"Affaire de la jupe" à Gennevilliers : prison ferme pour la prévenue

L'altercation entre les jeunes femmes avait été filmée depuis le quai d'en face par un vidéaste amateur qui avait mis en ligne la vidéo (photo d'illustration).

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Orange avec AFP, publié le mardi 17 mai 2016 à 20h50

- La jeune femme accusée d'avoir violemment agressé une mineure, il y a un mois à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), parce que celle-ci portait une "mini-robe", a été condamnée ce mardi 17 mai à six mois d'emprisonnement, dont quatre avec sursis. L'audience n'a pas permis de démêler si ce détail vestimentaire a réellement été le déclencheur de la rixe.

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Les faits remontent au lundi 18 avril à un arrêt de tramway de la ligne T1 à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Une adolescente de 16 ans est rouée de coups par une jeune fille sur le quai de la station. Une vidéo amateur de l'agression est réalisée et toujours visible sur internet. L'objet du délit selon "Le Parisien" qui rapporte l'affaire ? La longueur de la jupe. Le quotidien relate que la victime, qui est tombée quelques heures dans le coma, a été violemment tirée par les cheveux pour être sortie du tram à l'arrêt "Le Village". Devant le tribunal correctionnel de Nanterre, la victime a confirmé cette version affirmant s'être fait agresser verbalement par trois jeunes filles, après s'être fait insulter à cause de sa robe très courte par "des petits" pendant qu'elle attendait le tramway à l'arrêt précédent.



INTERDICTION DE REVOIR LA VICTIME

Mais à l'audience, impossible de démêler réellement qui a eu la première le mot malheureux ou la main leste. Le tribunal est pourtant allé au-delà des réquisitions du procureur qui n'avait pas demandé de mise à l'épreuve et déploré une affaire de violence "tristement banale". "L'étincelle peut parfois partir de rien" et "rien n'est clair dans cette affaire sur ce qui a déclenché" les faits, a noté la magistrate Camille Laurens. "La décision rendue me paraît sévère compte tenu du fait que ma cliente n'était pas connue des services de police ni de la justice et que la victime n'a eu par chance que trois jours d'ITT. Nous réfléchirons avec ma cliente à faire appel", a réagi Me Hosni Maati à l'issue de l'audience.

Déplorant "la médiatisation de l'affaire", l'avocat a estimé que le tribunal avait "voulu faire un exemple". Le tribunal correctionnel de Nanterre a condamné la jeune femme de 19 ans à six mois d'emprisonnement, dont quatre avec sursis, et mise à l'épreuve pendant deux ans pour "violence dans un moyen de transport collectif de voyageurs suivie d'incapacité n'excédant pas 8 jours". Elle devra ainsi justifier d'une formation et suivre des soins psychologiques. En plus d'indemniser la victime, elle a également interdiction de la rencontrer.

Dans les jours suivants l'affaire, la jeune animatrice de 19 ans s'était exprimée dans plusieurs médias pour démentir la raison de l'altercation : "Franchement, ça me fait mal au cœur de croire que je frappe une fille pour une jupe", avait-t-elle assuré au micro de "RTL". "Non, on s'est battues, c'est une dispute qui a dégénéré. Et encore une fois ce n'est pas pour la jupe, c'est parti d'une petite histoire. Même moi je sors en jupe, je sors en short, ça ne me dérange pas, je vais en soirée. Je ne vois pas pourquoi je frapperais une fille qui est en jupe". Elle avait également "regretté" son geste et s'était défendu d'avoir porté le premier coup : "Sur la vidéo, on ne voit pas le début, elle aussi a été violente, elle a mis le premier coup et de là, on a commencé à se battre".

A plusieurs reprises durant l'audience, la prévenue a reconnu les faits de violence, sans pour autant les lier à la tenue vestimentaire de la victime, et demandé pardon. La victime "a donné le premier coup, je me suis sentie agressée. Quand j'ai vu la vidéo (sur internet), je ne me suis pas reconnue", a-t-elle déclaré à la barre.

 
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