Alimentation : Michel-Édouard Leclerc agite la menace d'une flambée des prix, colère des industriels

Alimentation : Michel-Édouard Leclerc agite la menace d'une flambée des prix, colère des industriels

Michel-Édouard Leclerc, en juin 2017 à Landerneau (Finistère).

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Orange avec AFP, publié le jeudi 28 septembre 2017 à 19h05

Michel-Édouard Leclerc accuse certains industriels et distributeurs concurrents de préparer une hausse massive des prix des produits alimentaires. Une déclaration qui suscite la colère des accusés.

"Des hausses de prix de 5% à 15% sur des milliers d'articles alimentaires...

sous prétexte d'aider les agriculteurs ! C'est le deal complètement irresponsable qu'en marge des États généraux de l'alimentation (EGA), certains industriels et même, des distributeurs, voudraient faire passer dans le train de mesures pour l'Agriculture", explique Michel-Édouard Leclerc, patron du groupe de distribution du même, sur son blog.

"Outre l'impact démesuré sur le pouvoir d'achat des Français, comment garantir que ces marges sur l'eau de Volvic, le Nescafé ou le Kinder seront redistribuées aux éleveurs ou aux maraîchers ? Je n'y crois pas, je prépare une communication presse pour faire sortir les loups du bois", ajoute-t-il.

"QUELQUES CENTIMES, PAS 15%"

Des accusations qui n'ont pas manqué de faire réagir les principaux intéressés. Les industriels agroalimentaires assurent que mettre fin à la guerre des prix et retrouver de la valeur pour la filière ne se fera pas au détriment des consommateurs : "Pour redresser l'ensemble de la filière, cela représente (un coût, NDLR) de 30 centimes d'euros par personne et par semaine, sur un an ça fait 15 euros. On ne va pas chercher 5 à 15% de plus, comme on l'a entendu", a répliqué mercredi le président de l'association des industries alimentaires (Ania), Jean-Philippe Girard.



Selon lui, "Michel Edouard Leclerc est en train de s'isoler alors que lors des ateliers des états généraux, le volonté de tous les acteurs est de bouger, de construire un autre avenir pour tous. Tout le monde est assez prêt à faire la paix", estime-t-il. "Cette guerre des prix, c'est la leur (les distributeurs, NDLR), mais c'est nous qui sommes contraints de la financer", rappelle-t-il également.

"Michel-Édouard Leclerc dit faux, une fois de plus, ce n'est pas normal qu'il essaye de brandir le chiffon rouge de cette façon-là", s'est, elle, agacée jeudi sur RTL la patronne de la FNSEA, Christiane Lambert. "Si Michel-Édouard Leclerc était le défenseur des agriculteurs, ça se saurait, il a plutôt contribué à beaucoup nous enterrer depuis longtemps", a poursuivi la présidente du syndicat majoritaire du monde agricole.

MICHEL-ÉDOUARD LECLERC A CONTRIBUÉ À LA FAILLITE DE CERTAINS AGRICULTEURS

Pour elle, ce sont "quelques centimes" de plus sur un litre de lait, que devra payer le consommateur, non pas 15%, "mais plutôt de l'ordre de 1 à 1,5%, mais il faut être sûr que ça va revenir jusqu'au producteur agricole", a-t-elle déclaré, prenant l'exemple du lait équitable "C'est qui le patron".



"Ça fait des années que Monsieur Leclerc prône la politique du prix bas le plus bas, le plus bas, c'est dommage, parce que c'est lui qui a contribué à faire baisser la richesse générée par l'agriculture et à faire des faillites en agriculture, en quelque sorte", a ajouté Christiane Lambert.

Mme Lambert, également éleveuse de porcs dans le Maine-et-Loire, a fustigé une fois de plus les promotions qui "plombent complètement la lisibilité des prix des produits" : "Quand les côtelettes de porc en promotion sont achetées 1,92 euro pendant 15 jours, le consommateur ne sait pas que le vrai prix c'est six euros, donc quand elles sont à six euros, il ne les achète plus". "Emmanuel Macron a dit qu'il voulait rééquilibrer la répartition de la valeur, pour que les agriculteurs gagnent enfin un peu mieux leur vie, c'est ce qu'il faut réussir à faire dans les États généraux", a-t-elle conclu.

À l'instar de la FNSEA, principal syndicat agricole français, l'Ania propose d'arrêter le "dumping" sur les produits alimentaires en redéfinissant le seuil de revente à perte pour qu'il tienne compte des coûts de distribution, et demande l'arrêt des promotions abusives sur les produits. L'Ania ajoute une demande d'encadrement des contrats passés via des centrales d'achats basées à l'étranger.
 
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