À Paris, une crue centennale est-elle bientôt possible ?

À Paris, une crue centennale est-elle bientôt possible ?

Des records de pluie ont été battus au mois de mai, notamment à Paris avec des précipitations près de trois fois plus abondantes que la normale.

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Orange avec AFP, publié le mercredi 01 juin 2016 à 11h21

Les fortes pluies qui s'abattent sur le centre et le nord de la France font craindre le retour à Paris d'une crue centennale comparable à celle de 1910. Alors que certains affluents de la Seine, notamment l'Yonne et le Loing, ont atteint des niveaux de crues exceptionnels, quels sont les risques d'inondations à Paris et quelles seraient les conséquences pour les Franciliens ?

Routes coupées, écoles fermées, campings évacués...

Après le Loiret, c'est au tour de la Seine-et-Marne d'être placée ce mercredi en vigilance rouge inondations, en raison d'une crue exceptionnelle. À Paris, le Service de prévision des crues a activé mardi 31 mai le niveau vigilance "Jaune".

Des records de pluie ont été battus au mois de mai, avec des précipitations près de trois fois plus abondantes que la normale, indiquait ce mardi Météo France. Ce qui se passe actuellement est comparable à ce qui s'est produit en mai 2013, avec des crues de fin de printemps. Plusieurs villages et villes bordant l'Yonne sont déjà partiellement sous les eaux.Le niveau des eaux de la Seine, à l'échelle d'Austerlitz, était ce mardi de 3,26m à 9h et 3,83m à 18h. La hausse du niveau des eaux de la Seine devrait se poursuivre jusqu'à vendredi 3 juin. A Paris Austerlitz, le niveau devrait dépasser 5 mètres jeudi. Dès mardi matin, une cellule de crise a été mise en place qui réunit préfecture de police et mairie de Paris.


LES MESURES DE PRÉVENTION ET DE SÉCURISATION

Dans la capitale, on a enregistré 176 mm de pluie, "c'est trois fois la normale qui est de 63 mm", indique Michel Daloz, prévisionniste à Météo France. Le précédent record de pluviométrie à Paris, 132 mm, datait de mai 1992. A Beauvais, dans l'Oise, "on a atteint 180 mm", le dernier record étant de 122 mm, en mai 1982. Avec 200 mm, le record de pluviométrie pour un mois de mai a aussi "été pulvérisé" à Blois, a-t-il ajouté.

À Paris, les services de la Direction de la voirie et des déplacements ont procédé à des fermetures de voies dans le cadre des mesures de sécurisation :

• La voie Georges-Pompidou de Mazas au souterrain des Tuileries ainsi que le tronçon allant du pont du Garigliano au pont de Bir-Hakeim.

• La voie piétonne pont-Royal pont de l'Alma.

Apparaît désormais le risque de saturation des barrages qui entourent la ville de Paris. Leur capacité totale est de 830 millions de mètres cubes (Mm3). "Nous en sommes aujourd'hui (mardi soir) à 775 Mm3. Il nous reste donc 55 Mm3. Le lac-réservoir de Pannecière (80 Mm3), qui protège l'Yonne, est plein à 100 %, mais on a le droit à une réserve supplémentaire exceptionnelle de 2,5 Mm3. On peut donc continuer à retenir de l'eau", détaille Marc Vincent, directeur général des services techniques de Seine Grands Lacs interrogé par l'Express. "Le lac-réservoir Seine peut encore stocker 26 Mm3. Quant aux deux autres lacs-réservoirs de l'Aube et de la Maine, ils sont pleins à 90 %" ajoute Marc Vincent.

