Affaire de l'Angélus: vigilance sur les écoles hors contrat

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L'institution l'Angélus à Presly, dans le Cher, le 5 juin 2017

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© AFP, GUILLAUME SOUVANT
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AFP, publié le mercredi 07 juin 2017 à 18h44

La fermeture d'une école catholique traditionaliste du Cher et les soupçons d'abus sexuels et maltraitances pesant sur son directeur jettent une lumière crue sur le développement d'un enseignement privé hors contrat qui interpelle les autorités, jusque dans les rangs de l'Église.

L'institution l'Angélus, qui accueillait 109 garçons du primaire à la terminale à Presly, a été fermée sur décision préfectorale vendredi dernier, au titre de la protection de l'enfance. L'établissement est sous le coup d'une enquête judiciaire en raison de soupçons de maltraitance d'élèves et de "caresses et massages pour le moins inappropriés" sur au moins trois d'entre eux, selon le parquet.

La justice s'interroge en outre sur de possibles infractions financières et au droit du travail, ainsi que sur des méthodes éducatives jugées "dignes du XIXe siècle".

En cause: le tout puissant directeur de l'école, l'abbé Régis Spinoza, prêtre traditionaliste de 46 ans. Son avocat, Me Alexandre Varaut, le défend contre des "calomnies" diffusées selon lui par deux anciens enseignants préparant "la création d'une école concurrente à proximité".

Cette affaire, pour rare qu'elle soit, met justement en lumière la multiplication des écoles hors contrat, au nombre de 1.300 (scolarisant plus de 56.000 élèves). Plus de 300 sont confessionnelles, et parmi elles 200 catholiques, dont plusieurs dizaines attachées à la "tradition" dans l'Église. En vertu de la liberté de l'enseignement, ces établissements, qui n'ont pas signé de contrat avec l'État, ne sont pas tenus de suivre les programmes de l'Éducation nationale, et une déclaration en mairie suffit pour leur ouverture.

Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre, avait souhaité mieux encadrer l'ouverture de ces écoles, mais son projet a été censuré par le Conseil constitutionnel.

Craignant un "embrigadement" des élèves dans certains établissements, voire une "radicalisation" dans des écoles musulmanes, le ministère avait lancé à l'automne 2015 des inspections ciblées dans une vingtaine de structures, en plus des 300 réalisées chaque année en moyenne.

A la suite de contrôles inopinés dans l'académie de Versailles, un rapport que l'AFP s'est procuré, intitulé "Un terreau propice aux endoctrinements", s'inquiétait de "privations faites aux enfants de chances de s'instruire" et de choix éducatifs plus favorables "à l'emprise qu'à la formation d'un esprit critique". Le document citait des "contenus erronés et tendancieux" dans certaines écoles liées à la Fraternité Saint-Pie X, communauté intégriste toujours en rupture avec Rome: dans un manuel, on pouvait lire que "Pétain a sauvé la France"...

- Un monde 'très foisonnant' -

Aujourd'hui dans l'œil du cyclone, l'Angélus n'était pas hors de l'Église: l'abbé Spinoza avait obtenu en juillet 2016 une reconnaissance canonique de l'archevêque de Bourges, Mgr Armand Maillard, labellisant l'institution comme "école catholique".

Mais le directeur n'avait pas de lettre de mission, souligne-t-on au secrétariat général de l'enseignement catholique (Sgec). "On ne cherche pas à se dédouaner dans cette affaire", assure à l'AFP Pierre Marsollier, délégué général aux relations politiques du Sgec, convaincu que "la reconnaissance n'est pas dissociable de la surveillance".

"Prudente" sur ce dossier, une responsable de la jeune Fédération des parents d'élèves des écoles indépendantes (FPPEI) préfère mettre en avant les "contrôles réguliers" menés ailleurs, "habituellement sans problèmes".

"Quatre-vingt treize établissements hors contrat ont ouvert en 2016, cela doit répondre à un besoin", plaide Marie-des-Neiges Guillotel, vice-présidente de la FPPEI, rassemblant des parents de sensibilités diverses, des "tradis" jusqu'aux adeptes de la pédagogie active Montessori, qui peuvent être les mêmes.

La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) affiche de son côté sa vigilance sur un monde du hors contrat "très foisonnant", "où le bon côtoie le moins bon et le très mauvais", selon son président Serge Blisko.

Au-delà des fermetures quand la situation l'exige, "ce que nous demandons, avec le gouvernement, c'est que ce qu'on appelle le socle commun de connaissances et de compétences soit respecté", fait valoir ce médecin. "Avec une ouverture sur le monde: on ne peut pas admettre que des enfants soient élevés en dehors de la société."

 
7 commentaires - Affaire de l'Angélus: vigilance sur les écoles hors contrat
  • un autre mettait son chapeau et son manteau au bout d'1/2 heure...car le froid le faisait fuir le cours avant l'heure..... une troisieme prof de maths, se faisait tellement chahuter qu'au bout de 10 minutes on n'entendait plus rien ...etc etc...mais là...c'est le "public"...donc audessus de tout soupçon!!!!....à cause de ces incompetences du public, je n'ai pas pu suivre la filiere scientifique qui m'aurait plu...et ai eu une vie professionnelle difficile et moins valorisante!.... mais c'est le genre d'accusation qu'il faut repandre,si c'est l'ecole privée..mais taire si c'est le public!..... n'est-ce pas mme belkacem?.....

  • si je compte bien sur mes doigts...dans toute ma scolarité secondaire dans le public, j'ai dû, en 6 ans ...de la 6e a la premiere...totaliser ....3 'bons "professeurs...et ce n'est pas un simple jugement de valeur...j'ai 50 ans de recul pour le dire!.....l'un d'eux faisait ses "tractions" du matin sur les portes-manteaux de la classe, et parlait "javanais"!!!.... un autre ,au bord de la retaite ,mettait son chapea

  • Cet abbé porte pourtant le nom d'un grand philosophe. Si l'enseignement public fonctionnait mieux elles n'auraient pas lieu d'être.

  • Mes enfants dyslexiques et dysorthographiques tous les deux ont réussi dans la vie grâce à l'enseignement reçu en école privée. Dans le public, ils avaient été catalogués de fainéants .
    Aujourd'hui les polémiques sur ces écoles refont surfaces, est-ce un hasard? je ne pense pas

  • faut mettre des caméras de surveillance comme dans les abattoirs!...

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