Affaire Grégory : quand Murielle Bolle songeait à se jeter sous un train

Affaire Grégory : quand Murielle Bolle songeait à se jeter sous un train

Murielle Bolle le 30 juin 1986 à Dijon.

A lire aussi

Orange avec AFP, publié le samedi 01 juillet 2017 à 13h12

Pourquoi Murielle Bolle a-t-elle changé de version sur la responsabilité de son beau-frère Bernard Laroche dans le rapt du petite Grégory ? Selon Le Parisien, la soirée avant que l'adolescente ne se rétracte fut particulièrement tendue, l'adolescente faisant même une crise de nerfs.

Murielle Bolle, mise en examen et écrouée jeudi 29 juin pour enlèvement suivi de mort, avait affirmé en 1984, alors qu'elle avait 15 ans, avoir assisté au rapt du petit Grégory avant de se rétracter. Démêler le vrai du faux, 32 ans plus tard, est la priorité de l'accusation pour tenter de résoudre l'énigme.

Les gendarmes lui ont-il mis la pression pour dénoncer son beau-frère Bernard Laroche ? Ou bien est-ce sa famille qui l'a poussé à change sa version ?

Dans la matinée du 5 novembre 1984, la jeune fille assure que le mari de sa sœur Marie-Ange est bien venu la chercher au collège le 16 octobre 1984 avant d'enlever le petit garçon devant chez ses parents à Lépanges-sur-Vologne, dans les Vosges, puis de l'abandonner à Docelles, là où son corps sera découvert. Mais après une nuit en famille, elle change de version et accuse les gendarmes de lui avoir extorqué ce témoignage accablant. Une version qu'elle maintient encore aujourd'hui. Bernard Laroche est libéré en 1985, avant d'être tué par le père de Grégory qui le croyait coupable.

LE TÉMOIGNAGE D'UN COUSIN ÉLOIGNÉ

Mais pour l'accusation, ce serait au contraire dans sa famille qu'elle aurait "subi des pressions, voire des actes de violence de la part de son entourage", pour la faire revenir sur ses déclarations, dès le lendemain. Un nouveau témoignage en ce sens, d'un cousin éloigné, semble être la pierre angulaire de la mise en cause de Murielle Bolle.

L'idée n'est pas neuve : des témoins indiquaient depuis longtemps, dans le dossier, qu'elle aurait été "malmenée" à son retour chez elle, le 5 novembre 1984. Mais celui-ci est "très précis" et émane "de quelqu'un qui a vraiment vu ce qui s'est passé, il parle de violences physiques", assure le procureur général de Dijon, Jean-Jacques Bosc.

"Elle a toujours contesté qu'il y ait eu violences", rétorque l'avocat de Murielle Bolle, Me Jean-Paul Teissonnière, qui admet cependant qu'il ait pu y avoir "une réaction de très fort mécontentement" dans la famille.

CRISE DE NERFS

Samedi 1er juillet, Le Parisien dévoile les dessous d'une soirée familiale sous tensions. "Tout le monde pleurait, a notamment raconté une de ses sœurs, interrogée en 1991. Je sais que ma sœur (Marie-Ange, ndlr) a attrapé Murielle par le col et l'a secouée tout en lui demandant : 'Pourquoi tu as dit ça ? Pourquoi tu as dit ça ? Murielle pleurait'", rapporte le quotidien.



La jeune fille perd alors pied. "Lorsque Marie-Ange questionnait Murielle, celle-ci a fait une crise de nerfs, ajoute une autre sœur. On a appelé le médecin, qui lui a fait une piqûre". Ce qui ne suffit visiblement pas à calmer l'adolescente qui s'enfuit du domicile familiale, "songeant à se jeter sous un train", relate le journal. Après une nuit chez sa sœur et son beau-frère, elle change sa version.

Pour autant, la justice n'a toujours pas tranché. Pour le procureur général, il est encore trop tôt pour dire "quelle est la bonne version": "On recueille des éléments précis, on n'échafaude pas de scénarios, on a des témoignages laissant penser qu'elle a pu faire l'objet de pressions et de violence pour se rétracter, l'instruction s'attache à vérifier ce point-là". La qualification retenue pour sa mise en examen, "enlèvement suivi de mort", implique toutefois que Murielle Bolle ait eu une participation active, a minima en jouant le rôle d'appât pour faire monter l'enfant dans la voiture.

Dans le passé, les enquêteurs avaient déjà exploré cette piste. Mais en 1993, la cour d'appel de Dijon avait écarté une "intention criminelle". Dans l'hypothèse où elle serait bien montée en voiture avec Bernard Laroche, "il n'est pas établi qu'elle ait su, avant d'apprendre le lendemain par la lecture des journaux, la mort de Grégory Villemin, le but de l'expédition à laquelle elle avait participé", jugeait-elle alors.

 
142 commentaires - Affaire Grégory : quand Murielle Bolle songeait à se jeter sous un train
  • pour moi un enfant innocent a été assassiné
    et là ce n'est pas le saint esprit l'assassin
    comment peut on resté silencieux devant un tel acte

  • A l'école, elle avait bien une amie, une ou des camarades à qui elle a dit : " on est venu me chercher ", ou bien ses camarades ou d'autres personnes l'ont vue monter dans la voiture de son beau-frère... Ce n'est certainement pas passé inaperçu dans un petit village !

  • Je me souviens de cette affaire au moment des faits et des nombreux rebondissements et surtout de la tristesse pour ce petit enfant , mais je suis étonnée de cet énorme intérêt des gens pour cette affaire vieille de 30 ans. Le petit Gregory est évoqué , mais ce sont surtout les suppositions, les solutions qui abondent à chaque élément nouveau , comme si chacun refaisait l'enquête .

  • elle avait 15 ans , elle a été manipulé par une famille pourrie ;elle n'a pas choisi ,si elle dit la vérité il ne faudrait pas la considéré comme coupable mais victime et lui pardonné et la laisser vivre avec son mari et ses enfants

  • Il faudrait préciser à tout ceux qui prétendent détenir la vérité que m Bolle est présumé innocente et qu'elle pourrait très bien poursuivre en justice ces accusateurs du dimanche.

    Non ...elle a voulu se porter partie civile pour obtenir par la suite de l'argent ( conseiller par son avocat) cela lui a été refusé. Encore heureux tout de même il ne faut pas pousser

  • avatar
    [=pseudo.pseudo] -

    [=reaction.title]

    [=reaction.text]

avatar
[=pseudo.pseudo] -

[=reaction.text]