LE SCÉNARIO CATASTROPHE

Le Loing, affluent de la Seine, a dépassé ses niveaux de référence de 1910 mardi 31 mai. Les habitants des bords de Seine craignent que le désastre du siècle dernier ne se reproduise. Pendant 8 jours, la Seine n'avait cessé de monter jusqu'à atteindre les 8,62 mètres à la station Paris Austerlitz. Les conséquences avaient été désastreuses, avec 20 000 immeubles inondés à Paris, 30 000 maisons sinitrées en banlieue, un décès. La capitale avait été paralysée pendant deux mois et les dégâts évalués à 1,6 milliards d'euros.

Actuellement, la plupart des cours d'eau des bassins de la Loire et de la Seine sont en crue, c'est-à-dire que leur niveau est surélevé. Tous ces cours d'eau, qui se trouvent en amont, vont arriver dans la Seine. Interrogée par "Le Monde", Emma Haziza, spécialiste des crues méditerranéennes et présidente de Mayane, une société de prévention du risque inondation, considère que "la question est de savoir s'ils arriveront de manière concomitante ou échelonnée".

Une crue centennale de la Seine provoquerait, selon une étude de l'OCDE, 30 milliards d'euros de dommages matériels et affecterait la vie quotidienne de tous les Franciliens. Elle aurait de lourdes répercussions sur l'économie et les entreprises. Près de 750 000 emplois seraient menacés car le débordement de la Seine pourrait atteindre des usines ou des établissements administratifs. Certaines entreprises de production d'électricité seraient hors d'usage. Pour Vincent Balouet, expert en grands risques d'entreprise, le vrai danger est en dessous : Paris compte beaucoup de locaux techniques en sous-sol.

 
40 commentaires - À Paris, une crue centennale est-elle bientôt possible ?
  • Paradoxe -
    En France des grèves bien montées, entretenues par des "groupes" qui ne devraient pas employer le terme syndicat mais de "bandes". En principe, pas de temps de travail = aucune heure de grève payée, soit en fin de mois des baisses de salaires ... sauf pour certains dirigeants de "bandes".
    En même temps le ciel pleure de l'eau au point qu'arrivent des inondations qui entraveront les déplacements, feront se fermer des entreprises, videront des habitations, des routes seront "minées", des logements deviendront insalubres, d'autres à raser, les ateliers, bureaux, entreprises seront "abimés" d'autres fermeront x temps par manque de matières, de commandes .... des millions de salaires seront plombés particulièrement les plus faibles.
    Le tableau n'est pas chouette.
    Grèves et intempéries = les revenus baissant, les impôts l'an suivant baisseront, l'Etat déjà en déficit l'accentuera = d'où nouveaux impôts. Que font les "bandes" ? Absolument rien de positif, exclusivement de la destruction y compris de la majorité de leurs adeptes.
    Tenant compte des dégâts, les primes des assurances vont grimper = baisse du pouvoir d'achat ou de survie selon les revenus, hausses des produits car l'on va répercuter les augmentations.
    Qui seront les pigeons ?
    Les sans plume, déjà à poil, qui recevront les renforts des crédules aux "bandes".

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    minnie-moocher  (privé) -

    Pourquoi protéger Paris ? Parce que Paris (ses banlieues et sa région) , qui est aussi la capitale, c'est 2, 5, 8 ou 12 millions d'habitant selon l'étendue des dégats en plus de l'activité qui y règne et qui génère le 1/3 du PIB français.

  • Un grand merci aux écolos qui, en leur temps, ont réussi à empêcher l'achèvement des travaux de protection contre les inondations dans le bassin de la Seine ?

  • Pour Paris là,ils vont sortir les grands moyens et le carnet de chèque surtout...pour que les devises et la TVA des touristes continuent à les gaver de pognon,par contre les autres de la France d'en bas et les sans-dents peuvent crever noyés dans l'anonymat le plus complet ! ! !

  • j'ajouterai , pour les " inconscients " , que les conditions " météo " étaient bien loin de celles qui tendent à revenir de +en+ ! et que les précautions à prendre sont bien différentes : SANS ATTENDRE .
    que les " paroles " ne feront face à RIEN !!

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