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Affaire Grégory: Murielle Bolle mise en examen pour enlèvement

Affaire Grégory: Murielle Bolle mise en examen pour enlèvement

Murielle Bolle à son arrivée au tribunal de Dijon, le 30 juin 1986.

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Orange avec AFP, publié le jeudi 29 juin 2017 à 22h40

Murielle Bolle, témoin clé dans l'enquête sur la mort du petit Grégory en 1984, a été mise en examen jeudi pour "enlèvement", a annoncé son avocat Jean-Paul Teissonnière.

Témoin clé de l'affaire Grégory en 1984, Murielle Bolle, 48 ans, a été mise en examen pour enlèvement suivi de mort et placée en détention provisoire jeudi, deux semaines après la mise en cause d'un grand-oncle et d'une grand-tante de l'enfant. Les gendarmes avaient repris mercredi dans les Vosges sa garde à vue entamée il y a 32 ans, à l'issue de laquelle elle a été déférée à Dijon pour être présentée à la juge qui instruit ce dossier des plus énigmatiques. 

L'audition de Murielle Bolle retardée après un malaise

Son audition a été retardée jeudi par un malaise qui a nécessité de l'hospitaliser brièvement avant son retour à la cour d'appel pour être entendue par la présidente de la chambre de l'instruction, Claire Barbier. Une audience sur son maintien ou non en détention aura lieu mardi devant la chambre de l'instruction, comme pour les époux Jacob qui avaient été remis en liberté, sous contrôle judiciaire, le 20 juin. L'avocat de Murielle Jacob, Me Jean-Paul Teissonnière, prévoit déjà de plaider longtemps. "Il faut qu'on ait le temps de démonter le canevas de ragots et de mensonges qui constituent l'essentiel de l'accusation", a-t-il déclaré jeudi soir. 

Marcel et Jacqueline Jacob, 72 ans tous les deux, avaient été mis en examen le 16 juin pour enlèvement et séquestration suivie de mort. L'accusation considère le crime qui a coûté la vie à l'enfant de quatre ans, retrouvé dans les eaux de la Vologne le 16 octobre 1984, comme un "acte collectif" auquel Murielle Bolle, qui était âgée de seulement 15 ans à l'époque, aurait donc pris part en participant à son enlèvement. Les Jacob étant soupçonnés, eux, d'avoir séquestré puis tué le petit garçon.

Nouveau témoignage

Il y a trois décennies, l'adolescente Murielle Bolle avait déjà été interrogée par les gendarmes. Elle avait alors livré un témoignage accablant contre son beau-frère Bernard Laroche, inculpé fin 1984. Avant qu'une rétractation éclair, après une nuit passée en famille, ne conduise à la libération de Bernard Laroche, tué d'un coup de fusil en 1985 par son cousin Jean-Marie Villemin, le père de Grégory. A l'époque, la jeune fille avait expliqué son revirement par des menaces qu'auraient exercées sur elle les gendarmes et selon son avocat, elle maintient cette version.

Mais un nouveau témoignage serait récemment venu la mettre à mal : dans la foulée de l'inculpation de Bernard Laroche, en 1984, elle aurait subi des pressions familiales, y compris physiques, pour retourner voir le juge dès le lendemain. Un témoignage "entièrement forgé et qui ne repose sur aucun élément de réalité", dénonce Me Teissonnière, pour qui l'arrestation des époux Jacob et sa médiatisation sont à l'origine des confidences de "quelqu'un qui règle ses comptes". Pour lui, on a affaire au "réveil de témoins qui n'ont rien dit pendant 32 ans" et qui, quand des informations circulent sur les Jacob, "se mettent à découvrir des choses". "On est dans l'irrationalité la plus totale mais ça marche, c'est ça le problème."

Dans le passé, les enquêteurs s'étaient déjà penchés sur le rôle de Murielle Bolle, mise en cause notamment par une plainte des parents de Grégory. L'information judiciaire s'était soldée par un non-lieu en 1988. Ils avaient notamment exploré une piste selon laquelle l'adolescente aurait pu prendre une part active à l'enlèvement de Grégory en lui injectant une dose d'insuline - prise à sa mère, diabétique - pour le plonger dans le coma. Un flacon et une seringue avaient été retrouvés au bord de la Vologne. Mais l'éventualité d'une "intention criminelle" de l'adolescente avait été écartée une nouvelle fois par la cour d'appel de Dijon en 1993, dans l'arrêt innocentant Christine Villemin, la mère de l'enfant.

 
30 commentaires - Affaire Grégory: Murielle Bolle mise en examen pour enlèvement
  • On entend parfois certains qui déclarent (avec humour) "J'aurais aimé vivre ma retraite quand j'étais jeune, et en pleine forme, et travailler ensuite" !.....

    Si Murielle Bolle est réellement coupable on pourra déclarer, de la même manière : "Elle aura vécu sa liberté lorsqu'elle était jeune, et en pleine forme, il sera toujours temps pour elle de vivre sa détention trente deux ans plus tard" !.....

    Si toutefois elle est réellement incarcérée !.... Car avec toutes les remises de peine on peut encore en douter .....

  • Pas de bol pour Murielle...

  • visiblement les internautes font un délit de faciès concernant cette personne, c'est bien triste. posez vous les bonnes questions plutôt que de vous éterniser sur son physique qu'elle n'a pas choisi. par contre je suis très surprise des propos entendus ce matin de la part de son avocat qui dit"" que l'on attend une prochaine victime"" pour enquêter là ou il faut. il y a des informations que ce monsieur a et que les enquêteurs ignoreraient ? ? ? ?

  • Les avocats prennent bcp trop d'importance dans notre société médiatisée et particulièrement dans cette affaire de meurtre d'enfant. A les entendre, personne n'a tué cet enfant. Tous leurs clients sont innocents. Voilà à quoi aboutit la non sanction des mensonges proférés devant un tribunal. Ils ont réussi à berner policiers et juges...

    Bravo, vous dites tout haut ce que la majorité des Français pensent. Il n'y a pas de fumée sans feu ! si cette enquête est relancée au bout de 32 ans, c'est qu'il y a une bonne raison.

  • Bonjour,pour des affaires criminelles de ce genre les avocats devraient la mettre en sourdine au lieu de fanfaronner devant la presse.
    Pour certains ils ne sont même pas capable de défendre leur client qui sont dans leur bon droit (je sais de quoi je parle). Cette
    affaire douloureuse pour les parents et pour nous tous français devrait trouver une issue pour que les assassins soient punis définitivement.

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