 dans la revue  Population. Simone Veil aura " gagné et incarné le combat le plus fondamental pour les femmes, celui de la libre disposition de leur corps" selon la philosophe féministe Elisabeth Badinter.

 
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