Annegarn et Maé, héraut et héros de la première soirée des Francos

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 le chanteur français Christophe Maé sur la scène des Francofolies de La Rochelle, sous la pluie,  le 12 juillet 2017

le chanteur français Christophe Maé sur la scène des Francofolies de La Rochelle, sous la pluie, le 12 juillet 2017

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© AFP, XAVIER LEOTY
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AFP, publié le jeudi 13 juillet 2017 à 02h48

Force vive, force motrice et force de l'âge: Octave Noire au rayon espoirs, Christophe Maé côté stars, et, surtout, Dick Annegarn dans le camp des glorieux vétérans, ont bien lancé les 33es Francofolies à La Rochelle, mercredi.

"Ni jeunisme, ni nostalgie, c'est tout le patrimoine qui est convoqué": l'esprit de cette édition 2017, résumé à l'AFP par le directeur Gérard Pont, a parfaitement été illustré dès la première journée du festival.

Preuve de ce grand écart parfaitement maîtrisé, la soirée qui s'est déroulée dans La Coursive, avec le Néerlandais Dick Annegarn, figure incontournable de la scène francophone depuis plus de 40 ans, précédé d'Octave Noir, figure émergente de la pop électronique. 

A son entrée en scène, Annegarn, vêtu d'un costume gris tombant sur des sneakers blanches, ne cache pas sa joie d'être là. Il faut dire que cet amoureux invétéré de la langue française, tout content, annonce avoir appris un mot en ce mercredi brûmeux. 

- 'ça mouillasse' -

"Je ne connaissais pas ce +ça mouillasse+ prononcé par une dame à côté de moi", dit-il. Et de "mouiasser" lui-même ses lèvres, en conclusion de sa deuxième chanson, "Roule ma poule" issu de "Twist" son 18e album studio sorti l'an passé. Applaudissement et hilarité dans la salle.

"Il pleut", titre vieux de vingt ans, tout approprié en cette soirée bruineuse, suit. Et suivant ses paroles, "la pluie, mon ami, revient de temps en temps, Le temps de faire rire l'atmosphère pesant", le grand échalas impose fait pleuvoir ses facéties, dont Johnny Hallyday ne sort pas indemne sur "Que toi", transformé en "Ah que toi".

En une heure et dix minutes, Annegarn remonte ainsi le fil de son répertoire, dans un registre jazz-folk, où, entre une anecdote improbable évoquant "une bonbonne butagaz achetée chez des punks à chiens devenue un instrument" et deux bons mots, perce toutefois sa mélancolie naturelle.

"Je fréquente des slameurs, j'organise des joutes verbales, je fais en sorte d'être vigilant afin de ne pas m'autoringardiser, disait-il plus tôt. Rester vif, c'est la meilleure façon d'être créatif. J'essaie de ne pas lasser le public. Et il m'en est reconnaissant, souvent il répond. On rit et on pleure ensemble."

Ce grand escogriffe de 65 ans songe sérieusement à ne plus faire d'albums de chansons. "J'étouffe un peu dans ce petit format", confie l'auteur-interprète, révélé il y a 43 ans avec son premier album "Sacré Géranium" qui avait séduit le public avec le titre "Bruxelles", repris avec l'aide du public connaisseur qui n'en demandait pas tant. Donnant-donnant comme promis.

- Façon Western -

En première partie et aux antipodes sonores, Octave Noire a, lui, déroulé sa pop électronique aux relents hypnotiques, issue de son album "Néon", sorti en janvier et dont l'ADN emprunte autant à Kraftwerk, qu'à Etienne Daho, Sébastien Tellier ou Robert Wyatt.  

A 43 ans, Patrick Moriceau, alias "Octave Noire", n'est pas vraiment un perdreau de l'année, ce qui ne l'empêche pas d'être une des révélations de 2017 sur disque. Pour ce qui est de la scène, malgré une profondeur musicale indéniable, l'absence de lâcher prise a empêché sa performance d'être en tous point remarquable. Dommage. 

Plus tard dans la soirée, c'était l'heure des têtes d'affiches de s'escrimer sur la grande scène Jean-Louis Foulquier, devant quelque 12.000 personnes nullement découragées par le crachin persistant.

Après l'accordéoniste-interprète Claudio Capéo, le collectif pop Boulevard des Airs et le rappeur marseillais Soprano, Christophe Maé a ravi ses nombreux fans. L'artiste reconnaissable à son chapeau et son poncho façon western, a comme à son habitude délivré une prestation énergique et généreuse.  

"Il est où le bonheur ?", demande-t-il dans un de ses récents tubes, largement repris en écho. Manifestement, pas loin des oreilles de ses convertis.

nip/sma

 
2 commentaires - Annegarn et Maé, héraut et héros de la première soirée des Francos
  • Ce pauvre Maé, on en fait tout un plat....Il est d'une nullité accablante et insupportable à entendre !!!! Les gens n'ont plus de goût nio de connaissance musicale.....Pauvre France !

  • C'est étonnant tout de même, qu'à la télé, il n'y ait plus d'émission musicale, alors que le public y adhère facilement lors de spectacle.
    Je suis allé voir récemment à Enghien : Earh wing & fire, la rue était bondée... D'ailleurs le groupe a remercié le public que c'était bien la première fois qu'il avait été si chaudement accueilli.

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